Le PTB exige que la Ville d’Anvers classe sans suite les nouvelles amendes communales infligées à des militants pacifiques pour la Palestine
Lundi, des manifestants pro-palestiniens ont une nouvelle fois reçu une amende de la Ville d’Anvers pour avoir participé à une action le 29 juin. Parmi eux figurent notamment Stef Arends et d’autres membres de la Coalition anversoise pour la Palestine, le président de la FGTB Bert Engelaar ainsi que les élus du PTB, Peter Mertens et Anne Delespaul. Le PTB Anvers n’a pas l’intention de payer ces amendes.
« Après les autopompes, le spray au gaz , les violences policières et les arrestations arbitraires, la commune d’Anvers opte une nouvelle fois pour l’intimidation, réagit Anne Delespaul, conseillère communale et présidente du PTB Anvers. Mais nous ne nous laisserons pas faire. Nous sommes dans notre droit de mener des actions contre le génocide à Gaza et nous continuerons à le faire. »
Le lundi 29 juin, des militants pro-palestiniens se sont rassemblés à l’appel de la Coalition anversoise pour la Palestine pour protester contre le drapeau israélien qui a été hissé sur la façade de la maison communale de la ville d’Anvers.
« Mais nous avons été accueillis par un impressionnant dispositif policier, raconte Anne Delespaul. La police avait manifestement reçu l'ordre de repousser les manifestants. Des agents en civil masqués ont arrêté des manifestants en leur faisant une prise d'étranglement. En tant que conseillers communaux, l’accès à l’hôtel de ville nous a été interdit pendant un certain temps, alors qu’un conseil communal s’y tenait ce soir-là. »
Le PTB juge scandaleux que les militants confrontés à des violences policières et à des arrestations reçoivent aujourd’hui une amende pour leur participation à l’action. Plus de dix manifestants ont été arrêtés avec violence, parmi lesquels le président de Groen Aimen Horch.
« C’est le monde à l’envers, dénonce Anne Delespaul. Des Anversois pacifiques qui se mobilisent contre le génocide à Gaza ont été dispersés avec une extrême violence. Et aujourd’hui, ces mêmes militants devraient recevoir une amende ? C’est inacceptable. »
Selon le parti de gauche, les sanctions administratives communales ne peuvent pas être utilisées pour restreindre le droit à la liberté d’expression et de manifester.
« Lors de l’introduction des sanctions administratives communales, il avait été explicitement affirmé qu’elles ne pourraient être utilisées que pour lutter contre les incivilités. Le fait que la Ville d’Anvers distribue aujourd’hui à la chaîne de telles amendes contre des actions politiques et sociales constitue donc une grave attaque contre nos droits démocratiques. »
« De plus, nous avons parfaitement le droit de nous trouver là, poursuit Anne Delespaul. La Cour européenne des droits de l’homme considère qu’une manifestation doit pouvoir se dérouler à portée de vue et d’ouïe de sa destination. Puisque nous protestions contre le drapeau accroché à l’hôtel de ville et que nous adressions à l’administration communale des revendications concrètes afin qu’elle rompe ses liens avec Israël, il était parfaitement logique que nous manifestions à proximité de l’hôtel de ville. »
Le fait que des élus de l’opposition reçoivent une nouvelle fois une amende rend l’affaire encore plus grave.
« En tant que représentants de la population, il est de notre devoir d’écouter les citoyens préoccupés. Qu’une administration communale pense pouvoir réduire l’opposition au silence en distribuant des amendes est indigne d’une démocratie. »
Selon le PTB, ces nouvelles sanctions communales constituent une nouvelle étape dans la restriction du droit de manifester à Anvers et dans l’intimidation des militants pour la Palestine.
« Autopompes, spray au gaz, police antiémeute, arrestations arbitraires par des policiers en civils masqués, menace de poursuites judiciaires pour certains slogans et, aujourd’hui, des amendes communales contre les militants : nous avons tout vu au cours de l’année écoulée. Anvers, avec le bourgmestre N-VA Van Doesburg à sa tête, veut à tout prix briser la résistance pro-palestinienne, affirme Anne Delespaul. De quoi ont-ils donc si peur ? Au lieu de recourir à la répression et à l’intimidation, ils feraient mieux d’écouter les préoccupations légitimes de ces citoyens. »
Selon le PTB, il ne s’agit pas seulement d’intimider les mobilisations pro-palestiniennes. « Cette administration communale ne tolère tout simplement aucune contradiction. Toute personne qui pense différemment doit se taire. Qu’il s’agisse de l’abatage d’arbres sur son territoire, des liens d’Anvers avec Israël, des initiatives citoyennes en faveur de quartier où il fait bon vivre ou de la simple demande d’un monument commémoratif pour les victimes de l’effondrement d’un chantier, les Anversois ne sont, à chaque fois, pas entendus. Les citoyens qui font entendre leur voix ne sont pas seulement ignorés : ils sont aussi souvent ridiculisés et intimidés, jusqu’à subir des violences physiques et des poursuites judiciaires destinées à les faire taire. »
Le PTB exige que l’administration communale retire ces amendes communales et mette fin à l’intimidation des militants pacifiques.
« Nous ne nous laisserons pas intimider et nous soutenons la Coalition anversoise pour la Palestine. Nous continuerons à exercer notre droit de manifester tant que l’administration communale laissera flotter ce drapeau, refusera d’assumer ses responsabilités et de rompre ses liens avec le régime d’apartheid israélien », conclut Anne Delespaul.