Le PTB alerte sur les dangers de la libéralisation du rail et retarde l'adoption du projet de loi qui la prépare
La députée fédérale et cheminote Farah Jacquet a expliqué des heures durant, hier en commission Mobilité, pourquoi le projet de loi visant — soi-disant — à moderniser le rail était dangereux : « En réalité, il s’agit d’une loi qui prépare le chemin de fer à la libéralisation. Une ouverture à la concurrence dont tout le monde sera perdant : les usagers, les travailleurs et la collectivité. »
« La libéralisation ne répond pas aux besoins de la population, explique la députée de gauche. Il n’y a qu’à voir ce qui se fait à l’étranger : des tickets de train plus chers, des fermetures de lignes et une dégradation du réseau faute d’investissements suffisants. Le tout, pour un coût plus cher pour la collectivité. L’État devra en effet mettre la main au portefeuille pour subventionner les lignes déficitaires pendant que le privé s’accaparera les bénéfices des lignes rentables. »
Le projet de loi du ministre de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, dont le vote en commission a pu être repoussé de deux semaines, prévoyait notamment de mettre fin au statut. « Généraliser des contrats plus précaires signifie une perte d’expertise essentielle dans le rail et une dégradation de la qualité du service aux usagers », réagit Farah Jacquet.
Elle poursuit : « Pour imposer son ouverture à la concurrence, le ministre ne se limite pas à casser les statuts, il affaiblit également les syndicats en donnant la possibilité aux directions d’imposer des décisions sans leur accord. Son objectif est clair : briser la résistance du mouvement social, seul rempart contre la libéralisation. »
La cheminote ne demande pas uniquement le retrait du projet de loi du ministre, elle exige également un changement de cap : « À l’heure où le prix des carburants explose et où on a plus que jamais besoin de transports durables et accessibles, la SNCB doit rester l’unique opérateur de transport de voyageurs en Belgique. Ne laissons pas le secteur ferroviaire aux mains du privé, maintenons un service public fort avec des investissements ambitieux. »