Le gouvernement wallon qui ne voulait pas taxer taxe de plus en plus
Après trois semaines de négociations, le gouvernement wallon MR-Engagés a présenté son accord budgétaire. Derrière les annonces, une réalité : ce sont les familles wallonnes qui continueront de payer la facture. « La vignette automobile, instaurée dès 2027, est une nouvelle taxe sur les automobilistes wallons, sans garantie de compensation, dénonce Germain Mugemangango, chef de groupe PTB au Parlement wallon. Georges-Louis Bouchez avait pourtant promis que la vignette ne coûterait pas un euro de plus aux Wallons. Il a menti. Ce gouvernement avait juré qu’il n’y aurait pas de nouvelles taxes. Il a menti. »
Pour Germain Mugemangango, les communes vont à nouveau devoir imposer de nouvelles taxes aux citoyens sous la pression du gouvernement wallon. En effet, ce gouvernement va diminuer de 2 % l’indexation du Fonds des communes, ce qui représente une perte sèche : « Pour compenser ce manque à gagner, les communes vont continuer à diminuer les services et à augmenter leurs taxes. Elles devront aussi faire face à la suppression de la taxe sur la force motrice, qui était soit payée par les entreprises, soit compensée par la Région wallonne. Là aussi, cela va représenter un manque à gagner important, particulièrement pour les grandes villes, qui se tourneront encore vers les citoyens pour compenser. »
« Grâce à la résistance, le gouvernement n’a finalement pas osé toucher aux allocations familiales », note le chef de groupe, qui appelle toutefois à rester vigilants, « vu le nombre de ballons d’essai qu’il a lancés durant des mois à ce sujet ». Ce qui est clair pour Germain Mugemangango, en revanche, c’est que le gouvernement travaille à une nouvelle taxe, la « garantie autonomie », applicable en 2030. Une qui taxe coûte déjà 100 euros aux travailleurs en Flandre. Et le député de gauche d’ajouter : « Ces reculs montrent que la mobilisation populaire fonctionne. Mais le PTB reste vigilant : ces idées ne sont pas abandonnées par le gouvernement wallon. »
« Le "Job bonus", fièrement annoncé par le gouvernement wallon, est surtout une opération de communication pour faire oublier le reste, poursuit le chef de groupe PTB. Bouchez avait promis 500 euros par mois ; ce sera, au mieux, 500 euros par an. Ou même 50 euros par an pour un travailleur ou une travaillleuse qui gagne par exemple 3 000 euros net/mois. Et les mêmes partis qui, au fédéral, bloquent les augmentations salariales qui devraient être payées par les entreprises prétendent maintenant financer cette augmentation… avec l’argent des travailleurs. C’est quand même dingue ! »
« À voir les augmentations importantes des abonnements TEC, on savait déjà que ce gouvernement, qui veut soi-disant construire des ponts entre les générations, n’aime pas les jeunes, assène Germain Mugemangango. Maintenant, on sait qu’il n’aime pas les aînés non plus ! » Et d’expliquer que nos aînés, en plus d’être aussi touchés par l’augmentation des tarifs du TEC paieront la vignette automobile, mais ne pourront pas bénéficier du "Job bonus". « Il y aura des économies dans les subsides aux maisons de repos, note le chef de groupe PTB. Ils devront supporter une hausse du coût des titres-services. Le tout alors qu’ils font déjà face aux mesures fédérales qui attaquent leur niveau de pension. »
Et Germain Mugemangango de conclure : « Les familles paient plus de taxes, les communes sont étranglées, les jeunes sont attaqués, les seniors sont ignorés. Pendant ce temps, les salaires et les privilèges des ministres et des députés ne sont pas touchés. Tout le monde doit faire des efforts, sauf ces privilégiés qui nous gouvernent. Et la question totalement absente du conclave est celle du contrôle de l’utilisation des subsides importants accordés à des multinationales qui licencient. Le PTB continuera à se battre pour une véritable justice fiscale : faire payer les plus riches et les grandes entreprises, pas les travailleurs, les familles et les communes. »