Le gouvernement veut forcer le vol de l’index : « Nous pouvons encore l’arrêter »
Dans la nuit du lundi 2 mars au mardi 3 mars, le gouvernement Arizona a tenté de faire passer en commission des Affaires sociales de la Chambre le blocage de l’index pour les travailleurs. Après un débat de plus de 30 heures, la mesure a fianalement été approuvée en première lecture mardi après-midi.
Le PTB a obtenu une deuxième lecture. Le parti de gauche est convaincu que la pression conjointe de l’opinion publique, de la manifestation syndicale nationale du 12 mars et de l’opposition politique peut encore contraindre le gouvernement à faire marche arrière.
« Il est inacceptable que le gouvernement tente de faire passer en une seule nuit une mesure qui menace le pouvoir d’achat de centaines de milliers de travailleurs, déclare la députée du PTB Nadia Moscufo. Ce vol de l’index n’est pas une simple intervention ponctuelle : la perte s’accumule de manière cumulative, mois après mois. Pour certains ouvriers ou travailleurs du secteur des soins, par exemple, la perte sur l’ensemble d’une carrière peut facilement atteindre des milliers, voire des dizaines de milliers d’euros. »
« Quand on est sûr de soi, on ne fait pas passer une mesure aussi lourde de conséquences par un forcing nocturne, poursuit Nadia Moscufo. Cela montre aussi la faiblesse de ce gouvernement qui devient nerveux face à la pression sociale. Cette pression dure depuis plus d’un an et atteindra la semaine prochaine un nouveau point culminant avec la manifestation nationale contre son démantèlement social. »
Le PTB s’est opposé à cette mesure dès le début. Selon le parti, les arguments du gouvernement s’effritent de plus en plus. Le PTB pointe notamment le nouveau rapport technique du Conseil central de l’Économie (CCE), qui confirme que les salaires en Belgique ont augmenté moins rapidement que dans les pays voisins depuis 1996.
« Les salaires ne doivent pas être davantage freinés, comme le veut ce gouvernement, déclare Nadia Moscufo. Ils doivent à nouveau pouvoir augmenter. »
Selon le rapport du CCE :
- les salaires en Belgique ont augmenté moins rapidement que dans les pays voisins depuis 1996 ;
- la Belgique affichera d’ici fin 2026 un écart salarial officiel de 1,1 % par rapport aux trois pays voisins ;
- les récentes hausses salariales sont plus élevées dans les pays voisins que chez nous.
« Dans ce contexte, toucher à l’index n’est pas seulement socialement injuste, c’est aussi particulièrement absurde. Ceux qui prétendent que le travail doit mieux payer ne doivent pas toucher à l’index », rappelle Nadia Moscufo en référence aux promesses électorales des partis au gouvernement.
La semaine prochaine aura lieu une deuxième lecture en commission des Affaires sociales de la Chambre ; ensuite, le texte devra encore être approuvé en séance plénière. Pour le PTB, ce dossier est donc loin d’être clos.
« Le gouvernement a imposé ce texte en première lecture, mais le parcours parlementaire n’est pas terminé, conclut Nadia Moscufo. Avec la pression de l’opinion publique, la manifestation syndicale nationale du 12 mars et l’opposition politique, nous pouvons encore contraindre le gouvernement à faire marche arrière. »