Le gouvernement démantèle les droits démocratiques avec un accord autoritaire
Pour le PTB le fil rouge qui traverse l'accord conclu cette nuit par le gouvernement De Wever-Bouchez est une attaque autoritaire contre les droits démocratiques. « Le gouvernement restreint le droit d'association, démantèle le droit de grève du personnel pénitentiaire et vide de leur substance les droits liés au temps de travail, analyse Sofie Merckx, cheffe du groupe PTB à la Chambre. Il est clair que le gouvernement veut étouffer la résistance croissante contre sa politique de casse sociale. » Quant à l'interdiction d'importation des produits issus des territoires occupés, Sofie Merckx critique une décision molle qui arrive trop tard.
Le gouvernement a décidé d’avancer avec la loi Quintin. Avec cette loi, le gouvernement veut s’arroger le droit de réduire au silence les organisations critiques. Il espère ainsi en finir avec la résistance persistante à sa politique. Après de vives critiques de la société civile et du Conseil d'État, la dissolution définitive d'une organisation serait confiée aux juges. Le gouvernement veut néanmoins s'octroyer le pouvoir de suspendre temporairement les activités des organisations. « Pour la plupart des organisations, ça représente un coup fatal. Quand une association ne peut plus organiser de campagnes, générer des revenus, louer des locaux ou communiquer pendant des mois, le rideau finit par tomber, explique Sofie Merckx. Il est inacceptable que le gouvernement porte ainsi atteinte au droit d'association. »
Les ministres se sont également mis d'accord sur la restriction du droit de grève du personnel pénitentiaire. Avec le service minimum, ils veulent pouvoir réquisitionner de force le personnel dès le premier jour d'une grève. « Plutôt que d'écouter, en cette période de surpopulation carcérale, les revendications légitimes du personnel, l'Arizona choisit de le réduire au silence », dénonce Sofie Merckx.
L’Arizona montre aussi son caractère autoritaire dans sa politique liée au marché du travail. « L'annualisation du temps de travail revient à permettre aux patrons de dicter la vie du personnel. Les patrons pourront imposer des semaines de 48 heures, ou des journées de 12 heures, et ne "compenser" cela que plus tard, quand cela lui conviendra. Le gouvernement parle d'arrangements qui doivent se faire "avec le consentement" du travailleur, comme si celui-ci était en position de pouvoir pouvoir de refuser. En vidant le droit du travail comme il le fait, le gouvernement met la pression sur la santé, la sécurité et la vie privée des travailleurs. »
Onze mois après l'accord sur Gaza, le gouvernement a enfin décidé d'instaurer une interdiction d'importation des produits issus des territoires palestiniens occupés. Trop peu, trop tard, estime Sofie Merckx. « Il est absurde de ne boycotter que les produits issus des territoires occupés de Cisjordanie, alors qu'Israël mène un génocide dans la bande de Gaza. Cette situation exige un embargo économique total. Dans le même temps, le gouvernement renvoie à nouveau discrètement la reconnaissance de l’État palestinien aux calendes grecques et abandonne à Gaza les Palestiniens porteurs d'un visa. »
Après cet accord autoritaire, le gouvernement doit encore mener de nouvelles négociations nocturnes pour un accord budgétaire. Il veut trouver 7 à 10 milliards d'euros d’austérité supplémentaire. « Une fois de plus, ils se tournent vers les travailleurs pour payer la facture, met en garde Sofie Merckx. Avec les choix que fait ce gouvernement, il peut s'attendre à un nouvel automne chaud. »