Le Bureau du plan confirme : « La réforme des pensions augmente les inégalités »
Aujourd’hui à la Chambre, le Bureau du plan a présenté son analyse de la réforme des pensions. « Nos enfants et petits-enfants devront travailler plus longtemps pour moins de pension, déclare Sofie Merckx, cheffe de groupe PTB à la Chambre. L'écart de pension entre les hommes et les femmes va augmenter, les inégalités vont se creuser et la pauvreté va s'aggraver. »
« En d'autres termes, le Bureau du plan confirme qu’il ne s’agit absolument pas d'un plan de sauvetage, mais d’un plan visant à payer moins de pension, selon Sofie Merckx. Ce n’est pas un détail. Les mesures qui doivent permettre de travailler plus longtemps, qui doivent assurer un travail plus faisable et protéger la santé des travailleurs, sont totalement absentes de cette réforme. Elles ne font même pas l’objet de discussions. »
Les quatre principales conclusions sur le plan social sont les suivantes :
- Nos enfants et petits-enfants sont les plus grandes victimes de cette réforme. Ceux qui commencent leur carrière aujourd'hui recevront une pension plus faible. Le taux de remplacement (pension par rapport au dernier salaire) diminuera de 7,3 % pour les salariés et de 15,2 % pour les fonctionnaires. Bien que cette réforme soit présentée comme un plan de sauvetage pour nos enfants et petits-enfants, il s'agit avant tout d'un plan visant à payer moins de pension.
- L'écart de pension entre les hommes et les femmes va augmenter. Il ne va pas diminuer, comme le prétend le gouvernement. Tant les hommes que les femmes perdront une partie de leur pension, mais l'impact sera plus important pour les femmes. Selon le Bureau du plan, trois principaux facteurs peuvent expliquer ce phénomène : l'introduction d'un malus, la limitation des périodes assimilées et la suppression de la liaison au bien-être.
- La réforme accroît les inégalités. Ceux qui touchent une pension faible verront leur pension diminuer davantage. Lorsque toutes les mesures seront d’application, les pensions les plus faibles (décile 1) diminueront de 12,1 % et les plus élevées (décile 10) de 5,7 %. Cela contredit l'affirmation selon laquelle ce sont principalement les épaules les plus larges qui porteront la charge de la réforme.
- Le risque de pauvreté chez les personnes âgées va augmenter. La pension nette moyenne des salariés s’élève aujourd'hui à 1 565 euros. Ce n'est pas énorme. Une femme sur trois qui prend sa pension aujourd’hui touche une pension qui se situe sous le seuil de pauvreté. Le mouvement social s'est battu pendant des années pour augmenter les pensions minimums. Cela a eu pour effet de réduire le taux de pauvreté parmi les pensionnés. La réforme actuelle va inverser cette évolution.
L'étude du Bureau du plan confirme ce que le mouvement social dénonce depuis longtemps : cette réforme est injuste. Pourtant, la majorité a voté une première fois le texte aujourd’hui. Mais rien n’est joué, le texte doit encore passer en deuxième lecture et être approuvé en plénière. Le 12 mai aura lieu une action syndicale d’ampleur nationale, la quinzième sous l’Arizona. La réforme des pensions y occupera une nouvelle fois une place centrale. Pour beaucoup, il s’agit purement et simplement d’un vol des pensions, de mesures visant à les faire travailler plus longtemps pour moins de pension, ou d’un recul du droit au repos et à la liberté en fin de vie.