GSK : le PTB exige le remboursement des aides publiques en cas de licenciements
GSK vient d'annoncer une restructuration qui menace jusqu'à 1 217 emplois en Belgique. Une annonce brutale pour les travailleurs et leurs familles, alors que le géant pharmaceutique réalise des milliards de bénéfices, distribue des sommes colossales à ses actionnaires et bénéficie de centaines de millions d'euros de soutien public.
Roberto D'Amico, député PTB et président de la commission de l'Économie à la Chambre, demandera l'audition de la direction de GSK Belgique pour qu'elle s'explique devant le Parlement. Julien Liradelfo, député wallon du PTB, interpellera cet après-midi le ministre MR de l’Économie Pierre-Yves Jeholet.
En 2025, GSK Biologicals a réalisé 2,4 milliards d'euros de bénéfices nets. Pourtant, l'entreprise a affecté pas moins de 5,7 milliards d'euros à la rémunération de ses actionnaires, dont 3,3 milliards prélevés directement dans ses réserves. Autrement dit, les actionnaires se voient attribuer plus du double des bénéfices réalisés pendant l'année.
« C'est révoltant, s'insurge Sofie Merckx, cheffe du groupe PTB à la Chambre. La direction puise jusque dans les réserves de l'entreprise pour remplir les poches des actionnaires. Mais qui produit les vaccins ? Qui fait tourner les laboratoires et les unités de production ? Qui crée les richesses de GSK ? Ce sont les travailleurs et les travailleuses, les chercheurs et les chercheuses, pas les actionnaires. Et aujourd'hui, après avoir distribué des milliards à ces derniers, la direction voudrait faire payer la facture aux travailleurs en supprimant leurs emplois. »
Et cet enrichissement des actionnaires se fait aussi avec le soutien de l'argent public. Selon les chiffres révélés par la CSC, GSK a bénéficié d'au moins 481 millions d'euros d'aides publiques et d'avantages fiscaux pour la seule année 2025. Des soutiens qui s'ajoutent à ceux reçus les années précédentes.
« C'est une double injustice, poursuit Sofie Merckx. D'un côté, des milliards sont distribués aux actionnaires grâce aux richesses produites par les travailleurs. De l'autre, des centaines de millions d'euros d'argent public viennent soutenir cette multinationale. Et après avoir bénéficié de tout cet argent, GSK voudrait supprimer plus de mille emplois ? C'est indécent. D'autant plus qu'aujourd'hui, nous avons besoin de renforcer la recherche pharmaceutique et d'investir dans la santé, pas de détruire des emplois, des compétences et des savoir-faire aussi précieux. »
Pour le PTB, une règle simple doit s'imposer : une entreprise qui bénéficie d'aides publiques doit garantir l'emploi. Si elle décide de procéder à des licenciements collectifs, elle doit rembourser les aides reçues.
Et Sofie Merckx de conclure : « L'argent public n'est pas un chèque en blanc pour les multinationales. Il doit servir à protéger et à créer des emplois, il doit servir la société, pas à enrichir les actionnaires. Nous demandons aux gouvernements wallon et fédéral d'exiger des comptes à GSK et de mettre en place des mécanismes contraignants de remboursement des aides publiques en cas de licenciements collectifs. »
Le PTB apporte tout son soutien aux travailleurs et aux organisations syndicales de GSK dans leur combat pour défendre l'emploi.