Gel du budget des crèches : le PTB met au vote une proposition pour préserver le secteur
Le reportage Investigation diffusé par la RTBF sur la situation dans les crèches met en lumière un secteur en difficulté, mis sous pression par les coupes budgétaires du gouvernement MR-Engagés. Les puéricultrices étaient d’ailleurs largement représentées dans les dernières manifestations nationales pour dénoncer cette situation. Elles témoignent de conditions de travail de plus en plus difficiles et d’un manque structurel de moyens qui affecte la qualité de l’accueil. « Le métier devient de plus en plus exigeant. Plus de responsabilités, plus de pression, mais les moyens et les conditions de travail ne suivent pas », explique l’une d’entre elles.
Ce mercredi 18 mars, en séance plénière, le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles votera sur une proposition de résolution présentée par la députée PTB Marisol Revelo Paredes, elle même ancienne puéricultrice, qui vise à évaluer les conséquences de la non indexation sur la qualité de l’accueil, de l’emploi et de l’accessibilité des milieux d’accueil en Fédération Wallonie-Bruxelles et, en cas d’impact négatif, d’annuler cette mesure.
La députée PTB explique : « L’année dernière, le gouvernement MR-Engagés a décidé de ne pas indexer les budgets des opérateurs de la petite enfance. La ministre Lescrenier nous avait affirmé que l’impact serait de 138 euros perdus par place. Aujourd’hui, les acteurs du secteur que nous avons auditionnés au parlement nous disent qu’on serait bien au-dessus, avec des estimations allant de 300 à 350 euros en moins par place. La ministre elle-même admet d’ailleurs à demi-mot qu’elle s’est trompée, puisqu’elle indique que son chiffre de 138 euros ne représente pas la réalité car il ne prend en compte ni l’inflation de ces derniers mois, ni la nature (publique ou privé) du milieu d’accueil, ni l’ancienneté du personnel. »
Selon la députée, ces économies risquent d’avoir des conséquences très concrètes sur le terrain : « Elles pourraient entraîner la fermeture de crèches faute de moyens et l’augmentation de la facture pour les familles, mais aussi une alimentation moins variée pour les enfants, une réduction des horaires d’ouverture des crèches, l’achat de moins de matériel ou de matériel de moins bonne qualité ou encore plus de risques de burn-out dans les équipes. »
« Nous voulons mettre la lumière sur les impacts concrets de ces économies dans un secteur aussi essentiel que la petite enfance. Si l’impact négatif sur les milieux d’accueil se confirme, comme nous le pensons et comme le dénonce le secteur, l’indexation doit être rétablie immédiatement », conclut Marisol Revelo Paredes.