État de la Wallonie : « Un gouvernement qui promettait l’avenir… et qui organise le recul économique et social »
Comment se porte la Région wallonne ? C’est à cette question que tente de répondre, chaque année, le ministre-président lors de son discours sur l’état de la Wallonie. Ce mercredi, Adrien Dolimont (MR), présentera la vision du gouvernement MR-Engagés. Germain Mugemangango, chef de groupe PTB, livre l'analyse du PTB.
Un gouvernement qui détruit l’emploi au lieu d’en créer
« Catastrophique ! », c’est ainsi que le chef de groupe du PTB au Parlement wallon, Germain Mugemangango, juge la situation de l’emploi en Wallonie. « En 17 mois, la Région wallonne a perdu 7 000 emplois, expliquait il y a peu la FGTB dans la presse. Et face à cela, le ministre régional de l’Économie, Pierre-Yves Jeholet (MR) et son gouvernement MR-Engagés, soit ne font rien, soit prennent des décisions qui empirent la situation. »
Le parti de gauche juge en effet que les mesures prises par le gouvernement wallon ne font qu’aggraver une situation déjà très préoccupante. « Que dire d’un gouvernement qui regarde les emplois disparaître sans utiliser les leviers à sa disposition pour enrayer cette hémorragie ?, s’interroge le chef de groupe. Plusieurs des entreprises qui ont licencié dernièrement ou menacent de le faire ont perçu des subsides publics régionaux. C’est par exemple le cas de la multinationale de l’habillement H&M. Cette multinationale a perçu 16,3 millions d'euros de subsides depuis son installation et menace maintenant de faire disparaître 440 emplois. Le gouvernement avait promis de conditionner sérieusement ces subsides à des critères de maintien de l’emploi, mais il n’en fait rien. »
Et d’ajouter : « Ce même gouvernement s’attaque aux emplois wallons en limitant drastiquement les possibilités d’investissement des communes, en s’attaquant aux primes à la rénovation, en définançant le logement public, en s’en prenant aux emplois subsidiés dans les communes et dans le tissu associatif et même en s’en prenant aux outils comme les cellules de reconversion et les centres d’insertion socio-professionnel (CISP) qui permettent la remise à l’emploi. »
« Le bilan de cette politique est sans appel, explique Germain Mugemangango. La construction, c’est environ 85 000 emplois en Wallonie, dont plus de 18 000 indépendants [1]. Mais depuis le début de la législature, ce secteur a connu en Wallonie plus de 900 faillites qui ont entraîné 2 000 pertes d’emplois [2]. »
« Contrairement aux promesses faites, ce n’est pas un gouvernement qui fait de l’emploi sa priorité, mais un gouvernement qui détruit l’emploi et précarise les travailleurs », note le député de gauche.
« Il faut investir des moyens publics dans l’économie et le faire intelligemment, poursuit-il. D’une part, le gouvernement doit faire ce qu’il a promis et s’assurer que les subsides qui vont aux multinationales apportent une plus-value sociale, économique et environnementale et, surtout, créent des emplois durables. Un cadastre urgent doit être réalisé en la matière et des choix doivent être faits. D’autre part, il faut permettre davantage d’investissements publics : dans la construction de logements, dans leur rénovation, dans la réfection des routes qui sont dans un état pitoyable. C’est bon sur le plan social et économique et c’est bon pour l’emploi. C’est une dépense à court terme mais un bénéfice à moyen et à long terme car ces investissements soutiennent la création d’emploi et l’économie wallonne. »
Ce gouvernement doit arrêter de voler les familles
Le PTB critique également les projets de réforme concernant les allocations familiales en Wallonie.
« La mesure la plus scandaleuse vise les jeunes de 18 à 21 ans, dénonce Germain Mugemangango. Désormais, ils ne pourront bénéficier des allocations familiales que pendant 12 mois après la fin de leur scolarité, sauf s’ils poursuivent des études ou une formation. Passé ce délai, c’est la suppression pure et simple. C’est un vol pur et simple vu que cet argent vient du travail des Wallons et des Wallonnes. Les familles wallonnes font déjà face à une explosion des dépenses : logement, énergie, alimentation, transports. Dans ce contexte, affaiblir les allocations familiales est une décision inacceptable. Certainement si on se souvient que les Engagés avaient promis que ces allocations allaient atteindre 300 euros. Ils ont menti aux gens. »
Les allocations familiales constituent en effet un pilier important du soutien aux familles et jouent un rôle clé dans la lutte contre la pauvreté infantile. « Quand on touche aux allocations familiales, ce sont les enfants qui en subissent directement les conséquences. Pour nous, la priorité doit être de renforcer ces aides, pas de les fragiliser », poursuit le député du PTB.
Face à la crise énergétique, un gouvernement qui ne fait… rien
La crise énergétique constitue également un défi majeur pour la Wallonie. Les hausses importantes des prix de l’énergie ont fortement pesé sur les budgets des ménages et sur les coûts de production de nombreuses entreprises. « Pour beaucoup de familles, payer la facture d’électricité ou de chauffage est devenu un véritable casse-tête, souligne Germain Mugemangango. Et dans l’industrie, les coûts énergétiques menacent l’activité de beaucoup d’entreprises et donc les emplois. »
Le PTB estime que les gouvernements doivent prendre leurs responsabilités pour protéger la population. « L’énergie n’est pas une marchandise comme les autres. C’est un besoin essentiel. Les pouvoirs publics doivent intervenir pour garantir des prix abordables et sécuriser l’approvisionnement. Et que fait le gouvernement wallon ? Rien... »
Le parti de gauche estime que le Gouvernement wallon dispose de leviers qu’il n’utilise pas. Germain Mugemangango : « La facture des ménages et des entreprises comporte des taxes régionales qui sont dans la compétence de ce gouvernement, mais rien ne se passe. C’est incompréhensible. La mobilité des travailleurs et des travailleuses de notre région est de plus en plus entravée par les prix élevés du carburant et ce gouvernement ne prend aucune initiative en matière de transport public pour mettre en place des solutions efficaces et accessibles comme alternative à l’usage de la voiture. C’est la passivité qui règne à l’Élysette. »
Pour le député du PTB, « il est grand temps que ce gouvernement descende de sa tour d’ivoire et prenne enfin ses responsabilités pour soutenir les travailleurs et les travailleuses de notre région ».
[1] https://www.iweps.be/indicateur-statistique/emploi-interieur-secteur/
[2] https://www.creditsafe.com/be/nl/content-hub/wiki/Faillissementen/faillissementen-archief.html