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Budget wallon 2024 : « Aucune nouvelle taxe pour 2024 » annonce Di Rupo, alors que les travailleuses et les travailleurs wallons sont déjà passés à la caisse

Si Elio Di Rupo dit qu'il n'y aura pas de nouvelles taxes pour 2024, c'est parce qu'il a déjà pris l'argent dans la poche des travailleurs et des travailleuses wallons. 

Mardi 10 octobre 2023

D'une part, depuis le début de la législature, les taxes déchets sont en constante augmentation malgré le fait que les citoyens trient de plus en plus. A Charleroi, le sac blanc augmente de 50 %. Dans cette commune, la redevance pour un ménage est de 200 euros et les sacs coûtent 1,25 euros l’unité. A La Louvière, les sacs gratuits ont été supprimés et à Liège les taxes ont augmenté de 25 € pour les familles. A Mouscron, ce n'est que grâce à la mobilisation des citoyens que la commune est finalement revenue en arrière sur sa décision de faire payer aux citoyens 36 euros pour le rouleau de 20 sacs poubelle. 

Les ménages wallons seront également mis à contribution avec l'augmentation programmée de la taxe de mise en circulation. La ligue des familles a d'ailleurs dénoncé ce changement de calcul qui va toucher les familles nombreuses avec, par exemple, la taxe sur une Renault Espace d’occasion qui coûtera 419€ de plus qu’actuellement. 

Précompte immobilier : des économies sur les familles nombreuses et porteuses de handicap. Le PTB déposera un amendement pour corriger ça

Enfin, le précompte immobilier augmente de plus de 10%, soit des augmentations de 40, 60, 80, voire plus de 100 euros par ménage. Dans le même temps, les réductions accordées aux familles nombreuses et aux personnes porteuses de handicap ne sont pas indexées. C'est donc 15 millions d'euros que le gouvernement économise sur ces ménages. On espère que le gouvernement reviendra sur cette décision lors du conclave. Ce n’est pas normal que lorsqu’il s’agit de faire payer, on tient compte de l’index mais lorsqu’il s’agit de soutenir les citoyens, il n’y a plus personne au gouvernement wallon. Pour le PTB, c'est clair, si le gouvernement ne règle pas ce problème lors du conclave budgétaire, nous déposerons une proposition d'amendement pour indexer les réductions prévues pour les familles. 

Une précarité qui grandit, même chez les travailleurs

Et cette augmentation des taxes se situe au même moment qu'une explosion de la précarité. Les CPAS sont pris d'assaut et voient débarquer de nouvelles populations. Ainsi, des travailleurs et des indépendants viennent demander des aides pour faire face à la hausse des prix de l'alimentation et de l'énergie. Idem du côté des banques alimentaires qui n'ont jamais dû faire autant de colis. Une étude récente montre d'ailleurs que face à l'augmentation du coût de la vie, le nombre de travailleurs cumulant deux jobs pour pouvoir s'en sortir a fortement augmenté, passant de 56 321 personnes en 2021 à 77 503 en 2023
 

Un milliard d'euros d'économies en 2024 aux dépens du citoyen et des services aux citoyens

Le gouvernement, pour “respecter la trajectoire budgétaire”, a commencé à faire des économies structurelles : 150 millions d’euros en 2022, 250 millions supplémentaires en 2023. Et ils annonçaient encore chercher 50 millions, qui sont devenus 70 millions et finalement 100 millions en 2024. On arrive donc maintenant à un cumul de 500 millions d’euros annuel d’économies structurelles réalisées depuis 2022. Soit un peu plus d’un milliard d’euros économisé sur le dos des citoyens entre 2022 et 2024. On peut donc bien parler d'austérité. 

Les conséquences de ces économies sont très concrètes. C’est, par exemple, 15 millions d’euros qui ont été économisés sur l’allocation personnes âgées (APA) depuis 2022. 23 millions d'euros ont été enlevés aux administrations wallonnes en 2023. Ce qui a évidemment des conséquences sur les conditions de travail du personnel et le service offert au citoyen. 14 millions d’euros en moins pour les UAP comme le Forem, alors qu'on confie de plus en plus de mission à cet organisme. 10 millions d’euros de diminution dans le fonds des communes ou encore près de 3 millions d’euros en moins pour les pouvoirs locaux pour faire face aux paiements des pensions des agents communaux, alors que les finances communales sont déjà au plus mal. 

Les 50 millions manquants d’Elio Di Rupo, il faut les prendre dans les privilèges, pas dans les poches des citoyens

Le Ministre-président Elio Di Rupo (PS) a annoncé le 4 septembre que le gouvernement wallon (PS-MR-ECOLO) était à la recherche de 50 millions d’euros pour boucler le budget. Avec le PTB,  nous avons trouvé ces 50 millions d’euros.

Nous proposons de diviser par 2 le salaire des députés et des ministres, ce qui va rapporter 6 millions d’euros. A cela, on peut  ajouter la suppression des rémunérations supplémentaires pour les “fonctions spéciales” (chef de groupe, président du Parlement,...). Cette mesure rapporterait 360 mille euros. Nous proposons également de diminuer la taille des cabinets à 3 membres par ministre comme cela se fait aux Pays-Bas où les ministres travaillent directement avec l’administration.  En Wallonie, on dénombre 422 collaborateurs dans les cabinets soit 133 collaborateurs supplémentaires en comparaison de la situation en Flandre. Cette diminution de la taille des cabinets peut rapporter jusqu'à 30 millions d’euros.  Le PTB déposera différents amendements budgétaires pour supprimer ces privilèges et pour éviter que le gouvernement wallon aille prendre cet argent  dans la poche des citoyens dès le budget 2024. Nous introduisons également des modifications réglementaires pour que ces économies soient structurelles.

Supprimer les subsides aux profiteurs de crise comme Arcelor Mittal, voilà une bonne mesure d’économie. Le PTB va introduire un décret pour que ce soit possible

Une autre piste d’économies serait d’aller regarder du côté des cadeaux aux multinationales. Marc Becker, secrétaire national de la CSC, l'a dit lors de son interview publiée le 21 septembre 2023: "il est possible de faire des économies dans certaines aides aux entreprises. Certaines sont de purs effets d’aubaine dont ces entreprises n’ont pas besoin. Au total, ces aides, c’est 900 millions par an. On pourrait économiser beaucoup d’argent." 

En se basant sur des données Eurostat, Olivier Malay (ULB) a calculé en mai dernier que “des entreprises du secteur privé en Belgique ont gonflé leurs bénéfices de 35 milliards d’euros simplement en augmentant leurs prix. (...) On parle ici uniquement des hausses de prix qui ont augmenté les bénéfices”. Arcelor Mittal fait partie de ces profiteurs de crise. Le 31 mai 2023, le ministre wallon de l’économie, Willy Borsus (MR), donnait plus de 5 millions d’euros de subsides “Carbon Leakage” à des filiales d’Arcelor Mittal et presque 3 millions à une filiale de la multinationale Ineos dont le patron (Jim Ratcliffe) a pu multiplier sa fortune presque par 4 pour arriver à 34 milliards d’euros grâce à la guerre et à la crise énergétique”.  

Il est possible de définir les profiteurs de crise en comparant la moyenne des bénéfices des années 2019, 2020 et 2021 et de comparer ensuite avec le bénéfice de 2022. Si le bénéfice de 2022 est supérieur de 50% à la moyenne des bénéfices des 3 années antérieures, l’entreprise sera qualifiée de profiteur de crise et sera exclue des subsides. Le PTB va écrire une proposition de décret dans ce sens. Il sera ensuite possible d’exclure les profiteurs de crise et de rediriger ces subsides vers les indépendants et PME qui en ont besoin.