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50e anniversaire des CPAS : l'Arizona met le travail social sous pression avec des détectives privés et de l’austérité

Cette semaine, cela fait exactement cinquante ans que la loi sur le CPAS a été adoptée. Cette loi a consacré le droit à l'aide sociale et a fait du CPAS un pilier essentiel de notre protection sociale. Mais alors que les autorités locales et les travailleurs sociaux alertent sur le fait que la pression exercée sur les CPAS est plus forte que jamais, le gouvernement de l’Arizona choisit une autre voie : plus de contrôle, plus de méfiance et la privatisation du travail social.

Mercredi 8 juillet 2026

« Les CPAS sont aujourd’hui en première ligne dans la lutte contre la pauvreté, déclare Sofie Merckx, cheffe de groupe PTB à la Chambre. Les travailleurs sociaux accompagnent les personnes endettées, aident les familles à traverser des périodes difficiles et veillent à ce que les personnes puissent faire valoir leurs droits sociaux. Ce travail exige du temps, de l’empathie, de l’expertise et un contact humain. Pas seulement davantage de contrôle. »

En 1976, on comptait environ 7 000 bénéficiaires du CPAS. Aujourd’hui, il y en a 170 000.

Les CPAS ont été créés de façon résiduaire, c’est-à-dire comme le dernier maillon, le dernier filet social. Avec la limitation de la durée des allocations de chômage, encore plus de personnes vont s’adresser aux CPAS. À tel point que la logique s’inverse. Alain Vaessen, directeur général de la Fédération des CPAS de Wallonie, annonce qu’en 2027 il y aura plus de personnes au CPAS que de chômeurs indemnisés. Outre la surcharge de travail liées aux demandes de plus en plus nombreuses et de plus en plus complexes, Alain Vaessen pointe également un autre aspect de l’évolution du métier : « La logique de contrôle dans laquelle on nous demande désormais de travailler entre en tension avec la logique d’accompagnement social qui était la nôtre. » C’est dans ce contexte que le gouvernement propose de faire appel à des détectives privés pour contrôler les demandeurs de revenu d’intégration.

Le gouvernement, par contre, ne fait pas appel à des détectives privés pour retrouver les personnes qui ne font pas valoir leurs droits. En effet, jusqu’à 46 % des personnes ayant droit au revenu d’intégration sociale n’en font pas la demande. Au lieu de s’attaquer à ce phénomène de non-recours, le gouvernement choisit de contrôler encore davantage celles et ceux qui demandent bel et bien de l’aide.

« C’est comme tuer une mouche avec un canon, déclare Sofie Merckx. Les travailleurs sociaux sont formés pour accompagner des personnes confrontées à des problèmes complexes ; pour cela, il faut pouvoir établir une relation de confiance. Lorsque les CPAS et les administrations locales signalent qu’ils sont sous pression, on s’attendrait à ce que le gouvernement investisse dans du personnel supplémentaire, des moyens financiers supplémentaires et des règles adaptées aux réalités du terrain. Au lieu de cela, il choisit de privatiser en partie le travail social en faisant appel à des détectives privés hors de prix et refile la facture aux administrations locales. »

Le PTB met en garde contre le fait que la combinaison de la limitation de la durée des allocations de chômage et d’une pression de contrôle croissante sur les CPAS met leur rôle social à rude épreuve. Sofie Merckx conclut : « Des milliers de personnes supplémentaires se tournent désormais vers le CPAS. On a donc besoin de plus de travailleurs sociaux qualifiés, et non de détectives privés coûteux. »