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Ces trois derniers mois, les auditions sur la précarité étudiante rassemblant les parlements de la Communauté française, de Wallonie et de Bruxelles ont permis d’entendre des acteurs de terrain comme la FEF (Fédération des étudiant.e.s francophones), le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, la Plateforme Logement Étudiant, l’administration, etc. « Pour conclure ces auditions, le PTB a proposé 3 mesures phares à la fois ambitieuses et réalisables pour lutter contre la précarité étudiante. Alors que les personnes auditionnées ont toutes appelé à prendre des mesures, la majorité PS-MR-Ecolo a refusé les propositions du PTB », explique Alice Bernard, cheffe de groupe PTB au parlement de la Communauté française. 

La crise a pourtant fortement impacté les étudiants. 80 000 d’entre eux se trouvent en situation de précarité. Le nombre de bénéficiaires des banques alimentaires a doublé, selon l’Association pour la Solidarité Étudiante en Belgique. « Tout le monde a encore en mémoire les images de centaines d’étudiants qui ont fait la file aux banques alimentaires. Une enquête de la FEF montre que 93 % des étudiants estiment qu’un plan ambitieux de lutte contre la précarité étudiante est une priorité », rappelle la députée.

Le PTB a fait plusieurs propositions en ce sens. « Nous avons proposé de réduire le minerval pour l’ensemble des étudiants à son taux minimal actuel de 175 euros, contre les 836 euros pour tous les étudiants universitaires, par exemple. Cette mesure représenterait un investissement de l’ordre de 75 millions d'euros à charge de la Communauté française, à savoir 0,63 % de son budget total. 80 % des étudiants pensent que cette mesure est prioritaire dans la lutte contre la précarité étudiante. La gratuité du minerval existe déjà dans d’autres pays européens : Danemark, Autriche, Allemagne, etc. Mais cela a été refusé par la majorité », regrette Alice Bernard. « Nous avons aussi avancé la suppression des frais d’inscription complémentaires, comme le demande la FEF. Également refusée, alors que cela peut représenter plusieurs centaines d’euros par an. »

« Le loyer représente jusqu’à 70 % du budget étudiant, selon l’étude BDO, avec des coûts qui varient entre 300 et 500 euros et qui sont en augmentation ces dernières années. Pourtant, notre proposition d’instaurer une grille contraignante des loyers pour diminuer le coût du logement a aussi été refusée », continue la députée de gauche.

Un dernier exemple : le PTB proposait la gratuité des transports en commun pour les étudiants, et ce à quoi la recommandation a abouti, reformulée par la majorité, est : « Poursuivre le développement d’une politique tarifaire avantageuse pour les étudiant.e.s. » « 60 % des étudiants utilisent les transports en commun au quotidien pour se déplacer. Avec un abonnement annuel TEC et SNCB, on monte déjà à presque 200 euros. La gratuité des transports en commun pour les jeunes se trouve pourtant dans les accords de majorité tant des gouvernements wallon que bruxellois », s’étonne Alice Bernard.

« La majorité PS-MR-Ecolo décide pourtant de conclure ces auditions par… une liste de recommandations sans contrainte, ni ambition, pour les gouvernements. Le PTB ne rejette pas cette note, mais critique son manque d’ambition : de la part de députés qui gagnent 7 000 euros par mois, c’est inacceptable. Mesurent-ils l’urgence pour tous ces étudiants qui sont plus préoccupés par leurs fins de mois que par leurs cours ? La montagne a accouché d’une souris. Les étudiants devront encore attendre longtemps avant de voir changer leur quotidien. Ils vont payer le manque de volonté de la majorité », conclut la cheffe de groupe PTB.