Pourquoi les ministres Morreale et Maron n’ont-ils pas appliqué le plan d’urgence prévu pour les maisons de repos et qui aurait pu sauver des vies ?

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« Un plan d’urgence pour les maisons de repos existe depuis 14 ans, il prévoit les mesures en cas de pandémie pour protéger les résidents, mais il n’a jamais été appliqué. Comment est-ce possible ? » demande Germain Mugemangango, porte-parole francophone du PTB et chef de groupe au Parlement wallon. Pour le PTB, les ministres régionaux Christie Morreale (PS) et Alain Maron (Ecolo) doivent répondre. Et des commissions d’enquête, au niveau régional aussi, sont absolument nécessaires pour faire toute la lumière sur ces dysfonctionnements.

« Cela fait donc 14 ans qu'on sait comment préserver les maisons de repos contre les épidémies comme le coronavirus mais les hommes et les femmes politiques de ce pays n'ont rien fait pour les en protéger. Et les ministres régionaux de la Santé les ont visiblement ignorées », réagit Françoise De Smedt, chef de file du PTB à la Région bruxelloise. « Les plus de 2 000 résidents de maisons de repos qui ont trouvé la mort en Wallonie et les plus de 1 000 résidents qui sont décédés à Bruxelles suite au coronavirus ne sont pas le résultat de la fatalité mais celui de choix politiques désastreux. Des décès auraient pu être évités. »

La presse révèle en effet ce matin que des universitaires, à la demande du gouvernement, avaient déjà mis sur pied un plan d'urgence pour les maisons de repos en 2006. Seulement il avait été jugé « irréaliste » par la classe politique de l’époque. Cinq ans plus tard, un second rapport prouvait pourtant que ce plan était « faisable et efficace ».

« Pourquoi rien n’a été mis en place ? », s’interroge Françoise De Smedt. « Ce plan met entre autre l'accent sur l'obligation d'avoir des réserves nécessaires de masques et de gel hydroalcoolique dans chaque maison de repos. Exactement ce qui a manqué pendant cette crise. Le ministre bruxellois de la Santé Alain Maron (Ecolo) et le gouvernement bruxellois auraient très bien pu s’appuyer sur ce rapport pour protéger les maisons de repos. Leur absence d’anticipation relève de la faute politique grave. »

« La mise en place de ce plan aurait coûté 20 000 euros par institution », indique Germain Mugemangango. « Un coût dérisoire au vu des pertes humaines subies. Le verdict des universitaires est sans appel : ils estiment que la classe politique les a abandonnés et que n’a rien fait depuis 14 ans pour se préparer à une telle épidémie. Alors que cela aurait permis de sauver des vies. C’est une responsabilité dont doit aussi répondre la ministre wallonne de la Santé Christie Morreale et le gouvernement wallon. »

Les deux députés PTB estiment que ce rebondissement représente une nouvelle justification à la mise en place de la commission d’enquête dont ils demandent la création tant au Parlement wallon qu’au Parlement bruxellois. « Oui, cette crise sanitaire a surpris tout le monde par son ampleur », reconnaît Germain Mugemangango. « Mais il est clair aussi que des choix politiques désastreux ont provoqué une tragédie humaine qui aurait pu être évitée en partie. Alain Maron, Christie Morreale et leur gouvernement respectif doivent donner des explications claires à ce sujet. Les familles endeuillées, les résidents qui ont contracté le virus et les professionnels du secteur on le droit de savoir pourquoi ces recommandations pourtant connues n’ont pas été appliquées dans les maisons de repos. »

 


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