Photo Shutterstock

« Mais que fait la Wallonie ? La Région flamande et la Région bruxelloise ont, dès la première vague, accordé des aides directes aux travailleurs de la culture très gravement impactés par la crise. La Région bruxelloise en est même à sa deuxième série d’aides. Il est inadmissible que ce ne soit pas le cas en Wallonie. » Germain Mugemangango, chef du groupe PTB au Parlement wallon, plaide pour une aide urgente.

Pour contrer la propagation du Covid-19, les rassemblements de toutes sortes ont dû être interdits ou limités. Ces mesures, nécessaires, ont affecté financièrement une grande partie de la population. Le secteur culturel a perdu durant la première partie de la crise entre 85 % et 93 % de son chiffre d’affaires. En Wallonie, si on se fie aux statistiques de l’IWEPS, cette diminution d’activité aurait impacté pas moins de 60 000 travailleurs. Un chiffre encore plus élevé qu’à Bruxelles, où ils sont environ 45 000. Avec la seconde vague, le couvre-feu, les fermetures dans l’horeca et les risques de reconfinement, les travailleurs de la culture sont à nouveau dans l’incapacité d’exercer leur métier normalement, si bien que l’on anticipe des répercussions sur le secteur jusqu’en 2022, voire davantage.
« Nous avons interpellé à de très nombreuses reprises la ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Bénédicte Linard (Ecolo). Celle-ci nous répond systématiquement que son gouvernement “a pris sa part”. Pourtant, seuls les opérateurs culturels déjà subsidiés ont pu bénéficier d’un fonds d’urgence. Ce qui laisse beaucoup d’opérateurs et de travailleurs de la culture sur le carreau », souligne le député du parti de gauche.
Vu le blocage à ce niveau de pouvoir, le PTB a déposé une proposition de résolution au Parlement wallon, visant à mettre en place un fonds d’urgence de 6,7 millions d’euros. Grâce à ce fonds d’urgence, il serait possible d’octroyer une aide directe allant jusqu’à 2 000 euros aux travailleurs du secteur culturel ayant subi des pertes de revenu, à l’image de ce qui a été fait à Bruxelles.
Pour Amandine Pavet, députée PTB à la Région wallonne et à la Fédération Wallonie-Bruxelles, ce blocage institutionnel est surréaliste : « La Fédération Wallonie-Bruxelles subsidie des projets culturels mais ne s’occupe pas des travailleurs. Le Parlement wallon, lui, considère que la culture n’est pas sa compétence. Il y a donc une compétence qui s’est perdue en cours de route ? Derrière cette lasagne institutionnelle, on trouve des gens qui n’arrivent plus à remplir leur frigo. Sans avoir pu sortir totalement la tête hors de l’eau entre les deux vagues, les artistes et techniciens se retrouvent à nouveau face à un mur. Pour le PTB, il s’agit surtout de volonté politique. »
Le ministre wallon des Finances et du Budget Jean-Luc Crucke (MR) a d’ailleurs lui-même déclaré le 14 octobre : « Oui, il y a aussi des artistes wallons. Ils sont peut-être francophones également, mais ils sont Wallons aussi. On peut aussi, dans le cadre du fonds de rayonnement de la Wallonie, avoir un fonds de relance qui peut leur être utile. » Pour Amandine Pavet, le gouvernement wallon doit donc dès maintenant prendre exemple sur ses homologues bruxellois et flamand en concrétisant également une aide financière directe aux travailleurs de la culture.

 


Montrer 1 réaction

SVP vérifiez votre boîte email afin d'utiliser le lien pour activer votre compte.
  • Rédaction en ligne
    a publié cette page dans Actualités 2020-10-28 10:09:33 +0100

Suivez le PTB