Photo Alexandros Michailidis

« Les pompiers vivent, en moyenne, sept ans de moins que le reste de la population », explique la députée fédérale PTB Nadia Moscufo. « Cela s’explique en grande partie par le fait qu’ils sont en contact avec diverses substances cancérigènes dans l’exercice de leurs fonctions. Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée internationale des pompiers, nous déposons une proposition de loi visant à faire reconnaître les cancers liés au travail chez les pompiers comme maladie professionnelle. Chaque jour, les pompiers s’engagent pour notre sécurité. S’ils sont atteints d’un cancer, la société doit leur montrer qu’elle ne les laisse pas tomber. »

 

« Les syndicats de pompiers ont mené des campagnes qui ont permis de progresser considérablement dans le domaine de la prévention du cancer ces dernières années », poursuit Nadia Moscufo. « Toutefois, le cancer n’est pas reconnu en tant que maladie professionnelle, ce que déplorent légitimement les pompiers. C’est pourquoi, en cette Journée internationale des pompiers, nous déposons cette proposition de loi visant à faire reconnaître le cancer comme maladie professionnelle chez les pompiers professionnels et volontaires. Malgré les progrès réalisés sur le plan de la prévention, le métier de pompier reste dangereux et imprévisible, comme le confirment d’ailleurs les taux de mortalité dans la profession. »

Actuellement, les procédures administratives pour prouver à Fedris (l’agence fédérale des risques professionnels) que votre cas de cancer est causé par votre profession sont extrêmement lourdes. « Par ailleurs, continue la députée PTB, il est pratiquement impossible de ramener un cas de cancer à une contamination spécifique, car les pompiers sont très souvent en contact avec un cocktail de fumées toxiques. En outre, il faut souvent des années avant qu’une exposition ne dégénère en cancer. Un tel bras de fer bureaucratique est difficile à supporter quand on se bat déjà contre cette terrible maladie. Par conséquent, nous proposons qu’au minimum, les huit cancers les plus fréquents chez les pompiers, comme le cancer des testicules et de la prostate, soient inclus dans la liste dite fermée pour ce groupe professionnel. »

Nadia Moscufo ajoute : « Cela éviterait aux pompiers concernés de devoir présenter des preuves, leur maladie serait automatiquement reconnue comme maladie professionnelle. Cela comporte des avantages importants. Les frais médicaux supplémentaires tels que l’hospitalisation sont remboursés. D’autre part, les personnes qui sont (temporairement ou partiellement) dans l’incapacité de travailler à la suite de leur cancer reçoivent plus d’indemnités. En outre, la société montre ainsi aux pompiers concernés qu’ils ne sont pas seuls pour mener leur combat. »

Le PTB propose de faire reconnaître au moins huit types de cancers comme maladies professionnelles pour les pompiers, mais demandera des auditions à la Chambre des représentants avec des spécialistes de la santé, des pompiers, des commandants et des syndicats pour éventuellement élargir encore la liste et remettre la question à l’ordre du jour politique. « Nous estimons aussi que les retraités qui sont victime de cancer doivent pouvoir bénéficier de ce dispositif. Comme il faut souvent un certain temps au cancer pour se développer, cela nous semble évident », conclut Nadia Moscufo.

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