Pénurie de personnel dans les soins de santé : pour le PTB, « Augmenter la flexibilité n'est pas une solution »

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La Vivaldi a approuvé aujourd'hui toute une série de mesures d'urgence visant à remédier à la grave pénurie de personnel dont souffre le secteur des soins de santé. « Le gouvernement veut que les gens fassent plus d'heures supplémentaires et travaillent plus dur. Et il veut employer des pensionnés, des chômeurs et des étudiants dans des flexi-jobs. Ce sont précisément les recettes qui ont plongé le secteur des soins de santé dans l'impasse actuelle. On ne viendra pas à bout du manque de personnel dans ce secteur en s'obstinant dans la même voie », réagit Sofie Merckx, cheffe de groupe PTB à la Chambre et médecin généraliste.

Le PTB appelle le ministre à rencontrer les syndicats dans les plus brefs délais, afin de dégager des solutions structurelles. Du côté du parti de gauche, on formule des propositions visant à trouver des solutions structurelles à la pénurie de personnel.

Dans le secteur de la santé, les signaux d'alarme se succèdent. Il y a quinze jours, on apprenait que huit hôpitaux sur dix en Flandre réduisaient leurs activités de soins en raison du manque de personnel. Ils sont plus de 80 % à fermer des lits. Aujourd'hui, une infirmière sur quatre envisage de quitter le secteur en raison de l'énorme charge de travail, de l'intensité du rythme et de la flexibilité exigée. « Face à cette situation dramatique, le gouvernement réagit en augmentant encore la flexibilité », déclare la cheffe de groupe du parti de gauche. « En revanche, les réponses structurelles sont taboues. Pas un mot sur la reconnaissance de la profession en tant que métier pénible, par exemple. Dans l'accord gouvernemental sur les pensions ne figure plus aucune des promesses en la matière. Parmi le personnel infirmier, beaucoup devront travailler jusqu'à l'âge de 65 ans. C'est irréalisable. Et c'est l'une des principales raisons pour lesquelles le secteur des soins de santé est en train de perdre ses meilleurs éléments. »

Sofie Merckx souligne une contradiction importante dans le secteur : « Certains membres du personnel soignant souhaitent travailler à temps plein, mais n'y sont pas autorisés car ils doivent rester flexibles pour faire face à la pénurie. Mais, en même temps, ils sont aussi nombreux à ne pas être en mesure de travailler à temps plein en raison de la charge de travail excessive. Fondamentalement, la solution, ce sont des emplois à part entière, mieux rémunérés, avec une meilleure compensation des horaires irréguliers et la reconnaissance de la pénibilité du métier. Les syndicats insistent également sur la nécessité de mettre en place des mesures structurelles et demandent au ministre de réellement les écouter. »

Dans son plan, le PTB développe quatre propositions concrètes visant à s'attaquer de manière structurelle à la pénurie de personnel. « Dans notre pays, 19 000 infirmières et infirmiers qualifiés travaillent actuellement dans un autre secteur. Il faut les convaincre de réintégrer le secteur des soins de santé. Pour y parvenir, il faut augmenter réellement les salaires de l'ensemble du personnel hospitalier. Augmenter les primes pour les horaires irréguliers. Reconnaître la pénibilité du métier, afin d'ouvrir l'accès à une pension anticipée. Il s'agit enfin d'augmenter de manière structurelle le Fonds Blouses blanches, afin d'accroître le nombre d'infirmières par lit et par service », conclut la députée PTB.