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Le PTB dépose une proposition de loi sur l'attribution des marchés publics pour l'achat de bus, trains et trams.

« Nous voulons remédier aux appels publics d'offres dans desquels seul le prix net est pris en compte et pas de la totalité des coûts pour la collectivité, explique Peter Mertens, le président du PTB.  Ce qu’on a encore pu constater l'an dernier chez Bombardier à Bruges : le constructeur de trains travaillait pour des marchés publics, entre autres pour la SNCB, mais la production a quand même été délocalisée et 200 travailleurs ont perdu leur emploi. » Le PTB plaide pour  un strict couplage des marchés publics aux critères sociaux et écologiques, comme le permettent désormais deux récentes directives européennes. Le parti de gauche propose que, dans l'attribution d'un marché public, le prix d’achat ne constitue plus le seul critère, mais que la décision soit également basée sur les conséquences pour l'emploi en Belgique.

Samedi soir 2 juin, Peter Mertens a présenté la proposition de loi lors d'une réunion organisée avec les travailleurs du constructeur de bus Van Hool. (Photo Solidaire, Patrick Govaerts)

Samedi soir 2 juin, Peter Mertens a présenté la proposition de loi lors d'une réunion organisée avec les travailleurs du constructeur de bus Van Hool. Peter Mertens : « Nous ne voulons pas que le drame social qui a eu lieu chez Bombardier se reproduise. Or ce risque est malheureusement toujours bien présent. On le constate par exemple chez le constructeur de bus Van Hool à Koningshooikt. En à peine quelques années, un millier d'emplois sont passés à la trappe. Ce n'est pas un hasard si, dans la même période, une usine a été ouverte en Macédoine. Lorsqu'une société de transports publics investit l'argent du contribuable dans de nouveaux bus, elle doit selon nous prendre en compte la totalité des coûts, y compris l'emploi en Belgique, car la perte d'emplois coûte aussi énormément d'argent à la collectivité. Tout comme les effets négatifs pour l'environnement. En votant une Loi Van Hool, nous fixons ces critères dans la loi et nous empêchons le dumping social. »

Les critères écologiques doivent eux aussi être pris en compte. Le producteur qui respecte les normes environnementales les plus strictes et gaspille le moins d'énergie mérite la préférence par rapport à d'autres producteurs. La Belgique a signé l'accord de Paris sur le climat, et il est donc tout à fait normal qu’elle l'applique partout de manière conséquente. Ce qui est parfaitement possible dans l'attribution des marchés publics.

« Notre Loi Van Hool promeut en fait l'idée du commerce équitable, conclut Peter Mertens. Cela va à l'encontre des partis néolibéraux qui nous imposent du free trade à des conditions inéquitables. C'est seulement et uniquement la maximalisation du profit qui compte pour les papes du libre marché. Avec le PTB, nous voulons donner priorité aux gens et au climat. »

La campagne pour le maintien de Van Hool a déjà commencé depuis des mois sur le terrain. La pétition pour la proposition de loi a été lancée ce samedi soir 2 juin avec les travailleurs de l'entreprise. (Photo Solidaire, Patrick Govaerts)


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