Photo Belga.

Près de 70 millions d’euros servant au paiement des pensions du groupe Enodia ont disparu. Damien Robert, administrateur PTB chez Enodia, dénonce un « détournement inacceptable d’argent public » et demande que la clarté soit faite. Germain Mugemangango, chef du groupe PTB au Parlement wallon, interpellera le ministre des Pouvoirs locaux à ce sujet.

Certains pouvaient croire que les scandales chez Enodia et Nethys étaient terminés. Il n'en est malheureusement rien. Un nouvel épisode ouvre une nouvelle séquence. Et non des moindres. « Un document interne montre qu'en 2016, Nethys a reçu près de 69,4 millions d’euros de sa filiale Resa pour rembourser le paiement des pensions des travailleurs de l'intercommunale, explique Damien Robert, administrateur PTB chez Enodia et président provincial du PTB Liège. Cet argent devait arriver dans les caisses du fonds de pension Ogeo Fund. Mais il est resté dans les caisses de Nethys et a été détourné à d'autres fins. Ce détournement de près de 70 millions d’euros est grave. Il faut savoir où est passé cet argent. »

« Mais ce n'est pas tout, poursuit Damien Robert, car Nethys a ensuite fait comme si cette dette n'avait jamais été remboursée par Resa et a fait inscrire dans sa comptabilité qu'elle doit encore être payée. En conséquence, aujourd'hui, c'est Enodia qui devrait payer ces 69,4 millions d’euros alors qu'ils ont déjà été remboursés à Nethys, qui les a utilisés à d'autres fins. »

En effet, depuis 2009, Publifin (aujourd’hui Enodia) a chargé le fonds de pension du groupe, Ogeo Fund, de payer ses cotisations pour les pensions au service fédéral des pensions. Ogeo Fund a payé ces cotisations, et Publifin (Enodia) lui doit donc environ 90 millions d’euros. Resa a remboursé sa part en 2016, soit 69,4 millions d’euros. C’est cet argent qui a été détourné par Nethys.

« Cette énorme somme d'argent public, qui était destinée au paiement des pensions des travailleurs du groupe, a été détournée. Cela met potentiellement en péril la santé financière du fonds de pension. C'est tout simplement inacceptable de jouer de cette manière avec l'avenir des travailleurs du groupe. », dénonce Damien Robert. Et de s'interroger : « Où est passé cet argent ? »

Pour Germain Mugemangango, chef du groupe PTB au Parlement wallon, « ce nouveau scandale pose à nouveau la question de la gestion démocratique des entreprises publiques. Notre proposition de transformer Enodia et ses filiales en Entreprises Démocratiques Publiques (EDP) est plus que jamais nécessaire. Les citoyens, les travailleurs et les actionnaires doivent pouvoir participer directement à la gestion de cette intercommunale pour garantir que leurs intérêts y soient respectés. »

Le député du PTB interrogera le ministre wallon des Pouvoirs locaux, Pierre-Yves Dermagne (PS), à ce sujet : « Le ministre et le gouvernement wallon doivent intervenir pour faire la lumière sur ce détournement de 70 millions d’euros. Ce nouveau scandale de la saga Enodia / Nethys montre à nouveau la nécessité d'organiser la totale transparence dans ce groupe. Les responsables de ce détournement doivent être identifiés et l'argent doit être remboursé. »

Celui qui est aussi porte-parole francophone du PTB fustige la passivité du ministre de tutelle lorsqu’il s’agit du suivi du dossier Nethys. « Jusqu'ici, lorsque nous l'interpellons à propos des dysfonctionnements dans le groupe Enodia, le ministre Pierre-Yves Dermagne se retranche derrière l'autonomie de gestion pour ne pas intervenir. Le ministre ne peut tout simplement pas continuer à se cacher derrière ce prétexte alors que les droits démocratiques et les intérêts des travailleurs sont bafoués. »


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