Photo Solidaire.

Le PTB se serait-il « auto-exclu » en couplant un soutien à un accord côté francophone à un accord côté néerlandophone en Région bruxelloise ? Pas du tout. Quelques éclaircissements sont nécessaires pour bien comprendre la prise de position du PTB, parti unitaire et bilingue, dans la situation complexe bruxelloise.

La formation d'un gouvernement régional à Bruxelles est un exercice un peu particulier, vu le caractère paritaire et bilingue du gouvernement. En dehors du ministre-président régional (Rudi Vervoort, PS, en ce moment), il y a deux ministres et un secrétaire d'État francophones et deux ministres et un secrétaire d’État néerlandophone.

Depuis de nombreuses années, la tradition de négociations est un peu particulière.

C'est sur la base du collège électoral francophone (72 élus) qu'un accord politique est conclu entre partis francophones, et c'est sur la base du collège néerlandophone (17 élus) qu'un accord est conclu entre partis néerlandophones. Séparément, donc.

Ce n’est qu’ensuite qu’un accord commun est conclu entre francophones et néerlandophones. Ce n'est donc pas la même mécanique que pour le gouvernement fédéral, où partis francophones et néerlandophones négocient ensemble depuis le début. Cette tradition bruxelloise explique pourquoi il y a très souvent des majorités asymétriques selon le rôle linguistique. Ainsi, le MR n'est plus au pouvoir depuis 2004 en Région bruxelloise, alors que l'Open VLD est aux manettes depuis lors avec Guy Vanhengel. Groen a déjà été au pouvoir sans Ecolo, et vice-versa.

Nous voilà en 2019, et l'émergence du PTB, qui présentait une liste dans chaque collège électoral en Région bruxelloise : avec dix élus dans le collège francophone et un élu dans le collège néerlandophone. Depuis 1989, le PTB, comme parti unitaire, s'est toujours opposé en Région bruxelloise à ces listes sur base communautaire et défend pour les élections régionales des listes bilingues. Dans cette même logique, il a présenté une liste bilingue à la Chambre mais a été obligé, vu la loi actuelle, à présenter deux listes pour la Région. Dans cette même logique, il défend que les élus dans le collège francophone et l'élu dans le collège néerlandophone voteront ensemble sur les matières régionales.

Le PTB s'est rendu le 28 mai aux consultations organisées par Groen (Elke Van den Brandt) pour le côté néerlandophone et le 4 juin à celles organisées par le PS (Laurette Onkelinx et Rudi Vervoort) pour le côté francophone avec les mêmes priorités : logement, mobilité, éthique politique... Cette situation inédite bouscule évidemment les habitudes des partis classiquement au pouvoir.

Groen, par la voix de sa leader bruxelloise Elke Van den Brandt a annoncé le vendredi 31 mai qu'il entamait des négociations avec le sp.a et l'Open VLD.

Elle a donné le signal (par SMS) qu'elle veut rouvrir la porte au PTB côté néerlandophone si le PTB fait partie de la majorité du côté francophone.

Et, évidemment, vu le rapport de forces du côté néerlandophone, le PTB ne demanderait pas un poste ministériel côté néerlandophone. Elke Van den Brandt comprend cette situation d'autant plus que les deux partis - Groen et Ecolo - ont conclu un accord pour aller ensemble au gouvernement bruxellois pour éviter les situations du passé.

C'est dans ce sens que le PTB a défendu qu'il serait soit en soutien d'une majorité (avec un bon accord évidemment) dans les collèges francophone et néerlandophone, soit dans l'opposition des deux côtés. Nous sommes cohérents. Ce n'est rien de plus, rien de moins.

Si des forces politiques utilisaient cette situation pour justifier une non-poursuite de négociations avec le PTB, ce serait un prétexte de mauvaise foi pour ne pas débattre du fond des dossiers mis sur la table par la gauche authentique. Nous sommes un, wij zijn één.

 


Montrer 3 réactions

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  • Patrice D'hautcourt
    a commenté 2019-06-16 08:57:11 +0200
    Merci pour ces précisions. Merci de votre clarté. Toutefois, je ne vois pas trace de négociations entre francophones bruxellois. Les PS et Ecolos ont-ils exclu le PTB en vue de la création de la majorité francophone ?
  • fernand soupart
    a commenté 2019-06-06 16:22:54 +0200
    faudrait peut etre que tous les parti politique prene conscience que il et grand temps de réagir , et au plus vite que se soit ps , ptb , écolo etc etc car si sa continue comme sa ben on vas finir a foutre le pays en l air et la catastrophe et la , donc il a deux solution soit on s entend tous le monde et pas de chipotage et de bagarre dans les bac a sable comme des petits gamin de 5ans , ou alors soit de deux on coupe et chacun de son coter nord -sud et un bon accord de séparation chacun de son cote , biensur je suis pas pour la dexieme option la séparation je préfére la premiere un bon accord des parti politique et une formation d un gouvernement mais se qu il soit bouger vous un peut les puces les parti politique svp et arreter les bagarre de bac a sable svp on dirait des enfant 5ans qui se fond la guerre des bac
  • fernand soupart
    a commenté 2019-06-05 15:26:50 +0200
    oui bien d accord avec vous mais bon faut savoir ce quel on veut alors , vous avez gagner les élection ( terme de voix ) mais il faut se dire qu il faut un peut bouculer les parti traditionnellebien faire certain compronis s et sur pour avoir un poste au gouvernement bruxellois mais de la a dire oui on veut rien ( comme je comprend la ) et je joue au deux place la s et du tirer par les cheveux et dire oui aux autre mon je vous cede ma place car je veux pas ???? chose étrange

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