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Demain mardi 23 février, à la Chambre, la commission de l’énergie discutera du mécanisme de subsidiation à de nouvelles centrales électriques au gaz. La Vivaldi veut ainsi compenser la sortie du nucléaire. « Que la Vivaldi veuille donner de 3,6 milliards d’euros de subsides pour des centrales à gaz polluantes est incompréhensible », répond Thierry Warmoes, député PTB. « Les recherches menées par la CREG, régulateur fédéral de l’énergie, montrent que nous n’avons pas besoin de ces centrales à gaz. Nous pouvons parfaitement sortir du nucléaire sans cela. »
La construction de nouvelles centrales à gaz rendra la Belgique dépendante des combustibles fossiles pendant des décennies. Le PTB exige que le gouvernement fédéral ne subsidie pas de nouvelles centrales électriques au gaz et utilise ce budget pour accélérer la transition énergétique vers 100 % d’énergie renouvelable.

La ministre fédérale de l’Énergie, Tinne Van Der Straeten (Groen), affirme que les subsides sont nécessaires à la sécurité de l’approvisionnement en électricité. La CREG le conteste sur la base de nouveaux chiffres. « D’après son analyse, il est clair que de nouvelles centrales à gaz ne sont pas nécessaires », déclare Thierry Warmoes, membre de la commission de l’énergie de la Chambre, qui a étudié les chiffres. (Retrouvez l’analyse complète ici) « Le risque de problèmes d’approvisionnement en énergie est largement surestimé, car les chiffres tiennent compte des hivers particulièrement rigoureux de 1984 et 1986. Avec le réchauffement climatique, la probabilité d’hivers aussi extrêmes diminue considérablement. » Jusqu’à présent, Elia, le gestionnaire du réseau, a refusé de prendre en compte l’impact du changement climatique dans ses calculs. « Mais avec la nouvelle méthodologie européenne, c’est obligatoire depuis octobre 2020 », dénonce Thierry Warmoes.

La ministre Van Der Straeten tente de contourner cette critique. Selon elle, Elia prendra bien en compte le changement climatique dans ses futures études, mais cela n’est plus possible pour la première série de subsides qui sera accordée en octobre 2021. De nouvelles centrales à gaz peuvent bénéficier ainsi de subsides pendant 15 ans. « La décision pour la première série de subsides est cruciale car elle déterminera le nombre de nouvelles centrales à gaz qui seront construites. L’année prochaine, on ne pourra plus faire marche arrière si, tout bien réfléchi, le gouvernement se rend compte que nous n’avons pas besoin de ces nouvelles centrales à gaz », explique Thierry Warmoes. Le PTB demande à la ministre de reconsidérer sa décision.

« Si le lobby de l’énergie affirme que nous avons besoin de nouvelles centrales électriques au gaz, c’est pour les centaines de millions d’euros de subsides annuels. Il est incompréhensible que la ministre marche là-dedans et refuse de tenir compte des avancées scientifiques récentes », déclare le député PTB. « Subsidier de nouvelles centrales électriques à gaz polluantes compromet les objectifs climatiques, car cela nous rendra dépendants des combustibles fossiles pendant des années. » Il faut au moins 25 ans pour amortir des centrales à gaz, ce qui signifie qu’elles fonctionneront au moins jusqu’en 2050.

Au lieu de donner des milliards d’euros de subsides à de grandes entreprises privées, la Vivaldi ferait mieux d’accélérer la transition énergétique, maintenant que nous savons que la sortie du nucléaire ne compromettra pas l’approvisionnement en énergie. Le PTB propose d’utiliser les fonds libérés pour créer une banque publique pour le climat. Avec cette banque, le gouvernement peut investir dans les économies d’énergie, le stockage et les énergies renouvelables et ainsi accélérer la transition énergétique indispensable.

La loi qui règle les subsides sera discutée et mise aux voix en commission de l’énergie de la Chambre demain, 23 février, à 9 heures.