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Malgré le fait que le gouvernement a cassé la vente de Voo à la société américaine Providence, celle-ci est toujours en train d’être négociée par Nethys. C’est ce que le président ad intérim du CA de Nethys a expliqué ce jeudi 28 novembre au CA d’Enodia. Ecolo, PS et MR ont accepté que ces négociations se poursuivent. Seul le PTB s’y est opposé. Et pour cause : le PTB veut transformer la sa VOO en EDP NOO : en faire une Entreprise Démocratique Publique.

Providence, un acquéreur prédateur

Providence, le candidat actuel au rachat, ne porte pas bien son nom. Cette société peu connue en Europe n’est pas une société industrielle. C’est ce qu’on appelle un fonds d’investissement, un « equity fund ». C’est une société américaine. Providence Equity fund a été créé dans les années 80. Cette société lève des fonds financiers et rachète les médias et les télécoms partout dans le monde, et principalement en Europe et aux Etats-Unis. En 2007, Providence a levé le fonds le plus élevé jamais réalisé dans l’histoire mondiale des equity fund. Providence est dirigé par Jonathan Nelson. Cet homme dont la fortune est estimée par le magazine Forbes à 1,8 milliards de dollars est appelé « l’ami des riches ». Parmi les autres dirigeants de cette entreprise, on compte aussi Richard Parsons, qui a été conseiller du vice-président américain Nelson Rockefeller et du président Gérald Ford. Ou Michael Powell, le fils de Colin Powell, qui a été secrétaire d’état sous Georges Bush à l’époque de la guerre en Irak.

La stratégie de Providence est souvent la même dans les télécoms : elle rachète les sociétés (souvent publiques mais pas uniquement) à un prix bradé, s'attaque au personnel, réduit les coûts puis revend à un prix élevé quelques années plus tard. Par exemple, en Irlande, Providence a fait main basse sur l'ancienne entreprise publique de Télécoms. L'expérience a été si désastreuse pour les organisations syndicales qu'un syndicat irlandais y a consacré un congrès. Son jugement est sans appel : « La privatisation d’Eircom en 1999 doit être placée au rang de la plus grosse erreur économique faite par un gouvernement irlandais jusqu’au moment du fiasco économique de 2008 avec les garanties bancaires ». 

La privatisation de notre cablo-opérateur serait donc une catastrophe économique et sociale pour l’ensemble de la Wallonie.

La privatisation est une erreur

Voo n'est pas que le sponsor du Standard ou que le nom de la société qui vend un Pack TV, Internet et mobile. Voo, c'est avant tout une société qui appartient aux communes liégeoises et qui est propriétaire de presque tout le câble qui traverse toutes les villes, villages et routes de Wallonie et qui permet à des millions de francophones de faire circuler les informations via les autoroutes de l'information.

La Commission PubliFin n’a jamais recommandé une telle privatisation.

Malgré tous les dangers et risques amenés par la privatisation, des négociations avancées sont en cours entre la direction de Nethys et le fonds d'Equity Providence pour aboutir à une vente. Le PTB rappelle que la Commission PubliFin n’a jamais recommandé une telle privatisation. C’est le résultat d’un choix politique.

Si des multinationales sont prêtes à s’arracher les yeux pour acheter Voo, c’est que cette société n’est pas un puits sans fond. C’est donc clair qu’elle ne doit pas tomber dans les mains de quelques vautours qui sacrifieraient nos autoroutes de l’information sur l’hôtel du profit. Pour empêcher cette privatisation, il faut aujourd'hui montrer qu'il y a mieux à faire et mettre sur la table un projet public qui démontrera que Voo ne doit tout simplement pas être vendu. La sa Voo doit être transformé en Entreprise Démocratique Publique Noo pour offrir une solution d'avenir, publique, pour cette société stratégique qui détient les autoroutes de l'information en Région wallonne.

Seule une EDP peut maintenir le câble et la fibre dans les mains du public et garantir un service accessible aux citoyens en matière d'accès à Internet (et aux services annexes comme la téléphonie et la télévision) ainsi que le maintien des emplois. Cela va demander une véritable transformation de la société. A commencer par son nom : Voo deviendrait l’EDP Noo.

 

Voo aujourd'hui

VOO est un câblo-opérateur, filiale de Nethys. Nethys a racheté, en 2007, les 8 autres câblo-opérateurs wallons. Pour ce faire elle a contracté un emprunt de 425 millions d’euros qui est venu à terme fin 2018. Celui-ci a été remboursé par les bénéfices de Resa, et donc par les factures d'électricité et de gaz des habitants des communes de la province de Liège. Malgré les décisions prises par le gouvernement concernant l'illégalité des ventes de Voo, Elicio et Win, le scénario de privatisation continue à vivre, auprès de nombreux dirigeants dirigeants politiques de partis traditionnels. Le PTB veut éviter à tout prix ce scénario.

Contrairement à ce que de nombreux commentateurs disent, Voo n'est pas une société désuète. C'est une société performante, d'avenir. Il y a quatre types de technologies pour le transport des données : le DSL, le câble coaxial, la fibre optique et une technologie hybride qui mélange les deux dernières. La fibre optique, dont la plus grande partie du réseau est dans les mains de Proximus, est la plus performante mais pour garantir une vitesse de transmission élevée, elle doit garantir que le dernier tronçon entre la rue et la majorité des constructions existantes soit aussi en fibre optique, ce qui n'est que très rarement le cas. Mais avant d'avoir investi dans la fibre optique, Proximus a surtout investi dans le DSL. Or, cette technologie est très lente et permet de faire circuler les informations à du 100 Mbps. Cette technologie est en voie d'être dépassée.

Voo est une entreprise 100 % publique, stratégique, qui a le monopole sur le câble, performante et à la pointe du progrès.

Pour rappel, Voo est le câblo-opérateur qui, avec Telenet, se partage le câble en Belgique. Voo est l'unique propriétaire du câble en Wallonie et à Bruxelles (à l'exception de 16 communes wallonnes et de 10 communes bruxelloises). Il possède plus de 600 000 clients et un réseau qui peut donner accès à 1 200 000 ménages. Le reste (Flandre et les communes restantes) étant dans les mains de Telenet, l'opérateur flamand qui a été racheté par une multinationale américaine. Voo utilise le câble coaxial (comme Telenet). A l'origine utilisée pour la télévision, cette technologie permet de surfer jusqu'à 400 Mbps (même lorsque vous regardez simultanément la télévision). Ce câble (qui est en cuivre comme le câble téléphonique de la DSL) permet donc de transférer de plus grandes quantités de données. Avec l'évolution des technologies, ces dernières années, Voo a adapté son réseau. Il utilise la technologie « Hybride Fix coax ». Cette technologie est composée principalement de la fibre optique et aboutit dans les ménages et entreprises via le câble coaxial historiquement utilisé pour la TV dans notre réseau de distribution, c'est-à-dire entre la borne de quartier et le domicile. La majeure partie de la distance entre l'emplacement central (c'est-à-dire le centre de données de la tête de réseau) et le client se fait donc en fibre optique. C'est la distribution qui reste en câble coaxial. En moyenne, 95% de la distance est en fibre optique et 5% en câble coaxial. Cette technologie devrait très rapidement permettre de faire circuler les informations à une vitesse de 1Gbps, soit 1 Giga byte par seconde (vitesse similaires à celle d'une connexion constituée à 100% de fibre optique). Actuellement, selon Ookla, Voo détiendrait le réseau internet le plus rapide de Belgique.

Aujourd’hui, Voo est donc une entreprise 100 % publique, stratégique, qui a le monopole sur le câble, qui est très performante et à la pointe du progrès. Ces investissements et les prêts qui ont permis d'arriver à ce résultat ont été financés par les Liégeois et les Liégeoises. En effet, ceux-ci, via leurs factures de gaz et d'électricité à Resa (la société publique qui a le monopole sur la distribution du gaz et de l'électricité sur la quasi-totalité de la province de Liège), ont financé les investissements de Voo. Comment ? C'est simple. Voo et Resa (le distributeur de gaz et d’électricité en région liégeoise) sont tous les deux des filiales de Enodia. Et jusqu'en 2018, une partie des bénéfices de Resa, au lieu d'être réinjectés pour diminuer le coût des factures de gaz et d'électricité ou au lieu d'être intégralement versés aux communes, étaient transférés via Nethys dans Voo. L’objectif ? Financer les investissements de Voo et payer la dette contractée en 2007 pour acheter les 7 câblo-opérateurs wallons.

Le PTB a une vision claire pour l'avenir de la société Voo. Actuellement, c'est une société d'actionnariat public qui fonctionne comme une entreprise privée. Cela ne marche pas. Ses managers ne pensent pas à l’intérêt collectif et le citoyen est pris pour la vache à lait. La situation actuelle ne plaît donc pas non plus au PTB. Ce dernier ne prône donc ni la privatisation ni le stand by.

Pourquoi les « mains invisibles » veulent privatiser Voo

ll y a différentes raisons qui ont poussé les mains invisibles (c’est-à-dire les états majors des partis traditionnels) à organiser la vente de Voo.

La première est l'application du principe de la socialisation des pertes et de la privatisation des bénéfices. Ce principe est devenu un des axes centraux du tableau de bord du capitalisme et est parfaitement assimilé par les gestionnaires de Voo et les mains invisibles politiques qui poussent à la privatisation.

C’est ce principe qui est appliqué par les libéralisations successives qui touchent chaque secteur en proie à ces privatisations. Dans le cadre du marché du câblo-opérateur, le marché est de plus en plus ouvert, tout comme le marché de la téléphonie et d'internet. Le secteur est donc, à l'exception de la propriété du câble (ce qui n'est pas rien) sur lequel Voo à le monopole, devenu concurrentiel. Et le marché concurrentiel demande des investissements pour lancer un produit qui rapporte et qui permet de gagner des parts de marché sur les autres concurrents. Cela nécessite des investissements qui ne rapportent pas immédiatement et qui ne sont donc pas profitables pour les capitalistes. La solution ? Ces investissements sont souvent supportés par le public. Mais une fois qu'ils sont faits et que la société peut engranger des bénéfices, on privatise. C'est ce que le PS fait depuis presque 20 ans déjà. Cette méthode a été appliquée pour la privatisation de la société aéroportuaire nationale Sabena, des banques Crédit communal et CGER ainsi que pour la libéralisation de la SNCB et de la Poste. 

Voo se porte bien !

Voo est plutôt une entreprise porteuse d'avenir... Y compris en termes de bénéfices.

Tout d’abord, son endettement est faible, très faible même pour le secteur. En mai 2016, dans une interview de Pol Heyse, le dirigeant de Voo, celui-ci indique qu’il ne reste plus que 90 millions €  à rembourser de l'emprunt initial contracté pour le rachat des 7 opérateurs de câbles wallons. Dans le plan stratégique 2017-2019, réalisé en 2016, l'emprunt contracté en 2007 est abordé en ces termes : “Au cours de ces trois prochaines années, la totalité de l’emprunt relatif à l’acquisition des réseaux câble en Wallonie aura été remboursé, ce qui est de nature à renforcer plus encore la valeur des actifs immobilisés du groupe”. D’autant plus que Telenet, le concurrent flamand de Voo, est beaucoup plus endetté.

Voo pourrait à l’avenir fournir des gros bénéfices.

Deuxièmement, Voo pourrait à l’avenir fournir des gros bénéfices. L’entreprise, qui était au départ plombée par son fort taux d’endettement initial, a commencé à fournir des bénéfices à partir de 2015 jusqu’en 2017. Exceptionnellement, l’année 2018 s’est soldée par une perte mais celle-ci est justifiée par un énorme investissement de 160 millions €.  Les investissements combinés avec la fin du remboursement d’un gros emprunt présagent de meilleures retombées financières pour 2019 et donc des dividendes pour les communes, comme le dit l’Echo du 5 mai 2017 : “Dès 2019, donc, Voo devrait se montrer sensiblement plus profitable.” En fait, tous les avis s’accordent sur le fait que VOO devrait devenir plus profitable dans les années à venir. Dans le rapport d’audit sur Publifin commandé par le gouvernement Wallon en 2016, celui-ci notait que VOO se portait bien : « Les performances des secteurs GRD (la distribution de gaz et d’électricité, NDLR) et VOO sont, dans l’ensemble, en ligne voire supérieures à celles d’entreprises comparables” ». Les entreprises comparables sont, pour Voo, avant tout le concurrent flamand Telenet. Et il suffit de constater le bénéfice net de Telenet pour 2017 et 2018 pour se rendre compte que Voo est loin d’être un fond perdu. En 2017, Telenet a réalisé un bénéfice net de 111 millions € et en 2018 un bénéfice net de 252 millions €. Il y a donc, en cas de privatisation de Voo, pour l'acquéreur potentiel, un bénéfice substantiel à la clé. C'est ce que Telenet a compris. Dans une interview dans L’Echo, son dirigeant, John Porter, explique que Telenet aurait remis une offre qui oscille entre 1 et 1,3 milliard d'euros pour le rachat de Voo, bien au-dessus du montant proposé par Providence. (1) Et Telenet n'est pas le seul à valoriser l'entreprise à cette hauteur : le crédit suisse évoquait par exemple une valorisation de 1 milliard et trois cent millions €. Quoi qu'il en soit, c'est bien loin du montant fixé entre le potentiel acquéreur Providence et Voo, pour la valorisation de l'entreprise qui aurait été évaluée par ces deux acteurs à un peu plus de 600 millions €... (2)

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que Stéphane Moreau et Pol Heyse se sont arrangés pour devenir des futurs actionnaires de la société en cas de rachat par Providence. Ici, précisément, Stéphane Moreau et Pol Heyse, dans les accords signés avec le fond d'investissement américain Providence, se sont octroyés ce qu'on appelle un « plan d'intéressement ». Concrètement, c'est un droit préférentiel d'entrée au capital de VOO en cas de rachat d'une partie des parts par Providence. Pour 2 millions, ils auraient pu acquérir 0,65% du capital. Et donc toucher personnellement chaque année 0,65 % des bénéfices de la société… Tout cela avec le salaire juteux qui va avec : Stéphane Moreau était destiné à devenir membre du comité stratégique de la société et Pol Heyse aurait été nommé administrateur et président du comité d'audit.

Du cash pour les projets d’investissement dans l’aéroport liégeois

La deuxième raison est que les ex-gestionnaires de Nethys et les mains invisibles qui les commandent (Jean-Claude Marcourt, Daniel Bacquelaine, ...) veulent profiter de la libéralisation programmée des infrastructures et terrains aéroportuaires pour investir dans l'aéroport liégeois. Ce qui leur permettrait de bénéficier de la gestion et de l'énorme marché immobilier que représentent les 400 hectares de terrains à valoriser autour de l'aéroport liégeois (à comparer aux 18 hectares qui sont à valoriser autour de l'aéroport carolo). Acquérir le droit de gestion de l’aéroport et donc le droit de valoriser les terrains nécessite des fonds et des capitaux en grande quantité. Ces capitaux pourraient être obtenus par la vente de Voo.

L’emballage de l’emploi

Pour faire passer la pilule, il faut bien un emballage. Cet emballage, c'est la promesse de la garantie d'emploi.  « Ne vous inquiétez pas, l'emploi sera sauvegardé », avancent les défenseurs de cette privatisation à tous ceux, nombreux, qui s'en inquiètent. Et pourtant, il y a matière à s’inquiéter. Notamment pour les 450 travailleurs de WBCC, une filiale de VOO SA, qui sont occupés dans un call center aux Hauts Sarts, à Herstal et plusieurs centaines à Seraing. Ces emplois sont facilement délocalisables. Une partie d'entre eux sont des travailleurs d’Enodia qui sont mis à disposition par l’intercommunale à sa filiale Nethys.

Comment faire confiance à Providence ? Le désert économique dans le bassin liégeois est basé sur la confiance octroyée aux promesses d'une multinationale.

Pour défendre l'option de la vente, Stéphane Moreau et tous les responsables politiques qui s'alignent sur cette option martèlent que l’offre de Providence garantirait l'emploi et le maintien du centre de décision à Liège. Comment ? Les parts publiques des communes et de la province de Liège bénéficieraient d'une sorte de droit de véto au sein de la future société qui leur permettrait de bloquer toute décision concernant l’emploi et d’éventuelles menaces de délocalisation. Ce droit de veto fonctionnerait, même s'ils venaient à devenir minoritaires dans l'actionnariat.

Mais comment faire confiance à un fond d’investissement américain ? Le désert économique dans le bassin liégeois est basé sur la confiance octroyée aux promesses d'une multinationale. Les activités du call center sont très facilement délocalisables dans d’autres pays. Le modus operandi de Providence est toujours d’acheter au prix le plus bas et de revendre au prix le plus élevé pour redistribuer les bénéfices aux actionnaires privés. Pourquoi en serait-il autrement à Liège ?

Que faire ? Le choix d’une entreprise démocratique publique (EDP) pour une société d'avenir

L'option du statu quo n'en est pas une. Celle de la vente n'en est donc pas une non plus. Que faire alors ? Il faut faire le choix de l’EDP. Mais est-ce possible ?

Les EDP sont des modèles au niveau de la transparence et du contrôle démocratique.

Les EDP sont des entreprises publiques, démocratiques, transparentes et visent à remplir des missions de service public de qualité. Ce ne sont donc pas des entreprises privées. Ce ne sont pas non plus des entreprises publiques qui ont le statut de société anonyme ni des sociétés publiques « autonomes » qui échappent au contrôle démocratique. Chaque EDP a sa propre spécificité , son propre objet social et sa propre finalité. Mais elles ont toutes un point commun : être des modèles au niveau de la transparence et du contrôle démocratique. La composition de leur conseil d'administration doit refléter les intérêts publics et garantir le contrôle démocratique. Il y a quatre types d'administrateurs : les représentants des actionnaires publics, les représentants des associations d’usagers et de consommateurs, les représentants des travailleurs (organisations syndicales) et des citoyens qui sont directement élus pour siéger au CA. Ces derniers sont élus, par circonscription, sur base de la superficie de la zone dans laquelle cette EDP exerce sa mission. La transparence et la publicité des documents, des séances, des interventions, est forte : les rapports du conseil d'administration se trouvent en accès libre sur le site internet, les séances sont retransmises en direct à la télévision et sur internet. Tous les citoyens, qui sont de facto à la fois usagers et contributeurs, ont le droit d’intervenir en séance.

Noo risque d'évoluer dans un marché de plus en plus concurrentiel. Mais même dans ce genre de marché libéralisé, il ne faut pas penser que le seul choix possible est celui de la privatisation. Car oui, il est possible pour une société comme Noo de survivre dans un environnement concurrentiel. Car les entreprises publiques démocratiques comme nous les concevons sont non seulement supérieures aux entreprises publiques d'aujourd'hui mais elles sont aussi de loin supérieures aux entreprises privées et autres multinationales qui ne voient dans les services et secteurs gérés par des entreprises publiques que la possibilité d'amasser du profit pour une petite minorité.

Les 6 avantages de l’EDP NOO

  1. Noo permettrait aux pouvoirs publics de contrôler le réseau, qui est l'autoroute du futur. Ce n’est pas anecdotique. Car cette autoroute de l’information est un secteur stratégique pour le fonctionnement d’une société. Qui contrôle l’accès à cette autoroute contrôle une des clés du réseau. C’est évidemment économiquement et démocratiquement plus intéressant pour la population que cette clé soit dans les mains des pouvoirs publics plutôt que dans les mains d’une multinationale.

  2. Noo suscite l'appétit des acteurs du secteur qui veulent se l'arracher afin d'en tirer le maximum de bénéfices. Dès lors, pourquoi vendre ? Les pouvoirs publics et les citoyens ont investi massivement dans cette société. Pourquoi est-ce que ces bénéfices devraient revenir au privé, maintenant qu'ils vont arriver ? Cet argent serait utile à la collectivité. Il pourrait être réinvesti dans la modernisation permanente du réseau ou redistribué soit sous forme de dividendes aux communes, soit sous forme de réduction du prix des services aux consommateurs, soit les deux.

  3. Noo pourrait bénéficier de financements publics, via des sociétés publiques d'investissements existantes. Ce ne serait donc pas un oiseau pour le chat en manque de financement.

  4. Une entreprise publique garantit, beaucoup plus qu'une multinationale, le maintien et le développement des emplois. Ensuite, elle garantit aussi la qualité de ces emplois. Elle permettrait aussi de mettre fin à l'externalisation des services et opérations remplies par l'entreprise.

  5. Noo permettrait de garantir un service digital accessible à tous. Aujourd'hui, trop de personnes sont laissées à l’écart de la transition numérique. La partie consacrée aux abonnements numériques augmente et, dans le même temps, 10 % de la population wallonne est encore complètement exclue de l'usage d’Internet. Noo pourrait contribuer à garantir des prix bas, accessibles et permettre à tout un chacun d'avoir un abonnement de base, comme un droit garanti par le service public.

  6. Enfin, via un conseil d’administration remodelé et composé de représentants de la population et des actionnaires publics, de représentants des travailleurs de l'entreprise et de représentants d'associations de consommateurs, la population pourrait exercer un contrôle beaucoup plus direct qu’aujourd’hui sur cette société.

 


(1) Outre le montant, l'opérateur télécom ajoute plusieurs conditions afin de se rendre le plus convaincant possible. Sont proposés en plus du prix de vente un investissement de 300 millions d'euros pour améliorer la vitesse ainsi que des garanties d’emploi et la garantie de laisser le centre de décision à Liège. De plus, une enveloppe de 50 millions était également prévue pour une utilisation à la discrétion de Nethys.

(2) Ce chiffre est provisoire car le prix final de la transaction n'a pas encore été arrêté. En effet, la valorisation finale doit encore être réalisée. Qu’est-ce qui pourrait déterminer une modification ? Dans les éléments qui rentrent en compte pour la valorisation finale, on retrouve notamment la question épineuse des pensions et l'apport de Brutele. En effet, si Brutele est absorbé ou racheté par Voo, il est clair que la valeur de la société sera plus élevée. Mais il n'y a pas que cet élément qui va déterminer le prix. Car la question se pose : qui va payer les pensions des travailleurs statutaires de l'entreprise ? Il semblerait que la réponse n'est pas claire encore aujourd'hui. Est-ce que Providence va accepter de payer une partie de la charge des pensions ? Et jusqu'à quel niveau ? Aucune réponse n'est disponible aujourd'hui.


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