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Ce jeudi 1er juillet, le député PTB Nabil Boukili a interpellé le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld) et le secrétaire d’État à l’Asile et à la migration Sammy Mahdi (CD&V) sur la situation des sans-papiers. Voici son intervention.

« Monsieur le Premier ministre, monsieur le secrétaire d'État, nous discutons aujourd'hui des personnes sans-papiers. Quand on parle de personnes sans-papiers, ce n'est pas quelque chose d'abstrait. On parle des travailleurs que vous croisez sur les chantiers, on parle du serveur qui vous sert un verre sur une terrasse, on parle du marchand de légumes à qui vous achetez vos légumes.

Ces travailleurs font partie de notre société et contribuent à notre économie. Ils paient leur loyer, consomment et pourtant ils ne bénéficient d'aucun droit, d'aucune protection sociale. On fait appel à eux quand on en a besoin, comme pour rénover la station Arts-Loi (des sans-papiers y ont travaillé), pourtant ils n'ont aucune reconnaissance sociale.

Cette hypocrisie a des conséquences : ces personnes sont surexploitées. On les paie jusqu'à 5 euros de l'heure, quand on les paie ! Je connais des gens à qui on promet un salaire de 1 000 euros et à qui on donne 300 ou 400 euros en fin de mois. Et ils ne peuvent même pas porter plainte ! Cette situation, à l'image de l'ensemble des travailleurs, s'est aggravée avec la crise sanitaire.

Dans ce cadre, un large front s'est constitué avec des intellectuels, des professeurs d'université, des recteurs, le monde associatif, des organisations syndicales pour les soutenir dans cette situation difficile et demander des critères de régularisation clairs et objectifs.

Ces revendications ont récolté plus de 26 000 signatures de soutien de la société civile. Monsieur le secrétaire d'État, même au sein de votre gouvernement, des partis comme le PS ou Ecolo se sont levés pour demander à trouver une solution à cette situation. Je les encourage et je les soutiens dans cette démarche. Je vous ai entendu dire dans la presse flamande que le PTB était derrière cette grève de la faim. Ceci montre votre méconnaissance du dossier et du terrain. Monsieur le secrétaire d'État, vous savez très bien que la grève de la faim n'est pas la première manière que le PTB préconise pour mener des actions. Mais la réalité, c’est que c’est votre politique qui est responsable de cette situation.

Alors Monsieur le secrétaire d’État, allez-vous enfin mettre en place des critères clairs et objectifs pour trouver une issue à cette situation dramatique ? »

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