.

Le ministre Georges Gilkinet a beau dire qu’il a arraché 1,5 milliard d’euros pour le rail, le PTB a obtenu des données budgétaires montrant que les moyens accordés au transport ferroviaire n’augmentent pas, et même qu’ils diminuent au total de 62 millions d’euros sur l’ensemble de la législature. « Malgré les promesses, on voit qu’en réalité l’austérité continue », dénonce le député PTB Marco Van Hees. Le PTB demande que des réels investissements soient fait dans la SNCB. « Vu les enjeux de mobilité et climatiques, il y a urgence », ajoute Van Hees.

 

Le ministre de la Mobilité Georges Gilkinet (Ecolo) l’a répété plusieurs fois, y compris à la Chambre le 21 octobre dernier : « Depuis le début de la législature, en plus de la dotation ordinaire, 1,510 milliard d'euros supplémentaires seront d'ores et déjà injectés dans le rail belge à mon initiative d'ici à 2024. » Le président du PS, Paul Magnette, se targue lui aussi d’investissements massifs dans le chemin de fer, et défend même le passage à la gratuité du train. Bref, la Vivaldi communique très offensivement sur le sujet.

Pourtant, dans le cadre des débats à la Chambre sur le budget 2022, le PTB a obtenu un tableau récapitulatif de l’ensemble des flux vers le transport ferroviaires au cours de la législature. Un tableau fourni par la secrétaire d’État au Budget, Eva De Bleeker (Open Vld) et qui donne une image totalement différente des moyens accordés au rail.

Le député fédéral Marco Van Hees a analysé ces chiffres et ses constats sont interpellants :

  • Si l’on se penche sur le seul budget 2022, on constate une baisse de 21 millions dʼeuros par rapport à 2021.
  • En examinant l’évolution sur l’ensemble de la législature, on constate qu’après une augmentation des moyens accordés au chemin de fer entre 2020 et 2021, ceux-ci suivent une pente descendante les trois années suivantes, de 2022 à 2024. Avec, sur l’ensemble de la législature, une baisse de 62 millions d’euros (voir graphique).

 

 

Pour Marco Van Hees, « la communication du ministre Gilkinet est particulièrement trompeuse : il échafaude une présentation faisant croire que les moyens accordés au rail ont augmenté de 1,5 milliard d’euros, alors qu’en réalité, ces moyens diminuent de 62 millions d’euros sur la législature. C’est d’autant plus plus problématique que si la Vivaldi accorde certains budgets one-shot (uniques), dont la manne européenne, il réduit d’autre part des dotations récurrentes. Lors de la prochaine législature, les budgets one-shot auront disparu et il sera très difficile budgétairement de compenser la baisse des dotations récurrentes. Cela mine donc la situation financière du chemin de fer. »

Le député PTB constate également que « sur le terrain, les associations de navetteurs et les syndicats de cheminots tirent déjà la sonnette d’alarme. Les chiffres leur donnent raison. Comment croire à un développement réel du transport ferroviaire lorsque le personnel du rail ne cesse de diminuer ? Il est interpellant de constater qu’un ministre Écolo de la Mobilité réduise les moyens octroyés au rail, alors que les enjeux de mobilité et d’environnement sont immenses. C’est d’autant plus dommageable que sous le gouvernement Michel, les moyens octroyés à la SNCB avaient déjà été fortement réduits. »

« Il est urgent que le gouvernement arrête ses belles paroles, et qu’il investisse sérieusement dans ce moyen de transport public durable qu’est le rail », conclut Marco Van Hees.

Téléchargez le dossier PTB « La Vivaldi réduits les budgets octroyés au rail »