Maison de repos : révisons le système de dépôt de plainte pour maltraitance et donnons au personnel un statut de lanceur d’alerte

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Ce mardi 3 mai, lors d’une séance de la commission des Affaires sociales du Parlement wallon, Unia (ex-Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme) soumettra son rapport concernant l’impact des mesures Covid-19 sur les droits humains dans les maisons de repos. Dans ses recommandations, l’organisme propose, entre autres, de réformer le traitement des plaintes en interne et de considérer les membres du personnel qui dénoncent des situations de maltraitance comme des « lanceurs d’alerte ».

« Ces propositions rejoignent directement deux textes que nous avons déposés ces dernières semaines au Parlement wallon, explique Germain Mugemangango, chef de file du PTB dans cette assemblée. Selon Unia, durant la crise Covid, il y a eu de la discrimination et un certain nombre d’atteintes aux droits humains au sein des maisons de repos. »

« Notre première proposition pour lutter contre ces discriminations, c’est la réforme du système de dépôt de plainte, poursuit le député de gauche. Nous voulons simplifier la procédure et mettre en place un numéro facile à retenir et gratuit permettant d’acter une plainte. Ce numéro serait mis à la disposition des résidents, des travailleurs et des familles. Notre texte n’a pas trouvé le soutien de la majorité wallonne PS-MR-Ecolo mais, après l’audition d’Unia, ils vont peut-être changer d’avis. »

La deuxième proposition concerne le personnel des maisons de repos. « Dès le lendemain de la révélation du scandale Orpea, des travailleurs du secteur qui voulaient dénoncer des maltraitances ont été menacés par leur direction, rappelle le député PTB. C’est inaccaptable. Nous voulons que la ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale (PS), fasse le nécessaire auprès des instances fédérales pour traduire dans le droit belge la directive européenne sur la mise en place d’un statut de lanceur d’alerte. Cette directive existe déjà depuis trois ans. Elle s’appliquerait aux travailleuses et travailleurs du secteur des maisons de repos ayant la volonté de dénoncer les faits de maltraitance dont ils sont témoins. Ces travailleurs doivent recevoir une protection légale adéquate pour que ces agissements soient révélés. »

Cette seconde proposition fera justement l’objet d’une discussion en commission ce mardi 3 mai, dans la foulée de l’audition d’Unia. « Comme c’est une idée qui figure dans la liste des recommandations d’Unia, j'ose espérer que notre texte trouvera le soutien nécessaire auprès de la majorité wallonne », conclut Germain Mugemangango.