Photo Sander de Wilde.

150 patients et soignants de Médecine pour le Peuple se sont rassemblés aujourd’hui devant le Parlement pour protester contre les plans du gouvernement d’introduire des sanctions envers les travailleurs malades de longue durée. C’est une approche tout à fait erronée du problème. Les manifestants demande du respect pour les malades de longue durée plutôt que des sanctions.

Plusieurs patients ont témoigné de leur situation. Patricia est infirmière, Danny est mécanicien, Freddy peintre dans le bâtiment et Caroline aide-ménagère. Chacun et chacune a son parcours, mais ils et elles ont une chose en commun : ils et elles sont usés par leur travail. La pression au travail est trop forte et leur employeur ne veulent pas prévoir du travail adapté. Tous les quatre sont choqués par les plans du gouvernement. Ils se sentent incompris et stigmatisés. « Je voudrais bien que tous ces ministres viennent travailler une semaine avec nous, explique Freddy, mégaphone à la main. Dans la construction, dans le métal, dans le nettoyage, dans les soins... Comme ça ils comprendraient la colère des travailleurs et des travailleuses contre leurs mesures. »

Les orateurs déplorent aussi le fait que le gouvernement ne s’attaque pas aux causes du grand nombre de malades de longue durée que compte notre pays. Les employeurs ne prévoient pas assez de travail adapté. La pression au travail et la flexibilisation du marché du travail contribuent aussi aux maux de dos et aux burn-outs. Par ailleurs, l’âge de la pension est bien trop élevé pour de nombreux travailleurs.

Médecine pour le Peuple a récemment mené une étude auprès de 935 patients âgés de 55 à 65 ans. La moitié ne pense pas que sa santé lui permettra de travailler jusqu’à 67 ans.

Alors que le gouvernement ne touche pas aux causes et que la prétendue « responsabilisation » des patrons s’avère être une coquille vide, la pression est mise sur les malades.

Un tiers des malades de longue durée est absent en raison de problèmes psychologiques. Les soignants expliquent que ces patients sont déjà rongés par un sentiment de culpabilité. La menace d’une perte de 2,5 % de leur indemnité s’ils ne coopèrent pas suffisamment ne fera qu’augmenter leur stress, expliquent les psychiatres.

Sofie Merckx, médecin à Médecine pour le Peuple et députée PTB, a également pris la parole : « Avec notre action, nous donnons la parole à celles et ceux que le gouvernement vise et veut présenter comme des profiteurs. Aujourd’hui, notre pays compte 500 000 travailleurs malades de longue durée. Tant que les employeurs ne donneront pas de travail adapté, tant que les mécanismes qui sont à l’origine de ces maladies ne sont pas combattus (travailler plus longtemps, flexibilité, disponibilité permanente, faire toujours plus avec toujours moins de personnel, etc.), rien ne va changer. Le gouvernement s’en prend aux victimes, et, si on continue comme ça, on aura 600 000 malades l’année prochaine. Mettre la faute sur les malades n’est pas acceptable et cette nouvelle vague de stigmatisation ne va rien résoudre. D’autant que la responsabilisation des employeurs qui a été annoncée semble être totalement inefficace. »

« Le PTB et Médecine pour le Peuple ne sommes pas seuls à émettre cette critique, ajoute-t-elle. Des soignants, les mutualités chrétienne et socialiste, les syndicats… ont déjà réagi avec beaucoup de critiques sur ces mesures contre les travailleurs malades. »

« Nous continuons le combat et demandons que le gouvernement revienne sur sa décision », conclut Sofie Merckx.