Sofie Merckx. (Photo Elio Germani)

Médecine pour le Peuple (MPLP) a mené un premier projet pilote de suivi des contacts avec ses patients. Les médecins et infirmières de MPLP ont testé les personnes qui habitent sous le même toit que leurs patients possiblement infectés par le coronavirus.

« Cette première expérience nous apprend avant tout combien la connaissance du terrain et une relation de confiance avec le patient sont importantes dans le traçage des contacts, explique Sofie Merckx, médecin généraliste à Médecine pour le Peuple et députée fédérale PTB. Pour l’instant, on ne sait toujours pas comment va se passer la collaboration entre les futurs agents de traçage que les pouvoirs publics doivent recruter et les acteurs de la première ligne. Le suivi des contacts ne peut en effet réussir que si celui-ci s’opère en étroite collaboration avec la première ligne. Nous demandons au gouvernement de faire de la coopération entre la première ligne et les équipes de suivi des contacts une priorité. » C’est pourquoi MPLP demande une action rapide de la part du gouvernement.

Vu le retard pris par le gouvernement dans le déploiement du traçage des contact, le réseau de maisons médicales MPLP est lui-même passé à l’action avec un projet pilote pour tester, suivre et confiner (TSC). « Et cela s’est avéré un succès, souligne Sofie Merckx. Sur les 120 patients que nous avons contactés dans la phase initiale, 89 voulaient participer au projet. Après une analyse plus approfondie, il s’est avéré intéressant de tester les contacts de 50 patients. Sur ces 50 patients, 34 ont été effectivement testés à un moment de testing collectif. Pour nous, cela démontre l’importance d’une implication de la première ligne dans cette opération : la connaissance du terrain et la confiance sont essentielles. »

Sur les 34 familles testées, deux cohabitants ont été testés positifs au Covid-19. « Grâce à notre suivi des contacts, nous avons pu détecter de manière proactive deux nouveaux cas de coronavirus et pu ensuite aider à les confiner », explique Sofie Merckx. En même temps, nous avons effectué un travail de prévention auprès des 89 familles contactées tout au long du projet en les informant sur le virus et en les accompagnant dans les mesures à prendre pour éviter l’infection.

Une telle recherche de contacts demande beaucoup de travail et une très bonne connaissance du terrain. « Il nous a fallu beaucoup de temps pour contacter tout le monde de la bonne manière, poursuit Sofie Merckx. Cela nous a pris 50 heures de coups de téléphone au total pour joindre 89 familles. Nous n’avons pas pu atteindre 31 familles pendant la période impartie pour l’étude. Cela prend du temps pour réussir à avoir tout le monde en ligne, mais aussi – et surtout – pour gagner la confiance des gens pour bien faire les choses. »

« Pour l’instant, on ne sait toujours pas comment va se passer la collaboration entre les futurs agents de suivi que les pouvoirs publics doivent recruter et les acteurs de la première ligne, observe Sofie Merckx. Pourtant, cela nous semble fondamental. Le suivi des contacts ne peut réussir que si celui-ci s’opère en étroite collaboration avec la première ligne. C’est nous qui connaissons le mieux nos patients. Nous appelons le gouvernement à faire de la coopération entre la première ligne et les équipes de suivi des contacts une priorité. Nous sommes bien placés pour aider les patients à appliquer les mesures visant à prévenir la propagation du virus. »

En effet, cela n’est pas toujours évident : pas moins de 30 % des patients interrogés n’avaient pas du tout ou insuffisamment appliqué les règles d’isolement à la maison. « Cet isolement à domicile n’est pas évident pour de nombreux patients parce qu’ils ne connaissent pas très bien les règles ou, très souvent, parce que ces mesures sont pratiquement inapplicables au vu de leur situation familiale, constate Sofie Merckx. Mais il y a aussi encore de nombreuses questions sur la façon dont les gens peuvent rester chez eux pendant deux semaines, même s’ils ne sont pas ou peu malades. Il faut trouver une solution à ce problème, avec le maintien du salaire complet. »


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  • Jean-Philippe Wéry
    a commenté 2020-05-10 00:56:12 +0200
    Actif au sein de mon quartier pour beaucoup de personnes intergenerationelles, multiculturelles dans la mesure du possible j’essaie d’établir le dialogue, de comprendre pourquoi ni le confinement ni la distanciation sociale, ni l’usage correct d’un masque ou de gants n’existe pas.

    Je trouve affligeant la méconnaissance réelle de la situation de personnes qui honnêtement ne savent pas comment s’utilise les matériels de protection, à quoi sert une distanciation physique, ou encore tout simplement ce que signifie être porteur, (a)symptomatique, ou encore que ne pas être visible ne signifie pas sans danger.

    A l’heure d’une société surmédiatique information vulgarisée ou non n’existe pas.

    Il y a urgence également d’informer avec respect.

    J’ai eu l’occasion de voir une patrouille de police intervenir sans répressions, de manière éducatives tout en expliquant l’importance de leur présence pour la communication plutôt que d’intervenir sur d’autres faits judiciaires que ces jeunes étaient entrain de commettre. Résultats : 3 jeunes sont rentrés directement chez eux en respectant la distanciation physique, des faits de droits communs stoppés, une prise de conscience suffisante pour de faire de la prévention avec effet le lendemain auprès d’autres jeunes.

    Moralité même si il s’agit d’un faible pourcenrage de la population, l’éducation sur le terrain est plus productive que la répression et diminues des tentions là où elles n’ont pas de raisons d’etre. Toutefois depuis le début du confinement c’est la première fois que je constate de la prévention plutôt que de la répression ou de fermer les yeux. Notre système d’éducation, surtout dans des quartiers dit sensibles, doit être d’urgence remis en question. On ne peut pas demander un respect d’un confinement sans une éducation et une prévention.

    Qui n’a jamais fait où braver l’interdit justement parce que c’est l’interdit ou sans savoir le pourquoi du comment ?

    L’éducation et la prévention peut aussi se propager comme le virus. Question de choix de société et non d’individus
  • Pierre Baltus
    a commenté 2020-05-06 00:06:33 +0200
    Bonsoir Me Merckx, est ce qu’il existe un proces lors de contactes de la 1ere ligne, vers les citoyens? De quel manière MPLP est elle rentrée en contacte téléphonique et sur quels points rassurer les gents et leur donner confiance? Vous dites connaitre le terrain pour agire plus rapidement pour TSC, de quels manières former les agents de première ligne?

    Merci Madame Sofie Merckx pour votre retour, et pour vôtre travail. Merci pour eux.

    Pierre B.

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