Loi pandémie : un nouveau projet qui recycle les mêmes méthodes, dangereuses pour nos droits démocratiques et inefficaces

Photo Belga

Ce mardi, le projet de loi pandémie a été déposé par le gouvernement Vivaldi. Un projet qui présente de nombreux dangers pour nos droits et libertés, selon le PTB. Celui-ci avait déjà eu l’occasion, lors des débats en commission de l’Intérieur et en séance plénière, de s’y opposer vivement.

 

« Quand je vois les annonces du gouvernement, j’ai l’impression qu’on n’a pas assisté aux mêmes auditions, s’étonne Nabil Boukili, député PTB. On ne change rien à la logique du texte. Le gouvernement tient toujours le premier rôle : c’est lui qui déclare la situation d’urgence épidémique et c’est lui qui décide des mesures, comme il le fait déjà depuis plus d’un an. Au final, on est face à une loi de pouvoirs spéciaux déguisée, qui légalise ce qui était illégal jusqu’ici, et par laquelle on est censé donner un chèque en blanc au gouvernement. »

Quant aux mesures envisagées, elles sont elles aussi identiques à celles utilisées depuis un an pour lutter contre la pandémie. Il s’agit d’un autre point sur lequel le parti de gauche marque son désaccord : « Cela fait un an que ces recettes sont appliquées, et on en est toujours au point de départ. Les commissions sur la gestion de la crise ne sont pas terminées. Pourtant, le gouvernement veut graver dans le marbre sa stratégie, comme s’il en tirait un bon bilan. Pas sûr que le peuple soit de cet avis… », poursuit le député fédéral.

Une nouveauté en particulier fait bondir Nabil Boukili : la possibilité, pour le gouvernement, de réquisitionner des personnes qu’il juge « nécessaires » dans le cadre de la lutte contre la pandémie. Une possibilité qui évoque la réquisition de soignants, qui avait fait l’objet d’une véritable levée de boucliers des syndicats en 2020. Une véritable insulte faite à ces travailleurs qui ont démontré leur dévouement depuis le départ. « Par contre, la réquisition des entreprises – pour la production de masques par exemple – n’est pas dans le texte. Pas plus que la levée des brevets sur les vaccins. Le gouvernement veut réquisitionner les héros du corona mais il est plus frileux quand il s’agit des multinationales ! »

Enfin, Nabil Boukili dénonce le caractère répressif du texte, maintenu dans le projet final : « On y retrouve cette même logique de contrôle et de punition, avec des amendes de 500 euros. C’est deux fois plus que le montant actuel des transactions. On n’est pas d’accord avec le principe de cette approche répressive, ni avec le montant, qui est le même quels que soient vos revenus. Or, on sait que ces amendes ciblent avant tout des particuliers parmi les plus précarisés, et que les grandes entreprises ne sont quasiment pas touchées. C’est une gifle à toutes ces personnes qui font de leur mieux pour respecter les mesures, comme ces travailleurs d’AB InBev à Jupille qui ont dû faire grève pour que l’entreprise les respecte ! »

Pour le PTB, les choses sont très claires : le gouvernement doit renoncer à son projet de loi pandémie.

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