95 emplois sont menacés chez le leader du verre plat AGC. (Photo Belga)

La société AGC, leader mondial dans la production de verre plat, veut licencier 95 travailleurs en Belgique. « Grâce aux mesures d’aide du gouvernement, et avec une petite contribution financière supplémentaire, AGC peut réduire le temps de travail à 30h/semaine avec maintien du salaire pour ses travailleurs », explique André Van Deuren, porte-parole du PTB Brabant Wallon. « Ça permettrait à AGC de sauver tous ces emplois. Cette piste doit vraiment être envisagée. »

Jeudi 2 juillet, veille des vacances, la direction d’AGC Glass Europe a annoncé vouloir se séparer de 95 de ses 606 travailleurs sur son site de Louvain-La-Neuve. « C’est un scandale qu’une entreprise hyper bénéficiaire mette 95 personnes à la porte », estime André Van Deuren. « Nous avons bien analysé la situation : il y a des pistes sérieuses pour sauver l’emploi. »

Une de ces pistes, c’est la réduction du temps de travail. Une mesure préconisée par le gouvernement puisque, fin juin, celui-ci a créé un incitant financier pour encourager les entreprises en difficulté à réduire le temps de travail plutôt que de licencier. Chez AGC Glass Europe, il est possible de réduire le temps de travail des 606 employés de Louvain-La-Neuve à 30h/semaine (avec maintien des salaires). Cela permettrait de sauver l’intégralité des emplois.

C’est possible, grâce à aux mesures d’aide publique d’une part, et si AGC accepte de contribuer d’autre part. « Pour rendre cette réduction du temps de travail effective, l’entreprise devrait débourser à peu près 7,8 millions d’euros en plus de l’aide publique. Cela représente à peine un centième de ce que la société a gagné l’année passée. C’est parfaitement faisable », estime André Van Deuren.

Le groupe AGC a réalisé 737 millions de bénéfices en 2018 et plus de 2,18 milliards sur les cinq dernières années. Le leader mondial du verre est également membre du groupe japonais Mitsubishi, dont les profits avoisinent les 9,5 milliards d’euros en 2018 et 2019. « L’AGC n’est pas en crise. Elle fait partie d’un groupe mastodonte qui déborde de ressources. Quand tout va bien, les actionnaires empochent les profits, mais quand la situation se complique, ce serait aux travailleurs de payer ? Non ! », estime André Van Deuren. « En cette période difficile, nous devons impérativement protéger les travailleurs et les salaires. S’il y a un ralentissement d’activité, réduire le temps de travail est la meilleure solution pour sauver l’emploi », conclut le porte parole du PTB Brabant Wallon.


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