Photo Belga.

Le peuple cubain a récemment été confronté à de graves difficultés économiques et sociales dans sa vie quotidienne. Il y a une grande pénurie de carburant, ce qui entraîne également des retards importants dans la distribution de nourriture. La crise énergétique entraîne des périodes quotidiennes de coupure obligatoire de l'électricité, avec tous les désagréments que cela comporte. Les gens font de longues files d'attente pour des produits qui se font rares. L'économie de l’île et les familles cubaines manquent cruellement de devises fortes (dollars ou euros). L'économie s'est contractée de 11 % l'année dernière, le secteur important du tourisme s'est effondré en raison de la pandémie de Covid-19. Mais, surtout, les effets du lourd blocus économique et financier qui pèse sur l'île se font cruellement sentir.

Le blocus étasunien contre Cuba dure depuis des décennies. Il était déjà dur, mais l’ancien président des États-Unis Donald Trump a ajouté 243 sanctions supplémentaires contre Cuba. Celles-ci rendent presque impossible l'envoi de devises étrangères par des proches de l'étranger. Par exemple, la fameuse société de transfert d'argent Western Union a dû fermer ses portes à Cuba. Les États-Unis refusent aussi l'accès à leur marché aux entreprises européennes qui investissent ou font du commerce avec Cuba. Conséquence : le commerce et les investissements européens à Cuba ont également fortement diminué. Combien de temps l'économie belge tiendrait-elle si elle devait faire face à un tel embargo ?

Le nouveau président des États-Unis, Joe Biden, n'a rien changé à cet égard. Comme son prédécesseur, il ne tient aucun compte des résolutions de l'ONU ni du droit international. Cuba figure toujours sur la liste américaine des « pays qui soutiennent le terrorisme ». Étrange forme de terrorisme que ce petit pays qui fournit des brigades médicales internationales pour ceux qui ont besoin d'aide humanitaire, au Nord et au Sud, et qui développe des vaccins uniques contre le Covid-19 tout en étant prêt à les partager avec d’autres pays.

En plus du blocus et de ses graves conséquences, il y a eu récemment une flambée de la pandémie de corona, avec une augmentation significative des contaminations et des décès. Le long confinement a eu, à Cuba aussi, un impact psychologique non négligeable sur la population, en particulier chez les jeunes. Et, lorsque le système de santé local de la province de Matanzas a craqué sous la pression, malgré les grands efforts du personnel de santé cubain, cela a été un choc pour beaucoup.

Le mécontentement et l'impatience compréhensibles d'une partie de la population s'expriment désormais par un certain nombre de manifestations contre le gouvernement cubain, avec plusieurs milliers de participants, dans différentes villes. Les dirigeants cubains, avec à leur tête le président Miguel Díaz-Canel, reconnaissent les problèmes, vont dans les quartiers parmi les gens et essaient de dialoguer avec eux. Sans pour autant être capable d'apporter des solutions immédiates, dans une situation objectivement très complexe.

Certains manifestants ont profité de cette situation pour demander un « couloir humanitaire » vers Cuba, une sorte d’« intervention humanitaire ». Les États-Unis étaient sur le qui-vive, les premiers à soutenir les protestations – s’ils n’en sont pas les instigateurs, voire les organisateurs. Cependant, la plus grande attaque contre la situation économique, sociale et sanitaire du peuple cubain reste le blocus que Washington impose à Cuba depuis 60 ans, rendant impossible toute relation économique et financière normale avec le pays. Surtout en période de pandémie, le blocus a un coût humanitaire particulièrement lourd. Le mois dernier, l'Assemblée générale des Nations unies a donc voté à la quasi-unanimité une résolution visant à lever ce blocus, avec seulement deux votes contre - les États-Unis et Israël.

Le PTB demande la levée immédiate du blocus américain sur Cuba et la fin de toutes les ingérences et tentatives d’« intervention humanitaire » étasuniennes. La seule action humanitaire efficace est la levée du blocus. Cela pourrait donner aux Cubains l'oxygène nécessaire pour s'attaquer aux problèmes sociaux, économiques et sanitaires.

Depuis 60 ans, Cuba est une référence pour les peuples d'Amérique latine et au-delà qui résistent à la domination de l'impérialisme des États-Unis. Le PTB exprime sa solidarité avec le peuple cubain et avec le projet de société sociale qu'il développe en toute indépendance.

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