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Pas moins de 122 pays ont ratifié un traité interdisant les armes nucléaires. Un événement historique. Et que fait notre gouvernement ? Rien, il ne bouge pas.

Outre le Covid-19, il existe trois menaces pour la vie sur Terre, sur lesquelles nous devons agir en 2021 : le changement climatique, l'assaut néolibéral sur notre État-providence, et la menace de guerre nucléaire. C'est ce qu’affirme l'universitaire de renommée mondiale Noam Chomsky.

En matière de sécurité, la situation internationale est catastrophique. Aujourd'hui, plus de 90 % des 13 865 armes nucléaires du monde sont détenues, à parts quasiment égales, par la Russie et les États-Unis. Au lieu d'arrêter la course aux armements nucléaires, les États-Unis ont prévu d’investir environ 1 000 milliards de dollars pour moderniser leur arsenal nucléaire, pour fabriquer davantage de bombes nucléaires « déployables ». Les bombes nucléaires B-61 des États-Unis qui se trouvent à Kleine Brogel sont également en train d’être modernisées. L'époque où les armes nucléaires  n’étaient que des moyens de dissuasion est révolue. Aujourd'hui, l'utilisation d'armes nucléaires est rendue de plus en plus possible et acceptable, y compris en réponse à une attaque non nucléaire. 

Le traité de l’ONU sur l'interdiction des armes nucléaires

Le 7 juillet 2017, pas moins de 122 pays ont signé un traité interdisant les armes nucléaires. Ce n’est pas qu’un morceau de papier symbolique : c’est un traité contraignant, que l'on peut qualifier d'historique. Le Honduras est devenu le 51e pays à le ratifier à la fin de l'année dernière. Cet accord pouvait entrer en vigueur dès le 22 janvier. La Belgique et tous les autres pays de l'OTAN (l'alliance militaire transatlantique) ont refusé de le signer.

Le traité interdit l'utilisation, la menace d'utilisation, le développement, les essais, la production, l'acquisition, la possession, le stockage et le transfert d'armes nucléaires. Cela signifie que les armes nucléaires seront enfin interdites, tout comme les armes chimiques et biologiques sont illégales depuis des années.

« C'est un moment historique. Jamais auparavant l’idée d’un monde sans armes nucléaires n'a été aussi populaire. Et que fait notre gouvernement ? Rien, il ne bouge pas. » C’est en ces termes que Roberto D'Amico, député PTB, dénonçait la situation à la commission Défense. 

L’hypocrisie du gouvernement belge

Depuis le début, la Belgique boycotte ce processus, dans lequel la majorité des pays du globe témoignent de leur aspiration à un monde sans armes nucléaires. Pourtant, l'accord de coalition du gouvernement Vivaldi offre une ouverture. Nous lisons dans cet accord que la Belgique « vérifiera [...] comment le Traité des Nations Unies sur l’interdiction des armes nucléaires peut donner un nouvel élan au désarmement nucléaire multilatéral ». « C’est bien joli de plaider pour moins d'armes nucléaires dans toutes sortes de forums internationaux, mais notre gouvernement ferait mieux de lancer un débat transparent sur la suppression des armes nucléaires nord-américaines stockées à Kleine Brogel », répond Roberto D'Amico.

À l’approche des dernières élections, plusieurs partis aujourd’hui au gouvernement plaidaient pourtant pour la signature du Traité des Nations unies sur l'interdiction des armes nucléaires, et pour la suppression des armes nucléaires américaines à Kleine Brogel. Qu'est-ce qui les en empêche maintenant ? 

Les Belges ne veulent pas d'armes nucléaires
En Belgique aussi, l’idée d’un monde sans armes nucléaires est très populaire. Un récent sondage montre que 77 % de la population souhaite que la Belgique signe le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TPNW). On sait aujourd’hui aussi que les Belges ne font pas figure d’exception. En Espagne, 89 % de la population souhaite que leur pays adhère au traité, 87 % en Italie, 86 % en Islande, 78 % aux Pays-Bas et au Danemark. 

Les F-35
La ministre de la Défense Dedonder (PS) a confirmé en décembre de l'année dernière que les nouveaux F-35 peuvent transporter des armes nucléaires. 

Le PTB demande que le gouvernement belge signe immédiatement le traité des Nations unies et qu'il mène d’urgence un débat transparent sur la suppression des bombes nucléaires de Kleine Brogel.

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