L’année dernière, nous étions dans la rue à l’occasion du 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Cette année, des actions respectant les mesures sanitaires sont organisées partout dans le pays. (Photo Solidaire, Dieter Boone)

Selon le dernier rapport de la Commission nationale d’évaluation de l’IVG, trop de femmes doivent encore se rendre aux Pays-Bas afin de se faire avorter à cause d’un délai trop court en Belgique et il faut d’urgence dépénaliser l’avortement. Mais les partis de la Vivaldi ne sont pas pressés, malgré ce qu’ils avaient déclaré lors de la formation du gouvernement...

Le dernier rapport bisannuel de la Commission nationale d’évaluation de l’IVG confirme les tendances observées dans les rapports des années précédentes : le taux d’avortement est stable, près de 500 femmes se rendent encore et toujours aux Pays-Bas pour interrompre une grossesse au-delà de 12 semaines et un accès gratuit à la contraception est indispensable pour prévenir les grossesses non désirées.

Selon des statistiques de la Commission nationale d’évaluation de l’IVG, 444 femmes belges sont allées avorter aux Pays-Bas en 2018, où l’IVG est autorisée jusqu’à 22 semaines de grossesses. Elles étaient 472 en 2017.

Les centres de planning familiaux soulignent également ce phénomène dans le rapport : « Certaines femmes, plus fragiles, se présentent au-delà des 12 semaines de conception : le délai pendant lequel une grossesse peut être interrompue est trop court. »

Les demandes d’avortement tardif sont un domaine dans lequel la Belgique ne prend pas ses responsabilités. Pour offrir un véritable accompagnement aux femmes obligées de se rendre à l’étranger pour avorter, le PTB défend la proposition de loi qui veut étendre le délai légal pour avorter à 18 semaines de grossesse.

Plusieurs partis s’étaient positionnés pour défendre cette proposition de loi. Mais, entre-temps, certains d’entre eux ont signé un accord de gouvernement et ont reporté cette loi à plus tard, histoire de convaincre un parti, le CD&V, d’entrer dans le gouvernement Vivaldi. Ces partis ont assuré que la proposition de loi n’était pas enterrée. L’accord de majorité prévoit une enquête scientifique préliminaire. Cependant, le commission qui doit réaliser cette étude n’a pas encore été constituée... Pourtant, le rapport de la Commission d’évaluation montre qu’il y a urgence...

Le rapport montre également que la contraception est inabordable pour un certain nombre de femmes. En effet, si la contraception est remboursée jusqu’à 25 ans, on constate que la majorité des femmes pratiquant une IVG se situe dans la tranche d’âge 25-35 ans. Elles représentaient 69,62 % en 2018 et 69,36 % en 2019 des femmes ayant eu recours à une IVG. Au vu de ces chiffres, la tranche d’âge 25-35 ans doit faire l’objet d’une attention particulière en ce qui concerne la contraception qui reste principalement de la responsabilité des femmes, tant financièrement que psychologiquement. C’est pourquoi nous voulons également des politiques de prévention efficaces, notamment en facilitant l’accès à la contraception et en menant des campagnes de sensibilisation.

Plusieurs défauts à supprimer

La loi qui encadre l’IVG en Belgique comporte des gros défauts à supprimer : délai légal de 12 semaines, délai d’attente de 6 jours avant de pouvoir effectuer une IVG et sanctions pénales toujours prévues dans la loi.

Le PTB regrette vivement que les partis de la majorité bloquent actuellement toute discussion sur la proposition de loi qui améliorait ces 3 points. Les droits des femmes ont servi de monnaie d’échange dans le cadre d’un accord de coalition. Avec la crise du coronavirus, les grossesses non désirées qui dépassent les 12 semaines ont augmenté. La baisse des visites aux centres de planning familial en est la cause.

Le rapport de la Commission d’évaluation sera discuté au Parlement le 9 mars. Nous ne manquerons pas d’interpeller les partis qui soutenaient il y a encore 6 mois des avancées dans le domaine de l’IVG.

Le 8 mars, nous manifesterons pour les droits des femmes. La lutte pour les droits des femmes, pour leur droit à disposer de leurs corps, pour le droit à la santé sexuelle et affective, pour un accès gratuit à la contraception, pour l’augmentation de leur salaire et leur pensions, contre les violences qu’elles subissent, etc. bénéficie à tout le monde, femmes et hommes. 

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