Photo Solidaire.

Ce lundi 4 février, Peter Mertens, président du PTB, a présenté la tête de liste bruxelloise du parti de gauche pour les élections fédérales. Il s'agit de Maria Vindevoghel. Cette ouvrière et syndicaliste a travaillé une grande partie de sa carrière à l'aéroport de Zaventem, comme nettoyeuse. « Les travailleurs et travailleuses ont aussi le droit de voir enfin l'une des leurs au Parlement », estime-t-elle.

« Je connais Maria depuis longtemps, explique Peter Mertens, président du PTB. Comme syndicaliste et ardente porte-parole de la résistance à la faillite de la Sabena en 2001. Je suis très heureux de pouvoir la présenter comme tête de liste à Bruxelles pour le Parlement fédéral. Elle avait déjà un mégaphone en main à l'aéroport, nous voulons maintenant lui offrir un mégaphone au Parlement fédéral. Aujourd'hui, nous avons deux élus au Parlement fédéral. Nous voulons au moins quadrupler ce nombre, pour arriver à au moins huit députés. Et nous voulons absolument que Maria Vindevoghel, une ouvrière néerlandophone de Bruxelles, en soit. Nous avons l’ambition d’avoir un groupe au Parlement fédéral avec des élus des trois Régions du pays. Ce serait unique. Et plus que jamais nécessaire, maintenant que les régionalistes et les séparatistes veulent continuer à diviser le pays. »

Il est grand temps que des travailleurs et travailleuses siègent au le Parlement

Maria Vindevoghel, 61 ans, n'est pas une inconnue du grand public. Elle a été l'une des porte-paroles des travailleurs lors de la faillite de la Sabena en 2001. Nettoyeuse dans les avions, elle était alors déléguée syndicale (CSC). Un engagement qu'elle a continué par après.

Cette habitante de Molenbeek depuis plus de 30 ans tirera donc la liste du PTB à Bruxelles lors des élections fédérales de mai prochain. Une place importante à laquelle le parti de gauche est fier de pouvoir placer une ouvrière. « Il est grand temps que des travailleurs et travailleuses soient enfin présent.e.s dans le Parlement, a-t-elle déclaré lors de cette conférence de presse. Les travailleurs et travailleuses ont aussi le droit de voir enfin l'une des leurs au Parlement. Aujourd'hui, les politiciens votent des mesures pour allonger les carrières, pour rendre impossible de prendre un crédit-temps avant 60 ans... Ils ne se rendent pas compte de l'impact de ce genre de mesures sur la vie des gens. Charger et décharger un avion, le nettoyer… faire cela à temps plein toute sa carrière est impossible. J'ai vu cela toute ma carrière. La plupart de mes collègues demandent de prendre un crédit temps à 55 ans. Cela risque d'être bientôt impossible. Il faut des travailleurs au Parlement, qui connaissent ces réalités, pour porter la voix de ceux qui subissent les conséquences de ce genre de mesures et empêcher que des politiques de casse sociale passent facilement sans faire de bruit. »

« Si je suis élue, je m'engage à continuer à vivre avec un salaire de travailleuse »

Autre thème qui lui tient à cœur : le pouvoir d'achat. « Quand j'entends ces ministres dire que "tout le monde est dans le même bateau", ça me met en colère. Il n'y a jamais eu autant de richesses produites en Belgique, et on a vu quelqu’un comme Étienne Davignon, patron de Brussels Airlines, dire que, pour lui, "100 millions d'euros de plus ou de moins, ça ne changeait rien". Et, après, on nous dit que nos salaires ne pourront pas augmenter de plus de 0,8 % ? C’est inacceptable, et ça ne m’étonne pas qu'il y ait tant d'actions prévues dans les semaines à venir : qu'on songe aux gilets jaunes ou à la grève du 13 février. Nos salaires doivent être libres d’augmenter. »

« Par ailleurs, je suis très fière, comme femme, d'être tête de liste pour le PTB, poursuit-elle. Dans ma carrière, j'ai travaillé dans des secteurs très féminins, et j'ai vu à quel point toutes les mesures antisociales du gouvernement touchaient particulièrement les femmes. Mais j'ai aussi vu de plus en plus de femmes se lever : qu'on pense au mouvement #MeToo, aux nombreuses femmes actives chez les gilets jaunes, les jeunes filles qui sont à la tête du mouvement climatique ou encore les actions prévues le 8 mars, pour la Journée internationale pour les droits des femmes. Ça ne peut que donner espoir ! »

Le PTB était un choix logique pour Maria : « Toute ma vie je me suis battue pour et avec les travailleurs, et je veux continuer à le faire. Le seul parti qui le fait, c'est le PTB. Je serai très fière de siéger au Parlement, aux côtés de Peter Mertens, que nous voulons faire élire à Anvers, et de Raoul Hedebouw, pour défendre les travailleurs. D’autant que le PTB applique un principe que je trouve fondamental : ne pas s'enrichir. Si je suis élue, je m'engage à continuer à vivre avec un salaire de travailleuse. »

Portrait : Maria Vindevoghel, féministe, antiraciste, et figure de proue de la lutte à la Sabena

Maria Vindevoghel (61 ans) a grandi dans une famille d'agriculteurs de Flandre-Occidentale . À l'âge de 20 ans, elles s'est installée à Bruxelles. Elle habite depuis plus de trente ans à Molenbeek.

Prépensionnée, elle a deux filles désormais adultes, aime les promenades et est active dans la mouvement citoyen Hart boven Hard.

Son rôle dans la lutte contre la faillite frauduleuse de la Sabena en 2001 l'a fait connaître au plan national. En tant que membre du personnel de nettoyage, elle s'est constituée partie civile avec d'autres. « C'est nous, les travailleurs et travailleuses, qui étions les plus grands investisseurs de la Sabena. Nous devions travailler toujours plus dur, être toujours plus flexibles et faire de plus en plus de sacrifices pendant qu'une partie de la direction s'enrichissait en fraudant. »

Elle est ainsi devenue le visage de la lutte du personnel de la Sabena. « J'ai été au premier rang pour voir comment les politiques ont délibérément démoli l'entreprise. À l'époque, Elio Di Rupo était ministre des Entreprises publiques, et il fait partie des responsables qui ont permis que Swissair puisse pomper tout ce qu'il y avait à prendre à la Sabena. »

Après cela, elle a continué à exercer son métier au sein d’autres entreprises, puis, après un licenciement abusif, elle a commencé à travailler à la CSC.

Le combat pour les droits des femmes est particulièrement important pour Maria Vindevoghel. « Je ne suis pas née féministe, raconte-t-elle. Mais, en tant que déléguée syndicale dans le secteur du nettoyage, j'ai constaté dans la pratique à quel point combiner travail et famille est avant tout un problème de femmes. Ce sont elles qui, dans la plupart des cas, doivent trouver des solutions aux problèmes. Essayez d'organiser la vie quotidienne d'une famille avec des enfants quand vous recevez votre horaire juste deux semaines à l'avance ! C'est dans le quotidien, le concret, que j'ai vraiment expérimenté la nécessité du féminisme. »

« C'est aussi le fait d'être au bas de l'échelle qui m'a rendue profondément antiraciste, poursuit Maria. Le personnel de nettoyage est souvent traité avec mépris et déconsidéré. C'est aussi ce que vivent les personnes d'origine immigrée. Je suis révoltée et je deviens émotionnelle quand des gens sont discriminés ou traités comme valant moins que d'autres. »

C'est par son travail syndical que Maria est entrée en contact avec le PTB. « J'ai constaté que le PTB défendait des points de vue que moi-même je trouvais très importants, explique-t-elle. J'aime aussi les interventions de Raoul Hedebouw. Il dit les choses que les gens pensent, et de la même manière qu'eux. C'est aussi ce que je faisais en tant que déléguée syndicale. »

Et c'est aussi ce qu'elle veut faire prochainement au Parlement fédéral, aux côtés de Peter Mertens, le président du PTB que le parti de gauche veut envoyer au Parlement à partir d’Anvers. « Le monde politique est bien trop éloigné des gens. Les travailleurs et travailleuses ont le droit d'avoir au Parlement des représentants qui disent ce qu'ils et elles pensent et trouvent important. Pour moi, c'est la poursuite logique de mon engagement syndical. »


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