Photo Stefaan Van Parys.

Aujourd'hui, jour de l'examen d'entrée francophone en médecine, le PTB et Médecine pour le Peuple mènent une action symbolique à Vilvorde et Anderlecht, deux communes où il est extrêmement difficile de trouver un médecin généraliste. Le PTB ne parvient pas à comprendre que, malgré la pénurie de médecins généralistes, les gouvernements continuent de choisir de limiter le nombre de nouveaux médecins par le biais d’examens d’entrée.

La pression qui pèse sur les médecins généralistes est déjà énorme, et la pénurie ne cesse de s'aggraver. « Près de trois communes sur quatre en Flandre et une sur deux en Wallonie font officiellement face à un manque de médecins, et même Bruxelles n'est pas épargnée » , déclare Sofie Merckx, médecin généraliste et cheffe de groupe PTB à la Chambre.

En 2020, seuls 21 médecins généralistes étaient actifs à Vilvorde, alors que la commune en nécessite au moins 40. Partout, les médecins généralistes ne peuvent plus accepter de nouveaux patients ; c’est désormais le cas dans presque tous les cercles de médecins généralistes en Flandre et à Bruxelles. Comme les habitants de Vilvorde ne trouvent pas de médecin généraliste, de plus en plus de patients sont contraints de se rendre au service des urgences de l'hôpital Jan Portaels.

« Le problème va s'aggraver au cours des cinq prochaines années, prévient la députée du parti de gauche. Près d’un tiers des médecins généralistes belges ont plus de 65 ans et près de la moitié ont plus de 55 ans. Le problème concerne également Anderlecht, où la pénurie ne fera que s’accentuer étant donné que la commune dispose des médecins généralistes les plus âgés de Bruxelles. Qui les remplacera ? »

« Malgré la pénurie de médecins généralistes dans tout le pays, les gouvernements préfèrent continuer à limiter le nombre de nouveaux médecins » , explique Sofie Merckx. Ils le font via un examen d’entrée, dont la deuxième session a lieu aujourd'hui pour les étudiants francophones. Lors de la première session, en juillet, seuls 333 des 5 486 participants ont réussi, pour 989 places disponibles. En Flandre, où il n'existe plus de deuxième session depuis plusieurs années, les 1 276 meilleurs élèves sur un total de 4 643 participants ont été sélectionnés en juillet.

Le PTB a calculé le nombre de médecins généralistes supplémentaires dont nous disposerons dans quelques années avec ce nombre d'étudiants en médecine. « Celui-ci est loin d'être suffisant par rapport au nombre de médecins généralistes qui seront nécessaires pour atteindre la norme fédérale de 9 médecins généralistes pour 10 000 habitants dans chaque commune », constate Sofie Merckx.

La députée PTB remet en question le fonctionnement de la Commission fédérale de planification, qui détermine le nombre de nouveaux numéros INAMI délivrés chaque année. « Actuellement, le nombre de nouveaux médecins autorisés à être formés est tout simplement trop faible. La Commission de planification se base avant tout sur un maintien du statu quo. Elle devrait plutôt se baser sur une analyse des besoins pour déterminer le nombre de médecins généralistes que notre société nécessite. Il y a un problème fondamental avec le système actuel de quotas. Nous devons entièrement repenser notre vision de la formation des médecins et l'organisation de notre médecine générale. »

« Il est absurde que des politiques privent des étudiants enthousiastes d’un avenir dans la médecine, alors que dans tout le pays, les patients peinent de plus en plus à trouver un médecin généraliste et que ceux-ci sont submergés de travail, affirme Sofie Merckx. Si les gouvernements continuent dans cette voie, il faudra bientôt une loupe pour trouver un médecin généraliste. Il est grand temps que les gouvernements de ce pays prennent au sérieux les signaux qui viennent du terrain. Les politiques doivent se baser sur les besoins de la population et des prestataires de soins. Si c’était le cas, ils décideraient qu'il est obsolète de continuer à limiter le nombre de médecins. »