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« Il est temps que toutes les parties soient claires sur cette mesure drastique », déclare Nabil Boukili, député fédéral PTB. La proposition sera d'abord discutée au Parlement flamand mercredi. « Jan Jambon défend le couvre-feu au niveau flamand, tandis que son propre parti (la N-VA) s'y oppose au niveau fédéral, poursuit le député de gauche. Un minimum de cohérence serait la bienvenue… Le couvre-feu a été introduit et prolongé sans aucun débat démocratique. Ce débat doit avoir lieu maintenant. »

Lors du dernier comité de concertation, il a été décidé que le couvre-feu serait maintenu. Incompréhensible, selon le PTB. « Le couvre-feu va bien à l'encontre des libertés et des droits démocratiques, pointe Raoul Hedebouw, porte-parole national du PTB. Il a été introduit comme une mesure d'urgence au début de la deuxième vague, mais il est en place depuis plus de quatre mois maintenant, sans aucun débat démocratique. Même une pandémie ne donne pas aux gouvernements carte blanche pour restreindre les droits démocratiques de 11 millions de Belges. »

En proposant, dans tous les parlements, d'abolir le couvre-feu, le PTB veut faire en sorte que les autres partis se positionnent clairement sur cette mesure. « Aucun des partis qui se disent aujourd’hui contre le couvre-feu n'a mis son veto sur la table lors du précédent comité de concertation », rappelle Raoul Hedebouw.

La position des partis traditionnels est pour le moins ambiguë. En juillet dernier, lorsque le couvre-feu était d'application en province d'Anvers, Alain Maron (Ecolo) n'excluait pas de l'appliquer également à Bruxelles. Quant au PS, au pouvoir à Bruxelles et en Wallonie, il a même choisi d'aller plus loin dans ces deux régions qu'au fédéral, avançant le couvre-feu à 22 heures plutôt que minuit. « Philippe Courard (PS) qualifie aujourd'hui le couvre-feu d'excessif et de contre-productif, mais c’est son propre parti qui a décidé de le rendre plus restrictif que ce qui était demandé par le fédéral », souligne Raoul Hedebouw.

De son côté, le MR, également présent à la table pour toutes les décisions prises jusqu'ici, a déclaré souhaiter sortir du couvre-feu le plus vite possible. En octobre, ce même parti demandait un couvre-feu plus sévère à Bruxelles, proposant qu'il débute à 21 heures.
Nabil Bouliki de poursuivre : « Bien sûr, des mesures restent nécessaires pour garder le coronavirus sous contrôle. Mais le couvre-feu est-il une mesure efficace pour ce faire ? Personne ne peut le dire. Il n'est évidemment pas question de baisser la garde, car le virus continue de circuler et de faire des victimes. Mais il est toujours interdit de se rassembler, et il existe des règles strictes concernant le maintien de la distanciation physique et le port du masque. Le maintien du couvre-feu en plus de ces mesures n’entre pas dans le cadre de la proportionnalité. Une réduction aussi importante de nos droits nécessite des preuves, pas des anecdotes ou des suppositions. On pourrait penser que les politiciens libéraux de tous bords seraient tout à fait d'accord avec cela, n'est-ce pas ? »

Selon le PTB, le couvre-feu est le symbole d'une politique Covid-19 « basée sur le contrôle et la répression, plutôt que sur la confiance et le soutien ». « Tout le monde fait d'énormes efforts dans la lutte contre le coronavirus, souligne Nabil Boukili. Au lieu d'imposer des restrictions drastiques à la liberté, il serait préférable de tout faire pour rendre possible et supportable le respect des autres mesures. » Le député PTB fait ainsi référence à des garanties salariales en cas de quarantaine, plutôt qu'au paiement de 70 % des salaires comme c’est le cas actuellement, et à une attention accrue portée au bien-être mental pendant le confinement.

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