De gauche à droite : Natalie Eggermont, Peter Mertens, Jos D'Haese. (Photo Solidaire)

Ce mercredi 30 janvier, le PTB a présenté ses propositions phares pour le climat. Afin d’atteindre une réduction des émissions de 60 % d'ici 2030, le parti de gauche veut, entre autres, des normes contraignantes pour la grande industrie, une banque d'investissements pour le climat et des transports publics gratuits. Un plan qui allie écologie et social, en réponse à la fois au climato-scepticisme des uns et à la politique des injustes taxes « vertes » des autres.

« L'écoréalisme de la N-VA n'est ni écologique ni réaliste », a déclaré Peter Mertens, président de le PTB. Il réagit ainsi à l’annonce des nationalistes flamands de vouloir investir dans de nouvelles centrales nucléaires. De l’autre côté, il fustige également les intentions affichées par les écologiste flamands de Groen de travailler à une alliance avec les libéraux. « Le plan climat de Groen est surtout un plan de taxes climat. Cette écologie libérale, cela signifie être taxé à la bleue dans une politique antisociale vernie de vert. »

Découvrez ici l'intégralité du « programme en 10 points du PTB pour une révolution climatique sociale ».

Pour présenter ce plan, le président du PTB, Peter Mertens, s’est associé à deux jeunes militants pour le climat. Jos D'Haese, 26 ans, a été actif au sein du mouvement de jeunes pour l’environnement JNM et, en tant que biologiste, il s’est passionné par le climat et l'environnement. Natalie Eggermont, 30 ans, est urgentiste et l'une des fondatrices du mouvement écologiste Climate Express.

« Je suis heureux d'avoir dans nos rangs ces deux jeunes militants pour le climat qui ont contribuent à ce plan et sont les visages de la génération climat », a déclaré Peter Mertens.

Avec son plan climat, le PTB répond ainsi à l’appel de dizaines de milliers de manifestants et d'écoliers en grève qui réclament des engagements concrets et une plus grande fermeté dans la lutte contre la crise climatique.

Pas de taxe carbone, mais des investissements publics

40 % des émissions de gaz à effet de serre dans notre pays proviennent de 300 grandes entreprises. Pour les faire diminuer, tous les partis traditionnels comptent sur le système européen d'échange de quotas d'émissions.

Un système en place depuis des années et qui n’a rien apporté pour le climat. Au cours des cinq dernières années, les émissions de l'industrie en Belgique ont même augmenté. Le PTB veut donc que la Belgique quitte ce système de marchandage des droits d'émissions et impose des normes contraignantes aux grandes entreprises pour réduire leurs émissions de 60 % d'ici 2030 et de 100 % d'ici 2050.

Par ailleurs, la « taxe carbone » est l’autre lubie des partis traditionnels. Selon eux, l'établissement d'un prix pour le CO2 encouragerait les gens à faire les bons choix. Pour le PTB, un tel mécanisme est à la fois minimal et antisocial. Minimal, car seuls les consommateurs sont concernés, alors que ce sont les entreprises qui décident de ce qu'il faut produire et de la manière de le faire. Antisocial, parce que ce sont encore une fois les travailleurs qui devraient payer la facture. Une telle taxe aurait en effet beaucoup plus d’impact sur la facture d’une femme de ménage que sur celle d’un millionnaire.

Le PTB refuse donc une telle taxe, et veut plutôt promouvoir l’investissement public comme levier pour le changement. « Notre vision est sociale et ambitieuse, explique Peter Mertens. Chaque année, nous voulons investir 5 milliards d'euros dans l'isolation, les énergies renouvelables, les transports publics et autres leviers de la révolution climatique. De cette façon, nous donnons aux gens la possibilité de faire des choix durables. »

Une banque d'investissements pour la planification écologique

L'un des points forts du plan climatique du PTB est la création d'une banque publique d'investissements pour le climat. « Quand la crise bancaire a éclaté, on a trouvé en une nuit des dizaines de milliards pour aider les banquiers-rapaces à se sortir de la crise. Aujourd'hui, nous voulons voir la même détermination politique pour faire face à la crise climatique, précise Jos D'Haese. Avec une banque d'investissement climatique, nous pouvons financer la planification écologique. Une telle banque investirait chaque année 5 milliards d'euros dans la récupération de chaleur, les énergies renouvelables, les transports publics, un réseau intelligent de distribution d’énergie, l'isolation, la recherche et autres leviers. »

En revanche, le PTB refuse clairement l’option de la N-VA, qui préconise la construction de nouveaux réacteurs nucléaires. « Quelle que soit la génération de réacteurs dont on parle, ils sont extrêmement chers et ne seront jamais prêts à temps, affirme Natalie Eggermont. Nous avons une fenêtre d'opportunité de 11 ans. Nous devons investir aujourd’hui dans les solutions de rechange qui sont réalisables et abordables. L'énergie renouvelable à 100 % d'ici 2050 est tout à fait possible. Qu'est-ce qu'on attend ? »

Les transports en commun : un levier essentiel

Investir dans les transports publics est un autre élément essentiel d'un plan climatique social. « Il y a maintenant 56 villes en Europe qui expérimentent la gratuité des transports publics. Nous voulons suivre cet exemple, poursuit Natalie Eggermont. Il faut instaurer la gratuité complète des TEC, de la STIB et de De Lijn. Et, plutôt que d’instaurer une taxe kilométrique, comme le proposent les partis traditionnels, il faut opter pour la gratuité des trains pour le trajet domicile-travail, les retraités, les demandeurs d'emploi, les mineurs et les étudiants. Le rail doit également devenir la norme pour les trajets à l'intérieur de l'Europe jusqu'à 1 000 kilomètres. »

Le plan du PTB est donc un programme ambitieux qui permet de limiter la hausse des températures à 1,5 degré. Jos D'Haese : « Le Premier ministre Charles Michel ne veut rien faire parce que ce n’est pas faisable avec ses recettes. Notre génération veut qu’on prenne des mesures à la hauteur de l’enjeu. »

Suivez le PTB