Il faut faire toute la lumière sur la mort de Jozef Chovanec, causée par des agents de police à Charleroi

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« Nous sommes tous choqués par les images de la mort de Jozef Chovanec, déclare le député fédéral Nabil Boukili (PTB). Les ministres de l’Intérieur, Pieter De Crem, et de la Justice, Koen Geens, doivent venir s’expliquer sur ce qu’il s'est passé à Charleroi il y a deux ans et demi. L'enquête s'éternise et soulève de nombreuses questions. »

« Les images de la mort de Jozef Chovanec sont marquées au fer rouge dans les esprits de chacun, déclare Nabil Boukil. De plus, le déroulement de l'enquête soulève de nombreuses questions. Depuis deux ans et demi, la veuve de Chovanec et sa fille restent sans réponse, et ne peuvent que deviner ce qu’il s'est passé exactement. À deux reprises, elle a demandé à poursuivre l'enquête, parce que toute la lumière n’avait pas été faite sur l’affaire. Le médecin légiste initialement désigné a en effet conclu que ce n’était pas l'action de la police qui avait conduit à la mort de cet homme, ce qu'un contre-expert conteste maintenant. Aujourd'hui, deux ans et demi plus tard, ces images font surface, dont même la police fédérale n'était officiellement pas au courant. »

Le PTB demande que le ministre de la Justice, Koen Geens, fasse la lumière sur le déroulement de l'enquête : « Comment s'est déroulée la coopération avec la police ? A-t-elle collaboré avec la hiérarchie locale ou le sommet de la police a-t-il également été impliqué dans l'enquête ? Comment se fait-il que les conclusions du premier médecin légiste et du contre-expert soient si divergentes ? Comment est-il possible que cette agent qui fait un salut hitlérien n'ait été démise de ses fonctions que maintenant ? Pourquoi les supérieurs locaux ne sont-ils pas intervenus plus tôt, et dans quelle mesure les hauts fonctionnaires étaient-ils au courant des faits ? Quel rôle a joué le Comité P ? »

« Il est clair que des erreurs ont été commises et nous devons trouver à quel niveau, ajoute Nabil Boukili. C'est pourquoi nous demandons également que le ministre de l’Intérieur, Pieter De Crem, soit présent. Hier, nous avons demandé aux présidents des commissions Justice et Affaires intérieures de convoquer les ministres et le Parlement au plus tôt. Il est important que cette affaire soit examinée dès maintenant. »

« Il y a clairement eu des manquements importants, poursuit le député du PTB. Des informations cruciales ont été dissimulées à certains niveaux. Cette affaire doit être étudiée en détail, mais nous devons également ouvrir le débat sur la procédure de plainte et la transmission d'informations au sein de la police. Comme le dit la Ligue des Droits humains, le rôle du Comité P devrait également être examiné. »

« Nous ne pouvons jamais accepter que ce genre d’images soit banalisé, estime Nabil Boukili. Un code déontologique strict et la transparence de la police sont nécessaires. Il y a ceux qui ont commis ces violences inacceptables, en ont rigolé et montré leurs sympathies d’extrême droite, et qui n’ont pas leur place dans la police. Mais il y a aussi ceux qui ont réussi à cacher les faits pendant plus de deux ans. Il faut donc faire la lumière sur cette affaire, mais aussi sur les mécanismes qui permettent à certains d’étouffer de tels faits de violence. L'absence de contrôle et de sanctions contre les violences policières est régulièrement dénoncé par des organisations comme la Ligue des Droits humains, notamment. »

Et de conclure : « Il faut faire un tri. Nous avons besoin d’une autre police, une police qui nous protège et traite tout le monde de la même manière. Où il n’y a pas de place pour les racistes et les abus de pouvoir, pas de place pour la violence injustifiée et le sexisme. »


Montrer 3 réactions

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  • Eric Moreels
    a commenté 2020-08-26 12:41:22 +0200
    Ces images sont très choquantes et inadmissibles dans une démocratie.
    L’intervention des policiers est inappropriée vis-à-vis de la victime qui, visiblement, présente un souci, soit de santé, soit neurologique ou autre. De précédentes images montrent que la victime se frappe la tête contre la porte de la cellule. Cette réaction ne me semble pas normale pour une personne en bonne santé physique et/ou mentale. Les policiers ont vu ces images et sont donc intervenus en toute connaissance de cause. Ces policiers devaient absolument prendre en considération l’état de cette victime et adapter leur intervention. Ces policiers ne peuvent en rien justifier la violence lors de leur intervention.
    Quant à la policière qui fait le “salut nazi”, ce geste n’a rien à faire dans une démocratie et à la Police, qui est censée protéger la population. La protection de la citoyenneté est une base fondamentale de la démocratie. La réaction de cette policière pose aussi de nombreuses questions. Que fait cette personne avec des idées “nazi” au sein de la Police ? Il semblerait que le profil idéologique de cette policière ait échappé au profilage lors de la sélection de recrutement à la Police. Ce genre de profil ne doit pas passer inaperçu lors de la sélection de recrutement. Si la sélection de recrutement est aussi poussée que le prétendent plusieurs représentants syndicaux de la Police, comment cette policière a-t-elle pu être recrutée ? Toutes ces questions doivent faire l’objet d’un audit pour identifier les causes de cette sélection de recrutement. Ce n’est pas la première fois que des faits semblables de violences, d’idéologie déplacée,… sont mises au jour au sein de la Police. Je pense que le fonctionnement du service de Recrutement et Sélection doit être analysé en profondeur et certainement remis en question.
    Durant la formation de cette policière, la déontologie policière, les lois et règlements, la maîtrise de la violence et l’éducation civique sont enseignés. Apparemment, cette policière n’a rien appliqué de cet enseignement. Cette policière n’a donc pas sa place à la Police. Et si toute fois la formation de cette policière ne s’était pas déroulée comme il l’est prévu, là aussi la formation policière doit être analysée en profondeur et remise en question.
    Dans la presse, l’avocate de cette policière justifie le “salut nazi” par le fait qu’elle n’avait que 22 ans au moment des faits. Cette avocate ne doit pas oublier que la majorité des personnes est atteinte à 18 ans et que les policiers sont censés être matures et responsables lors de leur recrutement à la Police. Le jeune âge, le manque de maturité, l’idéologie ne justifient en rien ce “salut nazi”. A 22 ans, cette policière est majeure et responsable de ses actes.
    Un autre souci est également mis au jour dans cette affaire. Ce n’est qu’à la diffusion de ces images que les responsables de la Police réagissent. Comment est-il possible que des faits d’une telle gravité ne remontent pas jusqu’aux responsables hiérarchiques ? Soit il y a un immense souci de transfert et de circulation d’informations au sein de la Police, soit ces responsables sont des menteurs. Dans un cas comme dans l’autre, la vérité doit être divulguée car il est inadmissible que l’on ait tenté de camoufler une affaire de cette ampleur. Un audit approfondi et surtout transparent doit avoir lieu pour connaître l’exacte vérité sur cette affaire. Il restera ensuite, aux personnes concernées, d’en assumer, en toute transparence, les conséquences, et que des mesures soient prises pour éviter à l’avenir de tels agissements.
  • fernand soupart
    a commenté 2020-08-25 16:38:28 +0200
    je dit que le policer préent doivent etre virer point s et tous et sans somation et sans salaire pour moi s et une faute trés grave , vus se qui il on fait faudrait peut etre leur aprendre l histoire des horreur des la guerre 40-45 et leur faire visiter les camps de concentration , s et honteux de voir cela , pas oublier le role de la police s et protéger , aider , et servire , mais la je vois s et pas le cas je verais cette femme dans la rue je lui dirait ma façon pencer
  • Pascal Van Merhaeghe
    a commenté 2020-08-21 18:20:00 +0200
    Bonjour, J’ai lu que l’avocat de la policière plaide son âge 22 ans, je pensai qu’ en Belgique nous étions tous responsable de nos faits et actes,tout au moins, dès notre majorité. Pour ce qui est d’une quelconque protection ou passe droit, pour certaines personnes ou corps de l’état ça j’ai vraiment beaucoup de difficulté à y croire…Une chose est sûre c’est que si c’était un piètre citoyen comme moi, notre pedigree serait déjà bien étalé dans les JT et les tabloïdes a la botte du système. Gardons confiance dans notre democratie lolll.

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