Maria Vindevoghel, députée fédérale PTB (Photo PTB)

Ce mardi 9 mars, le comité d’avis pour l'Émancipation sociale de la Chambre a approuvé une résolution qui concerne la lutte contre les violences intrafamiliales. Le PTB s’est prononcé en faveur de ce texte. Si la députée fédérale PTB Maria Vindevoghel salue l’avancée, elle regrette toutefois que la majorité n'aborde pas le problème de manière plus large. Elle a plaidé pour que la composante des inégalités socio-économiques entre femmes et hommes soient prises en compte dans la problématique des violences intrafamiliales.

« Cette résolution est un grand pas en avant vers une approche transversale des violences intrafamiliales, déclare Maria Vindevoghel. Mais je suis déçue que la résolution ne fasse pas du renforcement de la position socio-économique des femmes une priorité dans la lutte contre ce problème. La résolution affirme à juste titre que les femmes sont particulièrement touchées par ce type de violences. Dommage que les partis de la majorité n’appliquent pas cette lecture de genre également sur l’aspect socio-économique. »

Pour le PTB, si l’on veut lutter efficacement contre ce phénomène, il est en effet essentiel de renforcer l'indépendance financière des femmes. Actuellement, à cet égard, elles sont encore souvent dépendantes de leur partenaire. Cela contribue à l'inégalité des relations de pouvoir au sein du couple et augmente le risque de violences.

De plus, dans une telle situation d'inégalités, il est plus difficile pour les victimes de fuir : « Les femmes ont souvent des emplois rémunérés au salaire minimum, souligne la députée PTB. Elles occupent également majoritairement les temps partiels, ou sont contraintes de vivre avec des allocations très basses. Imaginez devoir fuir un partenaire violent avec vos enfants alors que vous ne gagnez que le salaire minimum... Si le gouvernement veut s'attaquer sérieusement aux violences intrafamiliales, il ne peut pas ignorer la nécessité de renforcer l'indépendance financière des femmes. »

Maria Vindevoghel a déposé un amendement à la résolution en ce sens, dans lequel figurent des mesures concrètes qui peuvent renforcer structurellement la position socio-économique des femmes. Elle plaide pour l’augmentation du salaire minimum à 14 euros brut de l’heure, et pour le relèvement de toutes les allocations au-dessus du seuil de pauvreté européen.

Bien que le gouvernement considère la lutte contre les violences intrafamiliales comme une priorité, tous les partis de la majorité ont voté contre l'amendement du PTB. « Une occasion manquée, déplore Maria Vindevoghel. D'abord, la majorité fait traîner cette résolution indéfiniment, puis elle refuse de prendre en compte la question de la position socio-économique des femmes. »

Maria Vindevoghel n'a pas l'intention d’accepter cela sans broncher. Elle se sent soutenue par la combativité de nombreuses femmes et hommes qui ont mené des actions ce 8 mars pour une meilleure approche du problème des violences faites aux femmes. Pour elle, la résolution adoptée ce mardi est un premier pas, parmi les nombreuses étapes qui seront nécessaires pour une approche plus large des violences intrafamiliales.

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