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Payer pour que les enfants puissent s’asseoir au réfectoire et manger leurs propres tartines ? C’est le cas dans 20 % des écoles de la Communauté française, et dans une école sur deux à Bruxelles, tant dans l'enseignement libre que dans le communal. Cette « taxe tartine » pèse dans le budget des familles concernées : 150 euros par an et par enfant en moyenne.

Pour le PTB, cette « taxe tartine » doit être ajoutée à la liste des frais qu'on ne peut pas réclamer aux parents. Cette proposition sera discutée au parlement de la Communauté française ce mardi 19 janvier.

« Supprimer tous ces frais, ça fait des années que les familles le demandent », défend Alice Bernard, cheffe de groupe PTB.

Deborah travaille en horaire coupé. Elle démarre très tôt le matin et finit sa journée à 18h30. Heureusement, elle bénéficie de l'aide de sa famille pour les trajets. Mais pour le temps de midi, c'est impossible de venir chercher ses deux enfants pour les faire manger à la maison. « Je travaille à temps plein, et je n'ai pas d’autre choix que de laisser mes enfants à la garderie du midi et du soir, témoigne-t-elle. C'est toujours la course. Et ce qui est le plus incompréhensible, c'est que l'école me demande 1 euro par jour pour la pause de midi. Rien que pour cela, j'en ai pour 46 euros par mois. À cela s'ajoutent les autres frais de garde et d'activités. »

« La crise du coronavirus renforce sans aucun doute ces difficultés financières, s'inquiète Alice Bernard. Beaucoup de familles ont subi une diminution ou une perte de revenu. Le nombre de personnes faisant appel aux banques alimentaires a augmenté de 20 %. Les repas chauds ne sont plus servis dans les écoles primaires. Tous les enfants sont au repas tartines. Et il semble que cela va se prolonger encore quelque temps. Le PTB pense qu’il est important maintenant de réfléchir à toutes les façons d’alléger la facture des familles. »

Les fédérations d'associations de parents, la Ligue des familles, le Délégué général aux Droits de l’Enfant pointent quasiment chaque année la difficulté que les parents éprouvent pour faire face aux frais scolaires. Le fait de devoir payer pour manger ses tartines est un des plus incompréhensibles. Cette année, avec les pertes d'emplois et de revenus dues à la crise, la situation est d'autant plus dure.

« La question de la (non-)gratuité scolaire doit continuer à figurer parmi les premières préoccupations, affirmait déjà le Délégué général aux droits de l'enfant dans son rapport de 2019. Les petits frais répétés occasionnent des dépenses difficiles à supporter pour les familles en situation de pauvreté. »

« Il serait utile d’entendre au Parlement ces acteurs de terrain, experts de ces questions de gratuité, plaide la députée de gauche. Ce mardi, à la Commission de l’éducation, nous allons proposer de les inviter pour les auditionner. »

La gratuité du temps de midi figure explicitement dans la Déclaration de politique communautaire de la majorité. « Et au vu des déclarations de certains partis de la majorité dans le cadre des récentes discussions budgétaires, nous ne comprendrions pas qu’il n’y ait pas d’oreilles attentives », estime Alice Bernard.

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