.

Nabil Boukili, député du PTB au Parlement fédéral, condamne les insultes racistes et homophobes proférées depuis leur véhicule par deux policières de la zone Midi. « Ces deux policières doivent être exclues de la police. Le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open Vld) doit mettre fin à ce climat d’impunité et utiliser son droit d’injonction pour que le parquet ré-ouvre l’enquête. »

Le député de gauche insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un fait isolé. « Rappelez-vous des révélations sur les groupes WhatsApp internes à la police où les propos racistes les plus immondes sont relayés. Ou les plaintes et témoignages documentés par la campagne Pas normal d’Amnesty International et la Ligue des Droits humains contre le profilage ethnique par la police. Ou encore cet ancien responsable de la brigade canine de la zone de police Midi visé pour des chants nazis, antisémites et négationnistes. Ou la policière qui fait un salut nazi pendant que ses collègues étouffent Jozef Chovanec. »

Pour Nabil Boukili, « après autant de faits racistes, on ne peut plus nier qu’il y a un réel problème de racisme structurel à la police. Et le fait que beaucoup de policiers qui ne soient pas racistes ne peut plus être une excuse pour minimiser le problème. Qui plus est, dans certains corps, les policiers racistes arrivent à imposer un climat où il est difficile de critiquer voir dénoncer ce racisme. La CGSP parle d’un climat d’omerta où des policiers sont dissuadés de déposer plainte contre des collègues. La CGSP avait même proposé une ligne gratuite pour que des policiers puissent signaler des faits racistes à l’intérieure de la police. Le ministre de l’Intérieur du gouvernement précédent, Pieter De Crem (CD&V) n’a rien fait de cette recommandation. Ici, les deux policières se sentent tellement intouchables qu’elles vont jusqu’à se filmer, et diffuser cette vidéo parmi leurs collègues. C’est dire l’ambiance qui semble régner dans certaines zones de police ».

Cette vidéo n’a pas été réalisée dans la sphère privée, mais dans un cadre professionnel

« Nous allons suivre ce dossier de très près », poursuit le député. « C’est inacceptable que le parquet n’ait pas décidé de poursuivre parce que “les faits ne concernaient pas directement l’exécution d’une mission de police judiciaire”. Cette vidéo n’a pas été réalisée dans la sphère privée, mais bien dans un cadre professionnel, et elles diffusent des propos racistes, homophobes et méprisants à leurs collègues. Ce n’est pas un fait anodin. Au Parlement fédéral, je vais demander que le ministre de la Justice utilise son droit d’injonction pour demander au parquet de ré-ouvrir l’enquête pour incitation à la haine raciale. Il est plus que temps d’appliquer une politique de tolérance zéro pour des faits avérés de racisme dans la police. Mettons en place une procédure particulière dans ce type de situation pour arriver rapidement à des résultats. Et il faut aussi rendre les formations sur la diversité et l’anti-racisme obligatoires et continues », conclut Nabil Boukili.

« Elles sont toujours en fonction », rappelle Youssef Handichi, député bruxellois du PTB. « Une des deux est toujours active sur le terrain dans la même zone et l’autre a une autre fonction dans la police. L’impunité pour ce genre d’attitude doit cesser. Les policiers sont assermentés par l’État, et ont une fonction d’exemple. Si elles se permettent d’étaler librement racisme et homophobie dans une vidéo, comment se comportent-elles avec les citoyens lorsqu’elles ne se filment pas ? » s’inquiète le député bruxellois. « On comprend mieux pourquoi les jeunes ont peur. Beaucoup de gens se demandent pourquoi les jeunes s’enfuient à la vue de la police. Cette vidéo permet de mieux comprendre pourquoi les jeunes n’ont pas confiance, et ont peur, peur de se faire insulter et de subir des abus, des actes violents. »

Dans ce cas-ci, le commissaire a réagi puisqu’elles ont été sanctionnées. Mais la sanction a été annulée par le Conseil d’État pour un vice de procédure, comme cela n’a pas été fait dans les temps. Ce système semble favoriser l’impunité de fait. « Pourquoi – malgré une vidéo révélant les faits – le Collège de police, où siègent les trois bourgmestres des communes concernées, arrive à notifier la sanction à l’intéressée 4 jours en retard ? Et pourquoi les bourgmestres et commissaires ne s’activent que maintenant pour se porter partie-civile, après que l’affaire a éclaté dans la presse ? Leurs partis, PS et Ecolo, se sont engagés dans l’accord de majorité Vivaldi, à une politique de tolérance zéro envers les abus de la police à l’encontre du citoyen. Qu’attendent-ils pour mettre en place une procédure accélérée dans des cas aussi graves qui vont à l’encontre du Code de déontologie de la police ? », demande Youssef Handichi.