Photo Solidaire.

Fumée blanche à Zelzate. La commune, située au nord de la ville de Gand, sera dirigée pour les six prochaines années par une « coalition pour l'avenir » composée par les socialistes flamands du sp.a et le PTB. « Nous voulons que Zelzate redevienne une commune chaleureuse, sociale et démocratique », explique Geert Asman, chef de file du PTB local, qui sera Premier échevin.

L'accord de majorité a été approuvé à une écrasante majorité ce samedi lors d'une assemblée générale des membres du PTB Zelzate.

« Les négociations se sont passées de manière constructive et dans une bonne atmosphère de confiance, explique Tom De Meester, président du PTB Flandre-Orientale. Dès le début, elles ont porté sur le contenu. C'est aussi la raison pour laquelle nous avons pu arriver à un bon accord. Nous avons calmement pris le temps pour trouver un terrain commun. Cela n'a pas du tout été : vite, vite, se partager les postes. Nous avons réfléchi de manière approfondie à un projet d'avenir pour Zelzate. »

« Le nouveau Collège communal comptera deux échevins en moins. Cela permet d'économiser 100 000 euros que nous investirons dans la lutte contre la pauvreté. »

Ce climat de confiance tranche avec ce qui a pu se passer dans d’autres communes où le PTB avait entamé des négociations avec le PS (voir ici la vidéo « La vérité sur les négociations PS-PTB »). Ici, pas d’agression par presse interposée, pas d’arrogance, pas de pression pour avoir un accord superficiel signé le plus vite possible sur un coin de table, pas de priorité mise sur les postes. Au contraire, il a été non seulement question de respect et de contenu, mais aussi de « rupture avec « six années de gestion douloureuse menée par la droite », selon Geert Asman.

Rupture de gauche

L'accent est en effet mis sur les priorités sociales : « Le nouveau Collège communal comptera deux échevins en moins. Cela permet d'économiser 100 000 euros que nous investirons dans la lutte contre la pauvreté. »

Il y aura également un « tax-shift équitable » sur base du principe que « les épaules les plus fortes doivent porter les charges les plus lourdes ». Concrètement, la nouvelle majorité communale veut réduire les impôts qui touchent les familles et les petits indépendants. Par contre, les plus grandes entreprises devront payer une contribution plus importante.

La démocratie à la base est également au cœur du nouvel accord de majorité. « Nous créons des conseils de quartier, soumettons l'accord de majorité aux Zelzatois et après trois ans, le Collège communal sera évalué par la population. Il y aura également une vaste enquête auprès des jeunes. »

Une majorité équilibrée

« Nous prenons volontiers nos responsabilités pour diriger une commune, ce qui nous pouvons faire ici sur la base d’un accord vraiment social. »

Outre la rupture avec les politiques du passé et l’accent mis sur le social, le PTB se réjouit d’entrer dans une majorité au sein de laquelle il pourra peser, comme l’explique Tom De Meester : « Nous n'entrerons jamais dans une coalition pour être la cinquième roue du carrosse afin de dépanner le PS pour mener sa politique traditionnelle, et puis appliquer quand même une politique d'austérité ou laisser se poursuivre le marchandage des postes. Mais si, comme à Zelzate, on est un des trois grands partis, avec des scores au-dessus de 20%, cela devient alors une option réaliste. Le sp.a a sept sièges, nous en avons six, et, ensemble, nous formons une majorité équilibrée et nous pouvons également conclure un accord équilibré. »

Le trentenaire Brent Meuleman (sp.a) devient Bourgmestre. Le Premier échevin, Geert Asman (42 ans), aura les attribution suivantes : les affaires sociales, le budget et les travaux publics. Il sera assisté par un second échevin PTB, Steven De Vuyst (31 ans), dont les compétences seront la jeunesse, les festivités, l'environnement et le logement. Le Collège communal est complété par deux échevins sp.a : Luc Van Waesberghe (55 ans) et Isabel Dellaert (57 ans).

Le président du PTB, Peter Mertens, se réjouit de la nouvelle coalition. « C’est un beau défi pour le PTB et une première au niveau national. Nous nous engageons avec enthousiasme dans ce projet. Nous prenons volontiers nos responsabilités pour diriger une commune, ce qui nous pouvons faire ici sur la base d’un accord vraiment social. Nous opérons une rupture de fond avec une politique de droite droite dure. C’est pour nous essentiel. »

Regardez l'extrait du JT de la RTBF du 10 novembre 2018 :


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