Sofie Merckx, députée PTB à la Chambre (Photo Belga)

Ce vendredi 25 septembre après-midi, le PTB va déposer sa proposition visant à transformer la Commission spéciale Covid en commission d'enquête parlementaire. « Nous n'avons toujours pas accès à des documents cruciaux et plusieurs témoins ne se sont pas présentés aux auditions. Cette commission spéciale est un tigre de papier. Nous demandons qu’elle soit transformée immédiatement en une véritable commission d'enquête parlementaire, une commission qui, elle, aurait de vraies dents », déclare Sofie Merckx, médecin généraliste et députée PTB.

La commission spéciale a été mise en place début juillet, dans le but d’évaluer la gestion de la crise du coronavirus, et d’identifier les responsabilités politiques. « Dès le départ, nous étions d’avis que seule une commission d'enquête parlementaire aurait les moyens de réaliser une évaluation aussi approfondie de la plus grande crise depuis la Seconde Guerre mondiale, rappelle Sofie Merckx. Une commission d'enquête a les pouvoirs d'un juge d'instruction et peut donc exiger des documents importants, ainsi que requérir et entendre des témoins sous serment. Les autres partis n’en voyaient pas la nécessité, et ont voté contre notre proposition. Aujourd'hui, nous avons la preuve que c’est indispensable. Les travaux ne se déroulent pas bien du tout. Cinq mois après le premier pic, nous n’avons pas avancé d’un pouce dans cette enquête. »

La députée de gauche voit plusieurs raisons pour lesquelles une commission d'enquête s’impose. « Nous avons déjà pu consulter de nombreux documents. Mais certains documents clés, tel que le volet stratégique du plan de lutte contre la pandémie de 2009, font toujours défaut. Il nous manque également les rapports du Conseil des ministres qui ont décidé de la destruction du stock stratégique de masques, tout comme les rapports des réunions du Conseil national de Sécurité, explique Sofie Merckx. Et concernant l’accord très contesté que le gouvernement a passé avec l'industrie pharmaceutique pour la plateforme nationale de test, nous n’avons obtenu qu’un PowerPoint et un rapport. Qu'ont-ils à cacher ? »

La note de l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) stipule clairement qu'ils ne doivent pas soumettre de documents confidentiels, précisément parce qu'il ne s'agit pas d'une commission d'enquête. Cela ne fait que renforcer les doutes du PTB. « L'AFMPS ne souhaite pas divulguer les rapports des différents groupes de travail sur le testing, les médicaments et les vaccins. Pourquoi ? »

Sofie Merckx souligne que plusieurs intervenants déjà ne se sont pas présentés aux auditions. « Sur à peine trois auditions, trois témoins ont déjà refusé de s’exprimer devant la commission spéciale. Et ces témoins ne sont pas des moindres. Par exemple, le représentant de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annulé à la dernière minute. Il est pourtant crucial que nous puissions l'entendre sur les recommandations que l’OMS a formulées, et pour savoir dans quelle mesure notre pays les a suivies. »

L'article 14 du règlement interne de la commission permet de transformer cette commission spéciale en une commission d'enquête parlementaire. Une majorité doit l’approuver. « Plusieurs partis ont déclaré fin juin qu'ils voteraient pour notre proposition si la pratique montrait qu'une commission ordinaire ne suffisait pas pour réaliser cette tâche. L'expérience de ces dernières semaines nous le prouve désormais. Nous remettrons donc notre proposition sur la table cet après-midi », conclut Sofie Merckx. 

 


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