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Le régime de chômage temporaire corona prendra fin le 30 septembre. La fin de cette mesure de soutien va être un choc pour de nombreux travailleurs. Déjà victimes de la crise, ils vont également perdre l'allocation de 70 % et le supplément journalier dont ils bénéficiaient jusqu'ici. Dans le pire des cas, ils risquent également de perdre leur emploi si leur employeur les licencie. Le vendredi 17 septembre, le Conseil national du travail (CNT) a recommandé de prolonger la mesure jusqu'à la fin de l'année et d'assimiler les périodes de chômage temporaire dues au corona à de la force majeure pour le calcul du pécule de vacances. Le PTB soutient cet avis.

Revenons en arrière, en mars 2020. Le Covid-19 fait rage dans le pays. La Belgique entre en confinement. Au pic de l'épidémie, 1,2 million de travailleurs se retrouvent au chômage temporaire à cause du coronavirus. Ces allocations sont fixées à 70 % du salaire moyen plafonné, avec un supplément de 5,63 € par jour, versé par l'ONEM. En juillet dernier, 150.000 travailleurs étaient encore et toujours concernés par cette mesure. Dans des secteurs tels que la construction de bus ou l'aviation, cette réglementation temporaire est encore largement appliquée. Si le gouvernement supprime progressivement cette mesure, le poids de la crise va s'accentuer pour ces travailleurs. Sans « chômage corona », ils devront se contenter d'une allocation de chômage de 65 % voire, dans le pire des scénarios, perdre leur emploi à cause d'une restructuration.

Le ministre du Travail, Pierre-Yves Dermagne (PS), a répondu à une question écrite du PTB, portant sur le fait que la suppression progressive des mesures de soutien corona en automne s'accompagnerait de fermetures, de restructurations d'entreprises et de pertes d'emplois permanents. Ce n'est qu'à partir du deuxième trimestre 2022 que la croissance devrait progressivement revenir sur le marché de l’emploi.

Le PTB demande donc la prolongation du chômage temporaire en raison du coronavirus en tant que force majeure. Le PTB maintient également son appel à sauvegarder les emplois. Tant que les entreprises continuent de recourir à la souplesse du chômage corona, il ne pourra pas être question de licenciements collectifs.

Le parti de gauche souhaite également obtenir des garanties sur l'assimilation des périodes de chômage temporaire dues à des cas de force majeure pour le calcul du pécule de vacances. « Ces travailleurs n'ont aucune idée de ce qui va advenir de leur pécule de vacances, réagit Nadia Moscufo, députée fédérale PTB. Si ces jours de chômage ne sont pas assimilés, ils se verront à nouveau sanctionnés l'année prochaine lorsqu'ils percevront leur pécule de vacances. Ça ne va pas. Demain, le ministre Dermagne participera à la commission des Affaires sociales et nous voulons entendre de sa bouche que toutes ces questions seront résolues positivement. »