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Cinq mois après que des cas d'enfants travaillant pour PostNL ont été identifiés, des témoignages recueillis par Het Laatste Nieuws indiquent que des enfants d'à peine treize ans livrent encore et toujours des colis via PostNL. Maria Vindevoghel, députée PTB, demande la fermeture temporaire de la société de livraison de colis.

« Comment se peut-il que, dans l'un des pays les plus riches du monde, la distribution de colis soit assurée par des enfants de treize ans payés cinq euros de l'heure ?, réagit Maria Vindevoghel. C'est inacceptable. » Il y a cinq mois, la ministre de la Poste Petra De Sutter (Groen) déclarait que ces pratiques devaient cesser, mais force est de constater que les mots n'ont pas suffi. Ce n'est pas en versant des larmes de crocodile qu'une ministre va faire changer les choses. Ce qu'il faut, ce sont de véritables mesures contraignantes. En effet, de nouveaux témoignages indiquent que ces pratiques abusives sont encore monnaie courante. Nous appelons aujourd'hui à la fermeture temporaire de l'ensemble des sites belges de PostNL. Nous demandons en outre que PostNL verse à son personnel une compensation supérieure au chômage technique afin d'éviter toute perte de salaire due à la mauvaise gestion de la direction.

« Le gouvernement doit prendre des sanctions strictes, et ainsi envoyer un signal à l'ensemble du secteur de la livraison de colis, poursuit la députée de gauche. La ministre De Sutter a proposé la mise sur pied d'un groupe de travail, mais on peut craindre que ça finisse en salon de discussion, pendant que d'autres sociétés de livraison de colis se mettront également à rogner sur les dépenses. » La réouverture de PostNL ne pourra être envisagée qu'une fois qu'elle sera en mesure de prouver qu'elle respecte l'ensemble de la législation sociale. « Quand une entreprise alimentaire n'est pas en règle avec la sécurité alimentaire, elle doit fermer, comme cela a été le cas récemment avec Ferrero suite à la détection de salmonelles dans ses produits, rappelle Maria Vindevoghel. On peut appliquer la même logique si la direction n'est pas en mesure de garantir que ses conditions de travail respectent la législation sociale. » D'autres entreprises de livraison de colis ou bpost peuvent se charger temporairement de la livraison des colis PostNL.

En outre, la ministre doit de toute urgence renforcer la loi sur la poste en concertation avec les syndicats afin qu'elle soit votée au plus vite au Parlement par la suite. Le PTB demande que les entreprises de livraison de colis soient tenues d'employer un minimum de 70 % de son personnel de livraison sous contrat fixe. La société de livraison DHL International applique déjà cette logique via sa convention collective, contrôlée par la délégation syndicale. Nous demandons maintenant que cette mesure soit mise en œuvre au niveau sectoriel pour toutes les entreprises de livraison de colis. Le fait que ces entreprises proposent davantage de contrats fixes évite des pratiques avant tout observées chez les sous-traitants qui se livrent à une concurrence acharnée.

« On ne peut pas dire que le secteur soit en difficulté, souligne Maria Vindevoghel. Sur un chiffre d'affaires de 126 millions en Belgique, PostNL a réalisé l'an dernier un bénéfice de 10,53 millions d'euros après impôts, dont 6 millions ont été distribués à ses actionnaires sous forme de dividendes. La part de ces profits que PostNL consacre aux salaires diminue. C'est cette tendance que nous devons inverser. »