Photo Solidaire, Jean-Philippe Wéry.

Pour le PTB, Maggie De Block doit immédiatement démissionner de son poste de ministre fédérale de la Santé publique. Des documents internes parus dans la presse aujourd’hui montrent en effet que Maggie De Block a explicitement refusé de renouveler le stock stratégique de masques de protection à la fin de l'année dernière. 

« Selon la ministre, un investissement de 100 millions d'euros était “hors de question”. C’est là une décision irresponsable dont nous payons aujourd'hui le prix fort, réagit Raoul Hedebouw, porte-parole national et chef de groupe du PTB à la Chambre. Ces dernières semaines, le personnel des soins de santé a été, chaque jour, en première ligne de la lutte contre le coronavirus, et ce, sans équipement de protection adéquat. Pour nous, une ministre de la Santé qui fait systématiquement passer des considérations économiques avant la protection de la santé de la population ne peut plus rester en place. »

Le PTB demande la mise sur pied d'une commission d'enquête parlementaire pour faire la lumière sur toutes les décisions du gouvernement avant et pendant la pandémie de coronavirus dans notre pays. Le parti de gauche demande également que tous les documents internes soient rendus publics. « Il est cependant désormais tout à fait évident que Maggie De Block ne peut plus conserver son poste de ministre de la Santé. Le dernier rapport du GEES, le groupe d'experts en charge de la stratégie de déconfinement, est très clair : notre pays doit se préparer de toute urgence à une deuxième vague de coronavirus. Or il est impensable d’envisager cette nouvelle vague avec une ministre qui multiplie les erreurs. »

« Les révélations de ce matin sont la goutte d’eau qui fait déborder le vase », poursuit Raoul Hedebouw. Comme le souligne le député de gauche, le secteur des soins est de plus en plus critique vis-à-vis de la ministre libérale : « Hier encore, quelque deux cents blouses blanches se sont réunies devant le cabinet de Maggie De Block pour lui tourner symboliquement le dos et exprimer ainsi leur mécontentement suite à des années de sous-financement des soins de santé. Des rassemblements ont également eu lieu à Liège et Charleroi. Les masques sont le symbole par excellence de l’échec de cette politique d’austérité. »

La réserve stratégique dont il est question a été constituée en 2006 sur les conseils de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), afin de préparer notre pays à une éventuelle pandémie de grippe. « En 2009, déjà, des experts avaient averti le gouvernement que cette réserve était insuffisante et devrait être sérieusement augmentée. L'avis publié en 2009 dit littéralement : “D’un point de vue éthique, il semble inacceptable d’économiser ces dépenses.” Et pourtant, c’est bien ce qui a été fait : la ministre De Block a pris la décision de détruire les masques disponibles et a ensuite explicitement refusé de renouveler la réserve stratégique. Et ce, pour des questions budgétaires, comme c'est souvent le cas avec les décisions de Maggie De Block », conclut Raoul Hedebouw.