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Un collectif d’associations et d’organisations syndicales publie aujourd’hui une carte blanche pour demander le plafonnement des voyages scolaires. Le PTB soutient cette demande. Les plafonds proposés de 350 euros en primaire et de 550 en secondaire sont une bonne base.

« En juillet dernier, nous avons défendu une proposition de résolution qui demandait un tel plafonnement à la ministre Caroline Désir (PS), rappelle Alice Bernard, cheffe de groupe PTB au Parlement de la Communauté française. Ces plafonds doivent être justes et permettre à la fois une accessibilité à toutes les familles et l’organisation de voyages pédagogiques de qualité. Pourtant, la majorité a, à chaque fois, rejeté notre proposition. »

« Les prix abusifs qui sont parfois pratiqués mettent les parents devant des situations intenables, poursuit la députée de gauche. Certains doivent soit se saigner et rogner sur des dépenses de première nécessité, soit voir leur enfant littéralement mis à l’écart parce qu’ils sont dans l’impossibilité de payer le voyage proposé par l’école. C’est extrêmement stigmatisant, comme le dénonce très justement ce collectif. »

La cheffe de groupe ajoute : « En plus de la stigmatisation et de l'exclusion, les prix pratiqués par certaines écoles font fuir une certaine catégorie de la population. Cela renforce le marché scolaire et la ghettoïsation. Il est inacceptable que des écoles utilisent les voyages scolaires pour sélectionner leur public. Cela aggrave clairement les inégalités. »

La proposition de résolution montrait également qu’il est possible de faire autrement, en citant des exemples : une commune bruxelloise préfinance les voyages des élèves de primaire et permet aux parents de rembourser à leur rythme ; une école secondaire a organisé ces dernières années des voyages de rhétos à Venise, Bilbao, Barcelone ou encore Berlin pour des prix variant entre 350 et 450 euros.

« Le gouvernement va-t-il enfin se décider à fixer des plafonds comme le code de l’enseignement l’y oblige ? assène Alice Bernard. Le nombre d’associations qui le réclament ne fait que grandir. Il suffit d’un arrêté. Les lignes doivent bouger. Nous veillerons à ce que ces plafonds soient raisonnables. Qu’ils permettent l’organisation de voyages de qualité, mais surtout qu’ils soient accessibles à toutes les familles. »