Jos D'Haese, chef de groupe PTB au Parlement flamand

Le PTB appelle à prendre des mesures radicales contre le dumping social sur les chantiers de construction après qu'un cas extrême d'exploitation et de traite des êtres humains ait été révélé sur un chantier de Borealis. Le parti demande que la responsabilité d'imposer et de contrôler les normes sociales sur les chantiers de construction soit confiée au donneur d'ordre. « Que nos usines soient construites par des esclaves modernes, c'est totalement inacceptable », déclare le chef de groupe PTB au Parlement flamand Jos D'Haese. « C'est la énième fois que l'on constate que des travailleurs étrangers sont exploités dans des chaînes de sous-traitance sans fin. Lorsqu'une entreprise telle que Borealis prétend aujourd'hui n'avoir été au courant de rien, on croit rêver. Nous exigeons qu'elle verse immédiatement un salaire correct aux travailleurs concernés et qu'une enquête approfondie soit menée au sujet de cet abus. »

 

L'exploitation de travailleurs philippins et bangladais sur le chantier de construction d'une nouvelle usine Borealis dans le port d'Anvers est un énième scandale social qui vient s'ajouter à une liste déjà longue à Anvers. « Cela fait des années qu'il y a un problème de dumping social sur les chantiers de construction à Anvers », explique Jos D'Haese. « Pourtant, on ne tire aucune leçon des plaintes des syndicats ni de la terrible catastrophe qui a endeuillé le chantier de la nouvelle école du quartier de Nieuwe Zuid – où 5 travailleurs ont perdu la vie il y a un an. Pas plus tard qu'en juin dernier, nous avons dénoncé la question du dumping social au conseil communal, mais le collège continue de nier le problème. Donc, malheureusement, je ne suis pas surpris que ce type d'exploitation se produise aussi dans le port d'Anvers », ajoute le député PTB.

Lʼentreprise donneuse d'ordre, Borealis, a réagi en affirmant attendre de ses sous-traitants un comportement éthique. « Borealis reporte ainsi la responsabilité vers le bas de la chaîne, alors que les entreprises chimiques savent parfaitement qui travaille sur leurs chantiers », souligne Jos D'Haese. « On parle d'une usine Seveso, qui présente des risques importants tant pour les travailleurs que pour les habitants. Une entreprise comme Borealis, qui a réalisé 1,4 milliard d'euros de profits l'année dernière, n'a pas à « attendre » un comportement éthique de la part de ses sous-traitants, mais à l'imposer et le contrôler. Le client et l'entrepreneur général doivent être entièrement responsables du respect de toutes les normes sociales sur leur site. On ne peut plus tolérer qu'ils entendent, voient et taisent le dumping social, l'exploitation et la traite des êtres humains », poursuit Jos D'Haese.

Nous demandons que des mesures sévères soient enfin prises pour lutter contre le dumping social », déclare le député de gauche. « Avec le PTB, nous réclamons depuis longtemps de doubler le nombre d'inspecteurs sociaux, mais cela ne suffit pas. Il est clair qu'il faut mettre un frein à la quête du profit maximum et, donc, à des chantiers qui coûtent le moins cher possible. Les donneurs d'ordre ne doivent pas seulement imposer les délais de livraison. Ils doivent aussi inclure des normes sociales dans leurs négociations contractuelles et être responsables de leur respect. Les travaux qui ne nécessitent aucune spécialisation doivent être effectués par le personnel de l'entrepreneur principal. À travail égal, salaire égal ! »