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Le PTB demande à la ministre Petra De Sutter (Groen) des explications quant à la plus que généreuse indemnité de départ offerte au PDG de bpost, Jean-Paul Van Avermaet. « Les facteurs tirent des sacs de courrier, la direction des sacs d'argent », réagit Maria Vindevoghel, députée PTB à la chambre. 

« Un demi-million d'euros en guise d'indemnités de départ, c'est excessivement élevé pour le dirigeant d'une entreprise publique, note la députée. La question est de savoir si ce parachute doré a fait l’objet d’une discussion avec la ministre compétente Petra De Sutter, ou si la direction de bpost a elle-même décidé de procéder à ce paiement. En effet, l'homme n'a dirigé l'entreprise que pendant un an, avant d'être licencié parce que son management laissait à désirer. Il s'agit en outre de quelqu’un qui comparaît devant un tribunal pour entente illégale sur des prix, et qui risque une lourde amende, voire une peine de prison pour ces faits. »

« Jean-Paul Van Avermaet aura donc été payé près de 1,2 million d'euros pour avoir mal dirigé bpost, poursuit Maria Vindevoghel : un salaire annuel de 650 000 euros plus une indemnité de départ de 500 000 euros. Comment voulez-vous justifier de tels montants auprès du personnel de bpost ? Nous recevons des dizaines de messages de travailleurs et travailleuses qui ont bossé deux fois plus l'année dernière, pour un salaire de misère. Ils réclament une augmentation depuis des semaines, mais on leur répond que bpost n’a pas les moyens. Et maintenant, ils apprennent que l'ex-CEO va s'en aller avec un demi-million. Ils sont furieux, à juste titre. »

Ces dernières semaines, plusieurs grèves ont eu lieu chez bpost. À chaque fois, le personnel s'est mobilisé pendant plusieurs jours pour obtenir de meilleures conditions de travail et des embauches supplémentaires. « Quand on voit alors qu’un PDG reçoit un demi-million d'euros en un claquement de doigts, parce qu'il n'a pas fait son travail... C'est une gifle pour les travailleurs et travailleuses de bpost », estime Maria Vindevoghel.

Pour le PTB, la ministre De Sutter et le CEO par intérim doivent clarifier la situation. Ainsi, Maria Vindevoghel veut savoir si la ministre De Sutter a donné son accord pour le paiement de cette indemnité de départ, et s’il est encore possible de faire marche arrière sur le versement de celle-ci. La ministre doit tout mettre en œuvre pour revenir sur cette décision. « Nous demandons qu'un nouveau CEO soit nommé rapidement pour bpost, avec l'approbation des syndicats, conclut Maria Vindevoghel. Ce qui est certain, c'est qu'on n’a pas besoin d’un nouveau Van Avermaet. »

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