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Le PTB réagit vivement aux propos des ministres de l'Éducation et de la Santé appelant les parents à faire eux-mêmes passer des autotests hebdomadaires à leurs enfants. « Quelle est la prochaine étape ? s'interroge Germain Mugemangango, député wallon et porte-parole francophone du PTB. Ils vont demander que les élèves apportent eux-mêmes un compteur de CO2 ? Une nouvelle fois, les ministres se déchargent de leurs responsabilités et font payer la facture aux familles. » Le PTB demande donc au CODECO qui se réunit aujourd'hui de mettre en place des tests préventifs dans les écoles elles-mêmes, comme cela existe déjà aujourd'hui ailleurs en Europe (Suisse, Autriche, Allemagne…).

Les ministres de l'Éducation et de la Santé demandent aux parents d'effectuer des tests préventifs hebdomadaires sur leurs enfants dès la réouverture des écoles. Pour Germain Mugemangango, « c’est le monde à l'envers » : « Le dépistage préventif des élèves est indispensable pour maîtriser la pandémie. Mais rejeter cette responsabilité sur les parents est tout simplement inacceptable et inefficace. C'est au gouvernement d'organiser un dépistage préventif, afin que chaque enfant soit testé et que les parents ne soient pas obligés d'en supporter les coûts. Dans les supermarchés, c’est 3 à 4 euros par test, et en pharmacie, c’est même 7 à 8 euros. Donc, une famille avec trois enfants devra investir entre 35 et 90 euros par mois dans cette opération. Dans quel monde vivent les ministres qui pensent que toutes les familles peuvent se permettre des autotests hebdomadaires pour leurs enfants ? »

« Depuis le début de la pandémie, le gouvernement déclare vouloir garder les écoles ouvertes», déclare le porte-parole francophone du PTB. Mais où sont les mesures pour rendre cela possible ? Il n'y a toujours pas de plan pour la ventilation adéquate de chaque classe. Les tests préventifs dans les écoles ont été écartés parce qu'ils étaient ‘‘trop coûteux’’, malgré des projets pilotes réussis. La Suisse, l’Autriche et l’Allemagne montrent qu’une autre manière de faire est possible : grâce à de simples tests salivaires, les enfants peuvent être testés chaque semaine. Qu'est-ce qu'on attend ? »

Le PTB soumet à nouveau la question du dépistage préventif dans l'enseignement au CODECO : « Tests salivaires gratuits dans l'enseignement primaire et autotests dans l'enseignement secondaire : mettons-nous au travail maintenant, afin que l'enseignement puisse rouvrir en toute sécurité. »

Le parti de gauche préconise également de proposer des autotests gratuits à l'ensemble de la population, maintenant que l'autotest joue un rôle de plus en plus important dans la stratégie de dépistage. « C’est déjà le cas dans des pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni, la Grèce, la Suisse et Chypre et c’est une mesure qui est préconisée par les experts du GEMS », souligne Germain Mugemangango.

Il prend l’exemple de la Grande-Bretagne, où il suffit de s’inscrire sur un site Internet pour disposer gratuitement d’autotests à aller chercher en pharmacie ou auprès d’un autre point de distribution : « Dans le rapport du commissaire Corona, on peut lire que cette proposition n’est pas soutenue par le gouvernement car il ne veut pas se confronter au lobby de la grande distribution qui fait des bénéfices sur les autotests. C’est un argument inacceptable. La santé de tous doit passer avant le profit de quelques-uns. De plus, ce secteur a déjà fait énormément de profits depuis le début de la pandémie. En 2020, Colruyt a engrangé un bénéfice de 511 millions d'euros et a distribué 183 millions d’euros à ses actionnaires. »

Lisez les propositions du PTB pour le dépistage préventif dans les écoles ici.