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Le PTB a interrogé les ministres du gouvernement sur la composition de leurs cabinets et les liens de leurs membres avec le monde des affaires. « Des réponses que nous avons reçues se dégagent des liens multiples avec les grandes organisations patronales, des banques et sociétés d’assurance, les multinationales de la consultance, le lobby du diamant ou les grandes entreprises du secteur de l’énergie », déclare Marco Van Hees, député PTB.

« Cela pose clairement question et problème quand on sait que le gouvernement doit prendre des décisions stratégiques dans ces différents domaines et que les cabinets sont les réels centres de pouvoir dans notre pays. » 

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Dix-huit des vingts ministres et secrétaires d’État ont répondu aux questions des députés PTB concernant la composition de leur cabinet et de potentiels conflits d’intérêts. Deux ministres ou secrétaire d’État – Georges Gilkinet et Sammy Mahdi – n’ont pas répondu. Il en ressort qu’au moins 29 membres ou ex-membres de cabinets du gouvernement Vivaldi proviennent du monde des affaires.

On découvre notamment que le chef de cabinet du Premier ministre Alexander De Croo, Geert Van Cronenburg, est l’ancien économiste en chef de la FEB. Qu’une des directrices de cabinet du vice-premier ministre OpenVLD Vincent Van Quickenborne, Karla Basselier, a travaillé auparavant comme lobbyiste d’Antwerp World Diamond. Qu’au moins huit collaborateurs du cabinet de la ministre Groen de l’énergie Tinne Van der Straeten ont travaillé dans des entreprises privées du secteur énergétique (Engie, Eneco, EDF Luminus, des fonds d’investissements...). Ou encore que le cabinet du secrétaire d’État socialiste à la relance Thomas Dermine est composé d’au moins quatre collaborateurs qui ont travaillé pour de grands groupes privés de consultances et d’audit (McKinsey, PWC, Boston Consulting group...). Le vice-premier socialiste Pierre-Yves Dermagne mentionne également qu’un collaborateur provenant des assurances assure le suivi de cette matière au sein de son cabinet. 

« Il s’agit clairement de liaisons dangereuses, quand on sait que le gouvernement doit prendre des décisions importantes qui affectent directement ces acteurs, explique Marco Van Hees. Pas étonnant que le gouvernement Vivaldi semble s’obstiner à maintenir le blocage salarial quand on sait, par exemple, que la FEB possède un relai de confiance dans la personne du chef de cabinet du Premier ministre. Ou qu’il n’y ait pas de réforme sur la transaction pénale quand on sait que le secteur diamantaire en possède un à la tête du cabinet du ministre de la Justice. Les relais des grandes entreprises du secteur jusqu’au sein du cabinet de la ministre de l’Énergie posent aussi sérieusement question. »

« Ce système de relais et de portes tournantes entre le monde économique et politique est un mécanisme connu, poursuit le député de gauche. Et il est malheureusement systématique. Sous le gouvernement précédent, on avait aussi vu des passages, dans un sens et dans l’autre, de collaborateurs des cabinets à l’industrie pharmaceutique, l’industrie de l’armement ou le secteur de l’énergie. C’est un des mécanismes par lequel les grands intérêts privés assurent leur influence dans les gouvernements et c’est pour cela qu’il doit être dénoncé. »