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Alors que le laboratoire de référence de l’hôpital universitaire de Louvain est obligé de limiter le nombre de tests de coronavirus et de donner la priorité aux cas les plus urgents en raison d’une pénurie, certains laboratoires offrent la possibilité de réaliser des tests de manière plus large. Contre paiement. « Les prix qu’ils demandent explosent, jusqu’à 75 euros le test, dénonce Sofie Merckx, députée fédérale du PTB et médecin généraliste à Médecine pour le peuple. Entièrement aux frais du patient. » Sofie Merckx a eu elle-même en ligne plusieurs laboratoires. Ce jeudi 12 mars, au Parlement, elle va interpeller la ministre de la Santé, Maggie De Block, à ce sujet.

La décision d’introduire un système de triage et de traiter en priorité les échantillons les plus urgents a été prise en raison d’une pénurie aiguë de réactifs, le produit chimique nécessaire pour effectuer les tests de coronavirus. « Il y a eu un effondrement des stocks mondiaux. Comment ces laboratoires les obtiennent-ils ? », se demande Sofie Merckx.

Pour le parti de gauche, la responsabilité incombe au gouvernement, car il n’a pas immédiatement mobilisé les ressources nécessaires qui étaient disponibles dans notre pays. « Certains laboratoires en profitent maintenant pour demander des prix exorbitants pour les tests de coronavirus, condamne Sofie Merckx. Nous en arrivons ainsi à la situation où ce sont les patients qui peuvent mettre de l’argent sur la table qui sont testés, et non ceux qui en ont le plus besoin. Pour nous, le gouvernement doit saisir les réactifs disponibles et les déployer en fonction des besoins. Les tests doivent également être totalement gratuits pour les patients. »

Plusieurs médecins des maisons médicales de Médecine pour le peuple, dont Sofie Merckx, ont été contactés par des laboratoires qui ont proposé de tester également les patients qui ne répondaient pas aux critères établis. « Cependant, les tests qui ne correspondent pas aux cas définis ne sont actuellement pas remboursés par l’Inami et sont entièrement à la charge des patients, explique Sofie Merckx. Notre enquête montre que les laboratoires demandent pour cela jusqu’à 75 euros, ce qui représente plus du double du prix de revient. Beaucoup de gens sont aujourd’hui très inquiets d’être infectés et certains semblent profiter de cette inquiétude pour faire du profit. Nous ne pouvons l’accepter. »

Le PTB exige que tous les réactifs disponibles dans notre pays soient saisis puis utilisés en fonction des besoins prioritaires. Les laboratoires doivent appliquer les mêmes prix et les tests doivent être gratuits pour les patients, via un remboursement par l’Inami. Dans ce contexte, le parti de gauche réitère sa demande de nommer immédiatement un Commissaire fédéral au coronavirus. « Un tel commissaire doit être au-dessus de la pagaille institutionnelle, en mettant la santé des citoyens au premier plan, et pas les intérêts économiques à court terme et la soif de profit de certains », conclut Sofie Merckx.

Ci-dessous : exemple de lettre reçue d’un laboratoire.